‹ Aperçu sur l'état typhode et les fièvres dites typhoïdesChapitre 8 sur 11 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic de la fièvre typhoïde est regardé, par les auteurs qui s’en sont occupés , comme grave et très-incertain.

Toutefois il est quelques données sur lesquelles le praticien peut établir son diagnostic.

D’abord 1 âge où le nombre de mortalité est le plus considérable est celui de 20 à 5o , parce que c’est aussi l’époque où l’homme en est le plus souvent atteint. Il est très-rare quelle se manifeste au-dessus de 5o. Le sexe ne présente aucune différence sous le rapport de la

gravité ; lorsque l’état ataxique prédomine , ou peut présumer que l’issue sera funeste.

Elle est très-grave chez les personnes qui sont atteintes de nostalgie.

La constitution du sujet peut être prise en considération ; chez un individu faible , qui aura moins d’énergie vitale , qui aura été débilité par des maladies antécédentes et des excès , qui aura éprouvé des affections morales tristes, la maladie sera plus souvent mortelle que chez celui qui offrira les circonstances opposées. Quelques symptômes peuvent être convertis en signes pronostiques. C’est ainsi que le délire , au début, est d’un très-fâcheux augure : la fuliginosité des dents, les évacuations involontaires, la paralysie du pharynx et de l’oesophage, la rétention des urines, les soubresauts des tendons , le coma profond, les hémorrhagies intestinales, sont autant de signes fâcheux; on peut en dire autant du faciès hippocratica , de la faiblesse extrême du pouls; enfin, la perforation de l’intestin, l’érysipèle de la face, les escarres étendues, la diarrhée colliquative et l’épistaxis goutte à goutte, sont très-facheuses ; tandis que nous avons souvent vu une épistaxis abondante, une diarrhée modérée, un ptyalisme abondant à la fin, les abcès, des furoncles, et surtout les parotides , être très-favorables à la solution de la maladie.

11 peut encore interroger l’influence des saisons et la constitution médicale: c’est ainsi qu’en automne, les maladies sont plus souvent mortelles. Quand il règne une épidémie de dyssenterie , ou si elle est épidémique, contagieuse ou infectieuse, elle prend un caractère de gravité plus prononcé. Tout le monde sait quelle sévit avec plus de force dans les hôpitaux, les prisons, les camps, les vaisseaux et les grandes villes , près des lieux d’où s’échappent des émanations putrides ; aussi Hildenbrand conseille-t-il , pour arrêter les progrès d’une épidémie typhoïde, de ne pas entasser les malades, mais de les mettre dans un lieu grand , bien aéré et n’en renfermant qu’un petit nombre.

Page 1