‹ Aperçu sur l'hérédité morbide directe et indirecte ou de terrainChapitre 3 sur 23 · HÉRÉDITÉ EN GÉNÉRAL. — HISTORIQUE. — THÉORIES · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ EN GÉNÉRAL. — HISTORIQUE. — THÉORIES

« Quel monstre est-ce que cette goutte de semence, dequoy nous sommes produicts, porte en soy les impressions, non de la forme corporelle seulement, maïs des pensements et des inclinations de nos pères? cette goutte d’eau où logelle ce nombre infiny de formes? et comme portent-elles ces ressemblances, d'un progrez sitemeraire et si desreglé, que l’arrière-fils respondra à son bisayeul, le nepveu à l'oncle? En la famille de Lepidus, à Rome, il y en a eu trois, non de suitte, mais par intervalles, qui nasquirent un mesme œil couvert de cartilage : à Thèbes ily avait une race qui portoit dez le ventre de la mere la forme d’un fer de lance ; et qui ne le portoit, estoit tenu illegitime : Aristote dict qu'en certaine nation où les femmes estoient communes, on is les enfants à leurs pères, par la ressemblance. »

L'étonnement que Montaigne exprime ainsi au sujet de

cette « estrangeté » qu'est la « ressemblance des enfants

aux pères » a sans doute fait réfléchir l’homme dès que son esprit s’est ouvert aux curiosités de la nature. Si nous ouvrons la Bible, nous constaterons que le phénomène de l’hérédité a été connu des Hébreux, maïs sans

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