HÉRÉDITÉ DIRECTE
Rôle du placenta comme filtre.
L'hérédité en général offre un grand intérêt pour le … naturaliste, l'historien, le moraliste ; la connaissance exacte des lois qui la régissent éclairera bien des questions, entre autres celles du libre arbitre dont l’importance n'échappe à personne. Cependant le médecin trouvera surtout son profit à la connaissance de l’hérédité morbide. Si les qualités physiques etmorales sont transmissibles des générateurs au produit, il en est de même, et comment en serait-il autrement, des maladies et de la prédisposition aux maladies. C’est dire que l’hérédité morbide peut être directe ou indirecte.
Nous pouvons parler plus clairement ;
La plupart des maladies infectieuses sont dues à un microbe connu ou encore à trouver ; le microbe peut être transmis de la mère à l'enfant et reproduire chez ce dernier la maladie de la mère ; ou bien le microbe ne passe pas mais oui Les poisons ou produits solubles qu'il sécrète et ces toxines altèrent l’organisme fœtal, y produisent un désordre physiologique dont profiteront tôt ou tard les
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germes infectieux : c’est l'hérédité indirecte ou de terrain. | ;
L’hérédité indirecte est de beaucoup la plus fréquente. À première vue, on croirait le contraire plus naturel ; car il vient à l'idée que les microbes doivent passer de la
mère au fœtus. Heureusement la nature prévoyante leur
a opposé une barrière, un véritable filtre, le placenta.
Le placenta, normalement, ne laisse pas passer les microbes. Nous verrons plus loin que MM. Straus et Chamberland ont signalé les premiers des exceptions à cette règle.
Ce filtre peut être percé et il l’est dans certaines conditions établies par MM. Charrin et Duclert. Ce sont les toxines ou poisons sécrétés par les microbes qui produi-
sent les fissures permettant le passage des éléments figu-
rés.
En effet, les expériences des auteurs que nous venons de citer, le démontrent : MM. Charrin et Duclert ont injecté de la tuberculine, de la malléine, des cultures de bacille pyocyanique à des, cobayes femelles, un animal témoin recoit le bacille pyocyanique seul ; ie lendemain, tous ces animaux sont sacrifiés ; des ensemencements sont faits sur agar, avec les fœtus de ces différents animaux. Seuls les fœtus de l’animal simplement inoculé, n’ont pas donné la culture caractéristique. |
Les poisons minéraux agissent comme les poisons microbiens. Les mêmes expérimentateurs ont injecté de l’alcool, du chlorure mercurique, de l’acétate de plomb, à des cobayes femelles, puis leur ont inoculé le baciile du pus bleu ; un animal témoin a reçu le bacille seul.
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Le lendemain, ces animaux ont été sacrifiés. Les ensemencements sont faits sur agar avec les tissus des embryons, seuls les fœtus du témoin n'ont pas donné les cultures caractéristiques. FAT
Au point de vue clinique, on peut conclure de ces expériences, que siles microbes passent de la mère au fœtus, sila maladie est transmise de la mère à l'enfant, c'est. que l’imperméabilité du filtre est détruite par les toxines. L'hérédité directe, d’après ce que nous venons de voir, ne peut pas s'expliquer autrement.
Bien des maladies peuvent être transmises directement dela mère à l'enfant. Une, entre toutes les autres, est le type de la transmission directe, c'est la syphilis. Inutile de s'étendre ici sur ce sujet et de rappeler les diverses conditions dans lesquelles l'enfant devient syphilitique, qu’il reçoive cet héritage du père seul, de la mère seule, ou des deux générateurs à la fois. Nous dirons cependant, que d’après les expériences de MM. Charrin et Duclert, il faut penser que les toxines du germe inconnu de la syphilis lèsent le placenta et y pratiquent une ouverture dont profite le microbe.
La maladie qui, en premier lieu, a servi à démontrer que le placente peut être mis en défaut par les microbes, est le charbon. La même expérience prouve la possibilité de l’hérédite directe. On a cru longtemps que le charbon ne passait pas de la mère au fœtus, les expériences de Brawel et de Davaine avaient apporté cette conviction et la loi Brawel-Davaine était universellement admise. MM. Arloing, Cornevin et Thomas signalèrent, les premiers, le passage de la bactéridie charbonneuse, mais,
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c'est à MM. Straus et Chamberlandque revient l'honneur d’avoir complètement tranché la question.
Ils ont inoculé une vingtaine de femelles de cobayes à différentes périodes de la gestation, soit avec la culture de charbon virulent, soit avec la culture atténuée, très virulente encore pour le cobaye. Ces animaux succombèrent au charbon type au bout detrente à soixante heures.
Les fœtus extraits rapidement, furent immédiatement plongés dans de l'eau bouillante pendant un temps plus que suffisant pour détruire les quelques bactéridies pro-
venant du sang maternelou placentaire qui auraient pu
souiller la peau. Les vases recevant les fœtus, les instruments, étaientrigoureusement flambés, de sorte qu'aucun soupçon de contamination par le sang de la mère ne pouvait subsister. |
On puisa du sang sur chaque fœtus dans le foie et dans le cœur, la surface de ces organes par surcroit de précaution était toujours brûlée au point où l’effilure du verre allait puiser le sang.
Le sang fœtal ainsi recueilli fut examiné au microscope, semé dans du bouillon de veau stérilisé, inoculé a un certain nombre de cobayes. L’examen microscopique du sang fœtal ne douna pas les résultats désirés, il en fut tout autrement des cultures qui donnèrent des résultats variés.
Dans certains cas (exceptionnels), le sang puisé dans tout les fœtus d’une portée, demeure stérile. Dans d’autres cas, sur une portée de 3, 4... fœtus, le sang d’un seul ou
de deux ou de trois fut semé avec succès, le sang des
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autres demeurant stériles. Enfin, quelquefois, tous les petits de la portée avaient du sang dontla culture fut féconde. Des cas se présentérent où après avoir semé dans plusieurs flacons du sang pris sur un fœtus, quelquesuns de ces flacons demeurèrent stériles, les autres, au contraire, étant féconds.
Les inoculations du sang fœtal donnèrent les résultats suivants : quand le sang fœtal inoculé était celui dont la cultureétait demeurée stérile, l'inoculation non plus ne donnait aucun résultats. Lorsqu’au contraire l’inoculation était faite avec du sang ayant donné lieu à des cultures, la mortpar le charbon était obtenue dans un certain nombre de cas ; dans quelques-uns aussi, les animaux n Enr oRÉe rien.
Les résultats précédents furent obtenus sans différence appréciable, quels que fussent l’âge du fœtus etle moment après la mort où lautopsie était faite; plusieurs fois celle-ci était pratiquée immédiatement après la mort, pour éviter l’objection d’un passage possible, posé mortem, de la bactéridie. |
Des expériences analogues furent faites plus tard par MM. Straus et Chamberland avec le microbe du choléra des poules, le vibrion septique, le bacille d'Eberth les microbes de la suppuration ; elles conduisirent aux mêmes résultats.
Le microbedu charbon ne passerait à travers le placenta
d’après Malvoz, qu’à la faveur de lésions de cettemembrane filtrante ; en effet, cetauteur auraïtconstaté dans ces pla-.
centas, de petits points hémorrhagiques très nombreux, assez serrés les uns contre les autres.
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