‹ Aperçu sur l'hérédité morbide directe et indirecte ou de terrainChapitre 6 sur 23 · SENS · texte numérisé non relu

SENS

La variole peut se communiquer de la mère au fœtus. Plusieurs éventualités peuvent se présenter. Dans certains cas, l'enfant est atteint de variole dans le sein dela mère ; les cicatrices qu’il porte à la naissance en sont la preuve ; ou bien la maladie ne se déclare que quelques

jours après la naissance, la période d’incubation durant

à peu près comme chez l’adulte. La variole de la mère agit quelquefois dans un sens favorable, elle produit la

vaccination du fœtus. Enfin, quand la grossesse est gé-

mellaire, un seul des deux fœtus peut être atteint. La rougeole s'observe quelquefois chez les nouveaunés de mères atteintes de cette maladie ; Gautier de Ge nêve rapporte six Cas d'enfants ayant eu la rougeole au moment de la naissance ou quelques jours après. La scarlatine, l'érysipèle, la morve, etc., constitueraient autant daffections susceptibles de passer de la mère à l’enfant.

ll existe quelques cas de pneumonie congénitale. Un exemple remarquable, est dû à M. Netter. Il s'agit d’une femme enceinte de 8 mois, qui entre à l'hôpital Beaujon, atteinte d’une pneumonie franche du sommet droit. L'accouchement se fit cinq jours après, sans com plications. L'enfant paraissait bien portant les deux premiers jours, puis il devint jaune, serefroidit, présenta de la dyspnée sans que l’auscultation révélât de signe anormal, etla mort eut lieu moins de cinq jours après la

naissance.

L’autopsie fit connaître l'existence d’une hépatisation rouge du lobe supérieur du poumon droit. Des exsudats fibrino-purulents furent découverts dans les cavités pleu-

SOA =

rales, le péricarde, l’espace sous-arachnoïdien dans les deux caisses du tympan. L'examen bactériologique révèle la présence du pneumocoque dans tous ces produits pathologiques ; il fut aussi découvert dansle ventricule gauche. Le microbe nefut pas trouvé dansle placenta; mais, comme le pense M. Netter, il a pu s’y rencontrer à une époque antérieure au détachement du délivre.

Du reste le même auteur fut plus heureux, sous ce rap-

port, dans un autre cas, chez une femme ayant succombé

à une endocardite ulcéreuse primitive à pneumocoques et ayant fait une fausse couche deux mois et demi auparavant. Le muqueuse utérinerenfermait des pneumocoques au point correspondant de l'insertion de l’œuf. Des cultures pures du microbe furent DHIPAUES avec le sang des mêmes vaisseaux utérins. nd

Nous devons à Thorner un cas analogue au premier de M. Netter. Il s’agit d’une femme ayant accouché après la défervescence de la pneumonie. L’enfaut ne vit que 57 heures ; l’autopsie démontre l’existence d’une hépatisation du lobe inférieur gauche. Il semble que le pneumocoque ait été reconuu.

L'observation de Marchand se rapporte à une femme accouchant à terme deux jours après le début de la pneumonie. L’enfant meurt. À l’autopsie, on constate une hépatisation rouge, uniforme, du lobe inférieur droit, avec épanchement séro-fibrineux assezabondant dans la cavité pleurale.

Enfin citons le cas de Strackau.

La tuberculose est héréditaire, tout le Horde l'admet. Mais les parents lèguent-ils à l'enfant le germe de la ma-

Ke »—

ne

roue

Jadie, le bacille de Koch, ou s'agit-il seulement d’une

hérédité de terrain.

Les deux opinions sont soutenues,

- Il semble que l’hérédité de la graine, pour parler le

langage de M. Landouzy, soit exceptionnelle. Les faits cliniques qui plaident en faveur de cette théorie sont ceux de Berti (1882), Merkel (1884) de Jacobi de New-Yorke t: de Sabouraud.

L’expérimentation entre les mains de MM. Landouzy et H. Martin a cherché à justifier ces observations.

Des fragments d'organes (poumons, foie, etc) de fœtus provenant de mères tuberculeuses ontété inoculés à des cobayes qui seraient devenus tuberculeux.

M. Grancher reprit ces expériences avec M. Straus et arriva à des résultats opposés. Nocard, Leyden, Sanchez Toledo obtinrent les mêmes résultats négatifs.

Si nous passons au rhumatisme articulaire aigu, nous voyons que Pollok rapporte un cas assez concluant: il s’agit d’une femme enceinte, souffrant d’un rhumatisnre articulaire aigu ; elle accouche: l'enfant, au bout de 12 heures,présente tous les symptômes de la maladie de la mère ; on lui administre du salycilate de soude et la médication

est suivie de guérison.

M. Schaffer et M. Charrin racontent des faitsanalogues. Nous terminerons enfin par le paludisme; il peut être

congénital. Des faits rapportés par Chiarleoni et Leroux

tendent à le prouver.

En somme, l’expérience et la clinique nous conduisent à conclure que l’hérédité directe existe; la règle pour la syphilis elle est l'exception pour les autres maladies.

Le placenta offre presque toujours une barrière infranchissable aux microbes spécifiques connus ou inconnus du charbon, de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, de l’érysipèle, durhumatisme articulaire aigu, de la pneu-

monie, de la tuberculose. L'hématozoaire de Laveran

passe lui aussi dans certains cas de la mère à l'enfant. La syphilis reste le type de l'infection intra-utérine du fœtus, mais nous répéterons encore que l’expérimentation semble démontrer que si le placenta cesse de remplir dans ce cas, son rôle de filtre parfait, c'est que des toxines encore inconnues produisent des ouvertures livrant passage au microbe encore cherché de la vérole.

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