‹ Aperçu sur l'hérédité morbide directe et indirecte ou de terrainChapitre 7 sur 23 · HÉRÉDITÉ INDIRECTE OU DE TERRAIN · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ INDIRECTE OU DE TERRAIN

= L'hérédité morbide directe, nous venons de le voir, est exceptionnelle ; à part la syphilis, les cas de maladies infectieuses congénitales se comptent ; le microbe n'arrive que rarement à vaincre la barrière que lui oppose le placenta, à perforer le filtre placé entre la mère et l'enfant.

Mais les microbes sécrétent des toxines qui passent à travers la membrane filtrante et se répandent dans l'or ganisme fœætal. De plus, ces toxines retentissent sur la nutrition de la mère, la désassimilation est augmentée, les déchets organiques s'ajoutent aux sécrétions micro- biennes pour apporterun trouble profond dans Péconomie physiologique du fœtus.

Dans certains cas, la fécondation n’a pas encore eu lieu, l’un des ascendants avant la procréation a été atteint d'une maladie infectieuse quelconque, celle-ci a guéri, le microbe a disparu, ses toxines ont été éliminées ; mais toutes les cellules ont été déviées de leur type nutritif normal. leur activitéa subi une modification profonde qui persistera après la disparition de la cause morbide. Quel sera le produit dece générateur ?

L’embryon, nous lesavons, est, à l’origine, une cellule, celle-ci dérise, pour une moitié, de chacun des ascen-

dants ; la cellule-embryou, si nous pouvons ainsi parler, aura une tendance à vivre, à assimiler et désassimiler comme chacune des deux cellules dont elle provient ; si l’une d’elles a un vice de nutrition, à plus forte raison si les deux sont dans le même cas, la nutrition de l'enfant reproduira celle de l’un ou des deux ascendants.

Ainsi, que la mère soit atteinte de maladie infectieuse pendant la grossesse ou bien que l’un oules deux ascendants aient été malades avant la fécondation, l'enfant n’apportera pas en naissant la maladie de ses parents, mais il viendra au monde avec une prédisposition à la contracter, il aura hérité, non pas de la graine, mais du terrain. Les microbes y trouveront un milieu de culture tout préparé, si du moins certaines conditions, comme l'hygiène, ne viennent le modifier. Les enfants de tuberculeux auront plus de chances que les autres à devenir bacillaires, les rejetons de paludiques opposeront certainement moins de résistance à l’hématozoaire ; ; l'érysipèle, le rhumatisme articulaire aigu des parents créeront chez l'enfant un appel pour le streptocoque et pour le microbe dela polyarthrite rhumatismale aiguë.

Telle est l’hérédité de terrain.

Nous allons voir que lexpérimentation et la clinique démontrent l'importance de ce mode de transmission morbide.

Les expériences entreprises surcette question sont dues à MM. Charrin et Gley.

Voici ce qu'ils ont fait: du virus pyocyanique a été inoculé à des lapines ; si elles deviennent enceintes, la mise bas à lieu avant terme dansla majorité des cas. Les petits

sont le plus souvent morts-nés, ou ne survivent que quelques heures ou quelques jours. Quelquefois, ilssurvivent et ne présentent pas, tout d’abord, d’anomalie.

Mais on remarque bientôt, que la croissance est {rès lente; déjà la peau est couverte d’un poil abondant et épais, alors que la taille est restée très petite. Il y a là un véritable avortement dans le développement général. Ainsi, deux des lapins survivants d’une portée de.cinq petits, ne pesaient que 650 et 660 grammes deux mois et demi après la naissance. Un autre animal, seul survivant de six produits d’une autre lapine, ne pesait cinq mois et demi après la naissance, que 920 grammes. La même lapine eut une autre portée de six petits ; quelques jours après la naissance, quatre d’entre eux moururent ; un des survivants ne pesait, quatre semaines après la naissance, que 209 grammes, tandis qu’un lapin de cinq semaines élevé

dans le même clapier mais d’une mère saine, pesait 670

grammes.

Deux lapinsdont le pèreavaitreçu duvirus pyocyanique naquirent avec des difformités.

MM. Charrin et Gley décrivent ces rejetons monstres : Les oreilles sont rudimentaires, mesurant au plus, trois centimètres de hauteur,les extrémités en sont irrégulières, échancrées. La queue a une longueur, chez l’un, de deux centimètres et chez l’autre de 1 centimètre. Le membre postérieur droit de l’un de ces animaux et le gauche de l'autre, sontraccourcis ; le raccourcissement est de quatre centimètres ; le pied, l’avant-pied font complètement défaut ; à la jambe, fait suite une sorte de moignon dont le squelette paraît rudimentaire et recouvert de parties mol-

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