‹ Aperçu sur les hiéroglyphes d'Égypte et les progrès faits jusqu'à présent dans leur déchiffrementChapitre 4 sur 8 · AVERTISSEMENT. IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. IX

par le chevalier Goulianoff, découverte que nous ne connoissons , en effet, que par la lettre adressée par M. Klaproth à ce savant. Le ton ironique qui règne dans cet écrit nous fait croire que l'auteur a plutôt voulu plaisanter son correspondant, que montrer une franche adhésion à ce système burlesque, qui ne repose que sur les explications hiéroglyphiques données par Horus Apollon, tandis que jusqu'à présent on n'a rien découvert sur les monumensqui en constate la réalité, ou qui ressemble à une acrologie. Que penser d'ailleurs d'un système d'écriture d'après lequel on pourrait désigner un dieu par un diable , et exprimer l'idée de nature par un nain, un nez, ou une nèfle?

Versailles, ce 10 juillet 1827.

POSTSCRIPT UM.

Dans le moment où nous mettons cet avertissement sous presse, nous trouvons clans le journal littéraire intitulé le Globe (tom. V, n° 41 , du T juillet), une première Lettre sur l'interprétation des écritures égyptiennes et sur ses résultats pour l'histoire. Cette lettre est signée H. Rossellini. On y reconnoît aisément l'intention de rehausser le mérite de M. Çhampollion, en diminuant celui du Docteur Young. L'auteur dit en parlant de ce dernier : « que quoi- » qu'il eût essayé d'analyser syllabiquement les « deux noms propres Ptolémée et Bérénice, il ne » démêla pas le principe alphabétique qui est , en » quelque sorte, l'âme des trois espèces d'écritures » égyptiennes. » — M. Rossellini oublie que sans cette même découverte du docteur Y ounç*-, M. Champollion n'en seroit vraisemblablement jamais venu à penser, qu'un certain nombre d'hiéroglyphes pouvoient être employés phonétiquement.

Il existe un ouvrage in-folio, de M. Champollion, peu connu et intitulé : De l'Écriture hiératique des anciens Egyptiens, » [Explication des planches); imprimé à Grenoble en 1821; ainsi seulement un

POST-SCRIPTUM. Xr

an avant la publication de sa Lettre a M. Dacier. L'auteur a l'ait tout son possible pour soustraire cet ouvrage in-folio aux yeux du public, en retirant du commerce et des mains de ses amis le peu d'exemplaires qu'il avoit d'abord répandus. La raison qu'on a mise en avant étoit : « la crainte de blesser les » scrupules de quelques personnes pieuses ; » mais il ne se trouve dans ce livre absolument rien qui ait trait à la haute antiquité de l'Empire des Pharaons, et il est permis de penser que le véritable motif qui a déterminé M. Champollion de supprimer ce livre, a été, de ne pas donner une mesure trop précise des progrès qu'il avoit faits, en \ 821 , un an avant sa fameuse lettre à M. Dacier. Cette mesure existe dans la phrase suivante :

« QUE LES SIGNES HIÉROGLYPHES SONT DES SIGNES DE CHOSES ET NON DES SIGNES DE SONS. »

phrase qu'il oppose aux membres de la Commission d'Egypte et à d'autres savans, qui avoient reconnu que l'écriture des manuscrits hiératiques étoit alphabétique; c'est-à-dire, qu'elle se composoit de signes destinés à rappeller les sons de la langue parlée.

« Une longue étude, ajoute M. Champollion, et surtout une comparaison attentive des textes hiéroglyphiques, avec ceux de la seconde espèce (les hiéra-

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