ENSEMBLE DU RÉGIME PUBLIC
Après avoir indiqué comment le Positivisme élève et prépare les hommes, il nous reste à faire voir comment il les dirige depuis Tâge mûr jusqu'à la mort. Nous allons donc essayer d'esquisser à grands traits le tableau des sociétés futures.
Le dogme de la religion de l'humanité s'est rapporté à la vie spéculative, le culte à la vie affective ; le régime se rapporte à la vie active. La religion intervient dans les diverses fonctions sociales pour prescrire les règles propres à conserver et à développer l'harmonie, générale, et jamais pour procéder à leur exécution appartenant au gouvernement. De là surgissent les deux pouvoirs destinés à diriger les sociétés futures, le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, Tun politique pour commander, l'autre moral pour conseiller, l'un fondé
sur la force matérielle, l'autre sur la force intellectuelle. Le premier repose sur l'ascendant de la richesse, le second sur la persuasion ; aussi ce dernier ne doit jamais devenir directeur, et prendre la prépondérance pratique. L'art social, dont le but direct est de résoudre le grand problème humain, la prépondérance de la sociabilité sur la personnalité, prend son principe fondamental dans leur irrévocable séparation. L'ordre universel se décomposant en ordre extérieur et ordre humain, on doit distinguer aussi deux sortes de progrès, l'un extérieur, l'autre humain, le premier se bornant à notre situation qu'il améliore, le second concernant notre propre nature. Le progrès extérieur est donc le progrès matériel, et le progrès humain le progrès moral. L'action temporelle améliore le matériel, et l'action spirituelle le moral. Telle est la source de la division des deux pouvoirs.
On voit par la nature des fonctions que le pouvoir spirituel est inférieur en puissance, mais supérieur en dignité. Le pouvoir temporel classe réellement les individus suivant la richesse et la grandeur, et le pouvoir spirituel les classe suivant leur mérite mental : il rappelle l'esprit d'ensem-
ble et le sentiment du devoir, et modifie par la persuasion l'ordre naturel de toute société, si des besoins nouveaux l'exigent. Il nous prépare à la vie réelle par l'éducation générale dont nous avons ébauché le système, et qui, commençant par la science, s'achève par la morale, de sorte que la sociabilité étant le but proposé, la spéculation et l'affection sont ses seuls instruments. Ausfll doit-il repousser comme contraires à sa mission les vains instincts d'élévation temporaire, de richesse et de grandeur, en même temps qu'il doit rester extérieur à l'action.
Le gouvernement temporel nait de la nécessité de ramener aux vues et aux sentiments d'ensemble des agents que les inégalités suscitées par Fesser humain tendent à séparer, afin qu'en accomplissant sa fonction spéciale, chacun assiste T accomplissement des offices quelconques. On peut en offrir un exemple dans le mariage, que les deux époux seraient quelquefois portés à rompre, s'ils ne sentaient au-dessus de leur volonté une force intelligente et temporelle qui protège leur association au nom de l'humanité. De là, le grand axiome politique : Il ri* existe point de société sans gouvernement.
Mais le pouvoir politique est impuissant à saisir l'ensemble général de tous les systènaes partiels, parce que les membres qui le composent dirigent chacun un genre particulier de travail, d'après la hiérarchie industrielle que nous allons exposer plus loin. De même les officiers d'une armée, quoique hiérarchiquement coordonnée, ne peuvent juger du plan de la bataille, apprécié seulement par le général en chef. Une autorité théorique, s'interdisant toute fonction spéciale et participant à chacune d'elles, en tant que connaissant les lois de l'ordre extérieur, peut seule faire prévaloir l'harmonie générale. De là le second axiome politique : Aucune société ne peut se conserver et se développer, sans un sacerdoce quelconque.
Le pouvoir spirituel est assisté par le pouvoir modérateur, non un troisième pouvoir, mais une force morale qui s'ajoute aux siennes propres. Les ' femmes, que leur nature affective rend les principaux représentants du principe subjectif, constituent un de ses éléments. Nous avons vu que le sacerdoce les associe à son office essentiel, en leur confiant toute l'éducation privée et la présidence de l'éducation publique. Comme épouses et comme mères, elles exeliceront dans la famille le pouvoir
spirituel, et tempéreront par la douceur et la persuasion l'égoïsme surgissant de l'ascendant matériel. Comme femmes, elles assistent dans les salons l'influence sacerdotale en élaborant l'opinion publique, et appréciant les actes et les personnes, d'après les principes fournis par les prêtres.
Les prolétaires constituent le second élément du pouvoir modérateur. Privés de toute puissance temporelle, ils s'associent à la puissance théorique. L'éducation générale ayant développé leurs facultés mentales, ils pourront caractériser leurs vœux et former ainsi la principale base de l'opinion publia que. Ils assisteront le pouvoir spirituel dans ses efforts pour subordonner à la morale la politique, et le commandement à l'équité. C'était la tendance du moyen âge.
Ainsi deux pouvoirs fondamentaux dirigeront les sociétés futures, le pouvoir temporel, résidant uitre les mains des chefs industriels, les nouveaux latriciens, et le pouvoir spirituel, confié au sacerdoce, assisté de la force modératrice formée par l'association volontaire des prolétaires, des femmes, des prêtres.
La société sera donc décon]l)osée en trois
grandes classes, le patriciat, le sacerdoce , le prolériat. La bourgeoisie actuelle ne tardera pas à disparaître y soit en atteignant le sommet, spit en se fondant dans les rangs inférieurs. C'est l'ancienne division, sauf que le prolétariat y remplace le tiers état. L'ancien régime, en effet, se composa, jusqu'à l'explosion révolutionnaire, de la noblesse, du clergé, du tiers état.
Les patriciens chaînés du pouvoir exécutif seront chargés de diriger l'essor politique et d'approvisionner les deux autres classes. La fortune publique se concentrera dans leurs mains, pour qu'elle y devienne plus productive. Le patriciat, ainsi préservé par la richesse de la cupidité, et de l'égoïsme par la généralité de ses actes, sera responsable de l'équitable répartition financière et de la prospérité publique.
D'après la loi de la philosophie première, suivant laquelle l'activitéest d'abord conquérante, puis défensive, enfin industrielle, la société est vouée désormais à l'état industriel; aussi le patriciat ne peut être composé que de chefs industriels, mais cette nouvelle aristocratie doit être assez concentrée pour que chacun de ses membres administre tout
ce qu'il peut réellement diriger, afin de diminuer les
frais de gestion et mieux assurer sa responsabilité. Le travail sur commande disparaîtra de plus en plus ; le gouvernement seul ordonnera les travaux nécessaires. Aussi les fonctions patriciennes s'étendront sur tout le champ de Findustrie, dont la hiérarchie du patriciat constituera la première base. Cette hiérarchie s'élève des agriculteurs aux fabricants^ puis aux commerçants et aux banquiers. Les premiers tirent de la terre les produits ; les seconds les élaborent, les transforment, les utilisent, et les commerçants les transportent. Enfin, les banquiers, occupant le sommet, se rattachent à Tagriculture, à la fabrication, au commerce par la circulation des valeurs monétaires, et par Fessor du crédit. L'a banque forme donc, par sa prépondérance générale, le suprême patriciat, concentrant le pouvoir politique. Les patriciens sont ainsi les organes nutritifs du Grand Être, ou sa providence matérielle, puisqu'ils recueillent, préparent, distribuent les produits assimilables, sous la direction des banquiers.
La seconde base de l'industrie moderne, c'est la séparation radicale des patriciens et des prolétaires, en d'autres termes, des entrepreneurs et des travailleurs. Le prolétariat se compose de tous
les ouvriers, soit urbains, soit ruraux. Il sera l'agent direct de la providence matérielle, du patri* ciat. Les ouvriers doivent désormais se regarder comme des fonctionnaires publics^ des praticiens non moins utiles que les chefs théoriciens. Ceux qui sont habituellement employés aux travaux de l'État sont enclins à prendre ce titre, destiné à se généraliser lorsque toutes les commandes émaneront du pouvoir (1).
Le salaire ne sera plus destiné à payer la valeur du fonctionnaire, mais les matériaux qu'il consomme. Il doit être composé de Jeux parties inégales : l'une indépendante du travail effectif, toujours fixe, et destinée à donner à Touvrier une garantie inviolable contre le chômage et la misère ; l'autre subordonnée au travail journalier et à l'habileté spéciale, de façon à faire persister l'émulation. . .
Le prolétaire doit posséder tous ses outils, tous ses meubles, tous les vêtements d'un usage
(i) On voit d'après ce tableau des sociétés futures que nul ne pourra yivre dans Toisiveté. Après la mort, dans les cas d'indignité^ de paresse, de lâcheté, la flétrissure se manifestera en transportant la funeste dépouille mortelle au désert des réprouvés, parmi les suppliciés, les suicidés et les dueUisles.
exclusif et continu. Il doit cesser d'être campé dans les cités pour devenir propriétaire de son logement. Les patriciens sentent déjà que ces diverses possessions sont la première garantie de l'ordre civil.
Tous les ouvriers y soit urbains ^ soit ruraux, sont des travailleurs sans supériorités respectives, n'ayant qu'une hiérarchie pure et simple fondée sur celle des chefs auxquels ils obéissent. Tous travaillent indistinctement dans l'intérêt commun. Us cesseront de placer leur ambition dans le déclassement, dans l'ascension vers les classes supérieures. Cependant, lorsque l'éducation sera devenue encyclopédique et universelle, les prolétaires qui annonceront une aptitude spéciale concourront pour le sacerdoce, ou entreront dans le patriciat si quelque chef les trouve aptes à lui succéder.
Le Positivisme consacre la propriété individuelle en la faisant envisager comme un dépôt confié par l'humanité, afin de la faire fructifier au meilleur profit de tous. Il en rend la possession plus complète en laissant au propriétaire le libre choix de son héritier, soit dans ses enfants, soit hors de sa maison. De même la transmission d'une fonction
s'accomplit en laissant à celui qui l'occupe le choix de son successeur.
On voit déjà l'influence qu'acquerra le sacerdoce dans une telle société. Sans jamais s'arroger les attributions du pouvoir temporel, il en sera le conseil» et maintiendra dans de justes limites le contrôle continu que le pouvoir modérateur exerce sur les actes des chefs exécutifs. Il aura pour mission pratique de régler les relations civiques entre les entrepreneurs et les travailleurs, de veiller à la juste répartition des salaires, de constater la moralité de l'héritier choisi d'une fonction quelconque. Il s'efforcera enfin de faire réaliser la double maxime sur laquelle repose le régime public : Dévouement des forts aux faibles; — Vénération des faibles pour les forts. Nous n'interromprons pas cette exposition par le développement de la constitution intérieure du clergé. Le détail de ses attributions, les épreuves scientifiques et morales des néophytes, le nombre des prêtres ont été suffisamment décrits dans la politique positive d'Auguste Comte. Nous avons dit qu'il obtiendrait l'influence nécessaire à sa mission en distribuant à tous, sans distinction de sexe et de fortune, Pé-
ducation encyclopédique. Providence intellec-
tuelle, il saura faire converger vers elle tous les efforts de pensée, d'action et de sentiment. S'il doit apprécier la juste proportion du salaire avec les besoins généraux, c'est pour rendre possible l'axiome positif, base de la vie domestique : L'homme doit nourrir la femme.
Le sacerdoce devant s'attacher à modérer les luttes inévitables, sa règle consistera à flétrir tout procédé militaire des supérieurs ou des inférieurs. De leur côté, les prolétaires devront renoncer à l'abus de la force. Le patricien qui serait indigne de ses fonctions encourrait le blâme public, auquel la sanction féminine donnerait, en se répandant des salons au dehors, une véritable efficacité. L'excommunication sociale sera la plus forte des répressions morales. Si le patriciat fermait l'oreille aux justes réclamations transmises par le sacerdoce, il resterait aux prolétaires la ressource suprême de lui refuser leur concours. C'est dans ces circonstances que le pouvoir modérateur peut remplir un immense office , car si les chefs devenaient tyranniques, une commune voix s'élèverait contre eux dans les salons , dans les réunions populaires , dans les temples de l'humanité. Mais grâce à l'équilibre
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stable que l'éducatioD établira dans la société, grâce au dévouement qu'elle inspirera au supérieur pour les inférieurs, grâce à la vénération inverse, grâce à la solidarité commune qu'elle s'efforcera d'enraciner, une situation si extrême ne 'sera pas plus â craindre que ne l'est aujourd'hui une insurrection d'ouvriers contre leur patron. Le pouvoir modérateur incorporera les femmes et les prolétaires à la vie publique. Les salons et les assemblées populaires leur permettront de développer leur influence préservatrice et leurs moyens d'actîon. Les femmes régneront sans partage dans les salons positivistes, où souvent le cœur suffira pour résoudre spontanément les embarras politiques et les questions financières. Les prolétaires y apporteront le bon sens , si adhérent à la vie pratique. L'urbanité des manières, l'adoucissement des mœurs rayonneront de ces centres respectés de la société entière, et les rapports entre les patriciens et les ouvriers en seront sans cesse améliorés. Chaque chef industriel sera jaloux de réunir ainsi les ouvriers d'élite et leurs femmes courageuses. Ils se mêleront à sa propre famille, dans ces amicales réunions, d'où la communauté d'éducation fera disparaître toute disparate.
Les salons permettront aux femmes de mêler intimement la vie publique à la vie privée sans interrompre leur existence intérieure. Elles pourrait ainsi rester étrangères à toute opération politique et y participer moralement. Le moyen âge a vu commencer dans tout l'Occident ces heureuses réunions volontaires y toujours placées sous la présidence des femmes. Alors les mœurs policées par la religion leur permettaient pour la première fois une juste liberté, compatible avec la nature de leurs facultés. Pendant la longue transition moderne, ces réunions se développèrent de plus en plus, de façon à devenir les laboratoires périodiques de Topinion.
L'hôtel de Rambouillet, dit Fontenelle, était le souverain tribunal des affaires d'esprit en ce tempslà. Le salon de madame de Motteville fut le rendez-vous éclairé de la cour sous la régence d'Anne d'Autriche, et la supériorité du rang y cédait à celle de la grâce et du génie. La France n'a pas oublié les exquises inspirations de madame de Sévigné. Dans les salons de la Fronde les lettres se mêlaient aux intrigues d'État, les vers et les rumeurs aux discours. Autant académies que conciliabules, l'amour et la poésie, les femmes et les
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politiques venaient y puiser des inspirations. En Angleterre lady Montague a tenu le sceptre de l'opinion. Dès son retour de Constàntinople cette femme célèbre par son instruction, son esprit et sa beauté, organisa un salon bientôt fréquenté par les personnages les plus célèbres de son temps. On sait que cette noble dame avait observé en Orient Tinoculation de la petite vérole, et qu'elle la popularisa après en avoir fait Texpérience sur son propre .fils.
Miss Ëdgeworth, illustre par ses ouvrages sur Téducation, dont le genre est surtout Tapanage du sexe féminin, vit se réunir dans sa maison les étrangers de haute illustration, les grands philosophes, les > principaux moralistes, de façon à faire croire à la seconde naissance d'un dix-septième siècle.
Le salon le plus célèbre est après une longue et douloureuse période, celui de madame Roland, club élégant, ouvert à la Gironde,, dont cette femme extraordinaire était Tàme et le conseil. Là se conservaient sous la Terreur les derniers restes de l'esprit français.
Mais les salons brillèrent d'un vif éclat sous la restauration. Cette époque parut un réveil de l'es-
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prit humain. L'on eût dit que l'on recommençait à penser, à écrire et à chanter en France. Le retour des Bourbons et d'une aristocratie toujours amie des lettres, des sciences et des arts contribuait puissamment à ce mouYement de l'intelligence. Les conversations interrompues par la révolution, par l'émigration, par la guerre, se renouaient après vingt ans de silence, et la société française rallumait ses foyers dans les salons de Paris. Dans un grand nombre de ces salons, ouverts à la littérature, à la politique, à l'éloquence, trois sont dignes d'être remarqués. D'abord celui de madame de Staël, où se réunissaient quelques rares républicains, les nouveaux royalistes, les philosophes et les poètes. C'était le foyer de toutes les opinions et de tous les talents, réchauffant l'Europe entière, et conciliés par la grâce et le génie d'une femme.
La duchesse de Duras présidait à une réunion de royalistes, de courtisans, d'écrivains moralistes. On y vit les femmes les plus belles et les plus spirituelles du temps. Mais un nom rendait ce salon célèbre, celui de Chateaubriand.
L'ancienne politique, l'ancienne religion se donnaient rendez-vous dans l'hôtel delà princesse de la TrémouUle. On y voyait de Bonaldet Joseph
de Maistre, et ces deux noms suffiront à rendre ce salon immortel.
Aujourd'hui, l'échange des sentiments et des pensées étant interdit, par suite de notre anarchie morale, les salons sont fermés ou dénaturés. Mais un usage social, qui toujours seconda le mouvement philosophique, doit reparaître dans toute sa . force. Le salon positiviste, toujours présidé par la femme, complétera le système de réunions propre aux trois éléments du pouvoir modérateur.
Dans les réunions populaires , les prolétaires exposeront leurs besoins nouveaux, en soumettant au sacerdoce leurs dernières observations pour qu'il les transmette au pouvoir. Mais cette initiative sera purement spirituelle, et l'autorité suprême conservera la liberté complète de la décision. Les patriciens viendront se retremper à ces sources vives du peuple, et y méditer les améliorations nécessaires. Ils y apprendront à aimer ces énergiques agents de la force matérielle, qui . constituent la providence générale de l'humanité, et qui savent, comme les natures véritablement fortes, se soumettre avec vénération à celui qui commande sagement.
Les trois éléments du pouvoir modérateur,
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quoique incomplets et dispersés, ont déjà une influence appréciable sur la société moderne. C'est le concours de l'intelligence, représentée par les philosophes, du sentiment inspiré par les femmes, de l'activité mise en jeu par les prolétaires. C'est une force morale résultant d'une force intellec- ^ tuelle, d'une force affective, d'une force active. Dans l'antiquité, le pouvoir modérateur resta toujours réduit à l'influence domestique des femmes : au moyen âge, il fut assisté par l'autorité spirituelle. Enfin dans l'évolution moderne, il fut complété par l'intervention des prolétaires, et apparut dès lors dans sa pureté, dans sa sagesse, et dans son énergie.
Terminons cet aperçu rapide, où l'on ne pouvait indiquer qu'à grands traits l'organisation future, en ajoutant que l'existence matérielle du sacerdoce ne sera garantie que par les émoluments fournis sagement par le patriciat. Le sacerdoce, renonçant à la richesse, ne doit retirer aucun fruit pécuniaire de ses leçons et de ses livres ; le noble exemple en a été donné déjà par le fondateur du Positivisme, qui fut le seul prêtre de l'humanité et qui n'a pas eu de successeur.