‹ Aperçus généraux sur la doctrine positivisteChapitre 7 sur 40 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Alors se aenlant sans aucune force, il eut peut-être ua pressentiment de sa fin prochaine. Il parla de ses dernières dispositions ; il expliqua avec le calme d'un po- Bitiviste mourant comment il voulait que son corps fût placé dans la bière.

11 s'endormit et se réveilla bientôt pour demander M. Longchanipt, l'un de ses disciples dévoués, qui, depuis sa maladie, venait le voir tous les jours vers trois heures. 11 vint en effet, mais pour lui fermer les yeux. Déjà les traits de l'auguste malade se détendaient; affaissés comme ceux des mourants qui s'éteignent paisiblement. Il souleva péniblement la paupière, et jeta sur les personnes qui l'entouraient et sur les inurs sacrés de son appartement, ainsi que sur son bureau de travail, un regard où se peignait une douleur inexprimable. C'était l'adieu suprême à ses souvenirs, à ses travaux inachevés.

Vers cinqheures du soir sa respirations' embarrassa; vers six heures le râle devint caractéristique, et se termina par un long soupir. C'était le dernier l Sa mort avait été douce, sans souffrance et sans agonie, le cinq septembre 1857.

D'après son testament il resta trois jours environ dans la chambre mortuaire, veillé tour à tour par ses disciples, accourus de diverses contrées. Le mardi suivant vers trois heures, il fut transporté, selon ses vœux, au cimetière de l'Est, au centre d'une petite vallée, près de la tombe (i'Klisa Meroœur, non loin du caveau où repose Clotilde de Vaux.

Il est mort sans laisser de successeur: mais il a dH dansh Politique Positive {Uymei\ , p. 542): «N'ayant « pu jusqu'ici troUTCr de successeur, ni même decot « lé^e, je déclare que si je disparaissais avant d'y para Tenir, le positiTisme se développerait mieux d'après « les libres eifoi-tsde mes dignes discipk-s que sous un « chef insufËsant. » Sod testament coniinne complètement cette abeeoce du ctunx d'un successeur. Le mode empirique reprend donc ses droits, c'est-à-dire que le futur successeur d'Auguste Comte devra conquérir l'autorité morale sur ses contemporains, par son eoseignement, son exemple et ses travaux.

Si nous avons appuyé sur la fin prématurée de notre ancien maître en mathématique, auquel nous fûmes uni partant de liens, c'est que sa mortestpour tous une catastrophe, et pour nous un malheur privé. De plus, ce livre fut animé par son dernier souffle ; enfin nous pensons qu'on ne saurait trop parler au public de cette grande vie, mêlée à tout ce qu'il y a de grand dans notre histoire, et dont la postérité ne perdra pas le souvenir. N'est-il pas en effet généralement reconnu que la philosophie positive, ou la transformation de la science en philosophie, manquait à l'humanité? Libre à tous de repousser la religion et la politique d'Auguste Comte ; mais quant àson ouvrage fondamental, il est, comme on l'a dit sur sa tombe, le chef-d'ceuvre de l'esprit humain. Nous avons entrepris d'écrire l'histoire d'Ai^ate Comte, et nous espérons que cette biographie, où seront passés en revue les principaux évé-

\n PRÉFACE.

nements du dix-neuvièine siècle, paraîtra dans le courant de l'année prochaine (1).

Je termine cette préface, en recommandant au lecteur de lire l'ouvrage sans aucune longue interruption : Fenchainement des chapitres est tel, qu'on ne saurait en omettre la moindre partie, depuis l'introduction inclusivement. Les notes elles-mêmes, outre leur intérêt propre, n'ajoutent pas moins à la clarté du discours qu'à Tentendement des aperçus généraux.

(0 Le titre de cet ouvrage sera : AUGUSTE COMTE, ou La vie d*un rénovateur au dix-neuvième siècle.

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LA DOCTRIIVE POSITIVISTE

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