‹ Aperçus sociologiquesChapitre 4 sur 8 · Autres tentatives · texte numérisé non relu

Autres tentatives

Mais le problème qui l’avait évoquée ne disparut pas pour cela. Il subsistait dans tous les esprits qui avaient subi l’influence des sciences naturelles. On ne pouvait,

ACTIONS OU PHÉNOMÈNES

ni s’en débarrasser, ni l'ignorer de parti pris et tôt ou tard il devait réapparaître sur l’arène scientifique.

Une fois de plus, la réapparition ne fut pas heureuse. Un mystique suisse, Rohmer, crut avoir trouvé des analogies entre l’Éiat et le corps huniain. Son compatriote, le célèbre publiciste allemand Bluntschli, vantait très fort dans ses Études sur VÉijlise et l'État, des théories appelées depuis organiijnes. Il fit même école, et, pendant plus de trente années, nombre de professeurs et de publicistes allemands s’amusèrent à définir la nature « organique » de l’État et ses fonctions également « organiques ».

Enfin, un savant économiste de même nationalité, Schaeffle, ne tarda pas édifier, en prenant pour base cette théorie, tout un système de science politique ou plutôt sociologique, où il étudie l’anatomie, la physiologie et la psychologie du corps social et nous montre les fonctions vitales de cet être étrange dont les individus sont les cellules. Nous admirons volontiers dans M. Schaeffle l’imagination géniale et la finesse de l’esprit, toutes deux, du reste, mises au service d’une idée plus poétique que scientifique. Mais, en somme, qu’a-t-il démontré? Que la société est un être organique et comme telle, soumise à des lois naturelles? Non ! Quoique cette dernière proposition soit vraie, la première ne saurait se soutenir.

Si nous voulons prouver que la vie de la société est régie par des lois naturelles, il ne suffit point de la comparer à un être organique, cette comparaison fût-elle appuyée sur les apparences les plus spécieuses et les aperçus les plus spirituels, car le bon sens nous dit que la société n’est pas un être organique. La méthode à employer

GUMPLOWICZ

est tout autre, et voici comment on arrive à la démonstration des lois naturelles qui régissent le développement des sociétés.

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