‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 19 sur 44 · QUINQUINA. - DIGITALE · texte numérisé non relu

QUINQUINA. - DIGITALE

Quelques praticiens ayant remarqué de la rémittence et de l’intermittence même dans l’hydrocéphale aiguë idiopathique , ont pensé que les préparations de quinquina pouvaient être administrées ; celles que <fon employé le plus ordinairement sont l’extrait sec de quina du comte Lagaraie et le sulfate de quinine , étendus dans un véhicule mucilagineux. Nous donnons la préférence au dernier ; il produit une espèce d astriction sur la membrane muqueuse de l'estomac, il ralentit la circulation et diminue d’une manière notable les battemens du pouls: plus tard , il irrite l’appareil digestif et agit comme dérivatif. Si l’on craignait qu’il n irritât trop l estomac , on pourrait d administrer en lavement, et c’est la seule manière de pouvoir le prescrire chez les enfans : nous l avons conseillé quelquefois avec succès, mais nous pensons qu’il agit ici plutôt comme astringent que comme fébrifuge , et , par son usage prolongé , il devient

irritant de la moqueuse avec laquelle il est mis en contact , et opère , ainsi que nous venons de le dire , la dérivation (i).

Chez un sujet âgé de 8 ans, chez lequel l’hydrocéphale avait succédé a un engorgement chronique des glandes sous-maxillaires et qui présentait un caractère rémittent , nous le prescrivîmes mêlé au calomelas, en friction sur les gencives et l'intérieur des joues, d'après la méthode ingénieuse de M. le docteur Pointe, notre collègue à l’Hotel-Dieu (2). Ce moyen continué pendantS jours , trois fois par jour une friction de 10 minutes, dans laquelle on employait

(1) M. le docteur Bouchet dit avoir plusieurs fois employé avec succès le sulfare de quinine dans Hydrocéphale aiguë , lorsqu’il y avait une sorte de rémittence , et que l’estomac n’était pas dans un état de surexcitation.

( Compte-rendu de la Société de méd. de Lyon , par M. le docteur Montain jeune , 1824? page 14* )

M. M artin le jeune a employé avec succès le quinquina dans plusieurs cas d’hydrocéphale aiguë , mais chaque fois il n’y avait aucun signe d’irritation du côté de l’estomac; il a aussi, dans cette circonstance, conseillé le vin d’Espagne.

(2) Mémoire sur V emploi du Sulfate de quinine en frictions sur les gencives , dans quelques espèces de fièvres intermittentes y par M. Pointe, D. M. , médecin de l’Hôtel - Dieu de Lyon. Ce travail a mérité à son auteur d’honorables distinctions.

chaque fois 2 grains de quinine et un grain et demi de Galomelas , détermina une abondante salivation ; les glandes s’engorgèrent de nouveau , et les accidens se calmèrent assez promptement.

On a proposé la digitale à une période avancée de la maladie, persuadé que c’est moins en excitant les voies urinaires qu en ralentissant Faction artérielle, en agissant sur le système nerveux du cœur, qu elle produit un effet salutaire; nous l’avons conseillée plutôt au début de la maladie que vers la fin, et nous croyons en avoir obtenu quelque succès (1). C’est la teinture saturée à la dose de quelques gouttes ( et le nombre doit être proportionné à l’âge de l’individu et à sa susceptibilité nerveuse) , étendue dans une potion mucilagineuse que nous l’administrons. Si nous

(1) Aucun remède ne nous a paru modérer avec plus d’efficacité la contraction du cœur que la digitale pourprée; elle a une action spéciale sur cet organe , c’est-àdire sur la portion nerveuse qui règle ses inouvemens; car c’est ainsi que nous l’entendons pour toutes les actions spéciales qui modifient les fonctions des tissus des organes ; nous ne saurions admettre une action sur la fibre musculaire du cœur , indépendante de l’action nerveuse. ( Compte-rendu des Obs. faites à V Hôtel-Lieu de Lyon , par M. Troll iet, doyen des médecins de cet hôpital , 182 5 , page 56.)

donnons ce médicament à une époque avancée delà maladie, nous le combinons avec le calomelas.

Plusieurs praticiens disent avoir retiré de grands avantages de l’emploi des préparations scillitiques ; de ce nombre sont MM. Bricheteau et Labonardière père. Ce dernier médecin , à qui la science est redevable de mémoires et d’observations du plus haut intérêt , a consigné dans le recueil périodique de la Société de médecine de Paris ( 1 8 1 4) plusieurs faits qui prouvent que la vertu diurétique de la scille est d'autant plus active que ce médicament est associé avec le proto-chlorure de mercure.

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