‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 20 sur 44 · DES BOISSONS · texte numérisé non relu

DES BOISSONS

Les boissons à administrer doivent toutes être prises dans la classe des délayans , des tempérans et des rafraîchissans ; telles que la limonade, l’orangeade, les émulsions, l’eau de poulet ; de veau; les infusions de feuilles d’oranger, de tilleul , de violettes, de mauve, sucrées ou adoucies avec les sirops mucilagineux ou acides, selon le goût du malade. Ces boissons sont surtout indiquées dans l’hydrocéphale aiguë sympathique, parce qu’ici la soif est pressante , tandis que dans l’hydrocéphale aiguë idiopathique elle est nulle, elle ne se manifeste qu’au moment où

le mal s’irradie du côté de l’appareil digestif. On conseille aussi l’infusion de fleurs d arnica-montana et de valériane.

Ayant remarqué, et fait remarquer à MM. les chi rurgiens internes attachés à notre division de 1 Hôtel-Dieu , que lhydrocéphale aiguë, comme toutes les maladies de l’appareil cérébral, se termine très-souvent par un catarrhe pulmonaire qui se développe dans le cours de cette grave maladie , nous avons pensé tirer parti de cette observation, en cherchant à déterminer artificiellement l’irritation de la muqueuse du nez , du larynx et des bronches , par l’emploi des sternutatoires ; dans cette vue , nous avons prescrit les vapeurs ammoniacales mitigées avec l’infusion de tilleul ; celles de la décoction légère des plantes aromatiques, celles des teintures éthérées : d’abord on détermine le coriza ; le catarrhe nazal gagne de proche en proche le larynx, la trachée-artère, et successivement les bronches et les poumons.

Dès que l’on a produit cet effet, on fait succéder les fumigations excitantes aux fumigations émollientes ; presque toujours les symptômes s’amendent, et l’on remplace une affection grave par une maladie qui se juge en peu de jours , et se termine par une expectoration hâtive : son traitement est celui du catarrhe pulmonaire simple.

Dans la vue sans doute de produire le meme effet j le docteur Robert Thomas , dans sa Médecine pratique traduite de 1 anglais par le professeur Hipp. Cloquet , conseille de faire reniffler au malade la poudre <ï Asarabacca , d’ellébore blanc onde quelque autre sternutatoire. On peut employer ces moyen ; mais nous pensons que 1 on doit donner la préférence à ceux que nous avons indiqués, attendu qu’on peut les mettre en usage sans le concours de la volonté du malade.

On a conseillé l’électricité ; mon frère dit avoir employé avec succès l’élixir vitriolique de Mynsicht (i). Enfin M. Coindet a prescrit le phosphore a petite dose étendu dans un véhicule mucilagineux.

La convalescence est souvent longue , les forces se rétablissent lentement. On observe quelquefois des paralysies partielles qui cèdent avec le temps , à l’aide de quelques moyens sagement conseillés.

il faut chercher à soutenir les forces de l’enfant; lui donner des gelées animales, des potages, lui faire respirer un air pur et prendre un exercice convenable.

(i) Voyez Journal de Médecine française et étrangère , et le Compte-rendu de la Société de Médecine de Lyon ( i B x 6) , par M. Pichard , secrét. générai.

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