‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 21 sur 44 · PREMIÈRE OBSERVATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE OBSERVATION

3VI. Lachap. avait déjà perdu un enfant de l’hydrocéphale aiguë; la crainte de perdre ceux qui lui restaient était bien naturelle : il me pria de voir sa famille , et de me mettre en garde contre cette terrible maladie. Peu de jours après cette invitation , Eugénie , P aînée de ses enfans tombe malade ; le père tout alarmé arrive au milieu de la nuit, et me prie instamment de me rendre chez lui. Je trouve un enfant de 3 ans, vomissant sans cesse et se plaignant d’un mal de tête qui lui arrachait des cris aigus ; la face était colorée, les yeux étincelans , la peau sèche et brûlante; le pouls serré, dur et précipité. L’enfant, constipé habituellement, avait le ventre tendu; toutefois la dentition n avait rien présenté de particulier. Je fis appliquer de suite

quatre sangsues derrière chaque oreille , on couvrit les jambes et les cuisses de coton et de taffetas cire, un lavement d'eau de mauve avec a onces d huile douce de ricin fut administre à. l'instant ; on donna quelques tasses d’infusion de feuilles d’oranger. J obtins des selles abondantes, la sueur generale s'établit; le pouls devint plus calme et plus régulier; les vomissemens cessèrent : il y eut quelques heures de sommeil. Le lendemain je trouvai quelque altération dans le visage; le sommeil tenait du coma, je crus remarquer quelques mouveSIns convulsifs dans les lèvres et les muscles de la face; alors je lis appliquer de nouveau deux sangsues derrière chaque oreille, un vésicatoire à chaque jambe, des cataplasmes de riz saupoudrés de moutarde à la plante des pieds, et des compresses trempées dans 1 oxicrat à la glace sur la tête; le coton fut continué. Cette nouvelle médication arrêta tout progrès de la maladie; les boissons douces, quelques crèmes d avoine, quelques lavemens de décoction de mauve avec un peu de miel composèrent la fin du traitement, jusqu’à la guérison qui fut complète le io.e jour.

Quelques années après, ce même enfant prit une nouvelle crise hydrocéphalique , qui fut combattue comme la première et avec le même succès ; un second enfant a aussi présenté quelques pré-

dispositions a la même maladie : les vésicatoires aux jambes ont semblé en empêcher le développement (i).

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