DE L’HYDROCÉPHALE AIGUE IDIOPATHIQUE
iN OUS distinguons l’hydrocéphale aiguë , eu egard aux causes qui la déterminent , en hydrocéphale aiguë idiopathique ou essentielle , et en hydrocéphale aiguë sympathique ou symptomatique; l’espèce qui fait le sujet de ce chapitre se compose de toute collection de sérosité exhalée en peu de jours par l'arachnoïde affectée idiopatliiquement. Elle embrasse , par conséquent, et 1 hydropi sic des ventricules, et cet épanchement séreux qui a son siège à la surface du cerveau. Cette seconde variété de la même maladie n était point inconnue des anciens ; Galien en avait fait une de ses quatre espèces. Quoique le père de la médecine ne nous ait rien lai ssé sous le nom d’hydrocéphale, il a pourtant décrit, dans le 2,e livre des maladies (Sert. i5,
édit . de Gardeiï \ d'après celle de Focs ) , une col-
lection aqueuse du cerveau qui ne peut être que l’hydrocéphale aiguë ; il lui donne pour caractère les douleurs vives aux tempes, au si n ci put 9 les frissons , la fièvre irrégulière , la douleur des yeux, la division des prunelles dans leur direc-
lion, en sorte qu’on voit les objets doubles ; des vertiges , l impression douloureuse du soleil ; des tintemens d'oreille , des vomissemens de salive ou pituite : il conseille les sternutatoires , les purgatifs , surtout l’ ellébore ; enfin il indique le trépan , ce qui prouve qu Hippocrate n'avait aucune idée de l’hydropisie des ventricules , et qu'il supposait que l’épanchement avait toujours lieu à la surface du cerveau et dans sa partie supérieure.
11 est donc à peu près démontré que l'hydrocéphale aiguë était inconnue aux anciens , et que tout ce qu’on a publié sur cette maladie appartient aux modernes , et surtout aux Anglais qui 5 les premiers , en ont publié des observations exactes. Toutefois on rencontre cà et là, dans quelques ouvrages où des fièvres malignes sont traitées, plusieurs faits qui ont trait à l’hydrocéphale aiguë. C’est ainsi que deux ans avant que Whytt et Fothergill fissent connaître leurs recherches sur l’hydrocéphale aiguë des ventricules, Mèzerai décrivait à peu près, dans son traité des maladies des armées, cette même maladie sous le nom de fièvre cérébrale. Pringle , Huxam , Cullen , dans les observations qu’ils ont publiées et qui ont rapport à cette maladie , ont considéré l’épanchement comme compliquant une autre maladie , mais non comme la consé-
quence d’une maladie essentielle. L’illustre auteur de la Nosographie philosophique , dans les premières éditions de son ouvrage, lavait distinguée comme une variété de la fièvre ataxique, et, à 1 exemple du docteur Chardel , l’avait décrite sous le nom de fièvre cérébrale. Ce n’est que dans l’édition de i8i3 qu’il a reconnu son caractère essentiel, et quil l a placée dans la classe des hydropisies.
L hydrocéphale aiguë essentielle affecte de préférence les enfans , à cette époque de la vie comprise entre les deux dentitions; ceux doués d une constitution nerveuse et sanguine, qui sont sujets aux convulsions , qui ont aisément le sang porté à la tète; ceux chez lesquels on remarque, comme nous l avons déjà dit, une intelligence précoce ; on l’observe aussi, mais plus rarement, chez les adultes, 11 semble , d après divers auteurs, qu’elle est plus commune dans certains pays et certaines villes, telles que Paris, Genève , Lyon ; que dans d’autres contrées, telles que la Hollande , la Suisse, où Camper et Tissot ne Font jamais remarquée (i).
(i) Mon père, Nicolas Levrat , qui exerce la médecine depuis cinquante ans dans le Bugey , ne Fa jamais rencontrée dans cette province , où, grâce à son zèle pour les découvertes utiles , la vaccine jouit de le plus grande faveur.