CAUSES
Les causes qui donnent naissance à l'hydrocéphale aiguë essentielle , sont les chutes sur la tête, les contusions quelconques de cette partie; F exposition long-temps continuée à l’action du soleil dans tous les temps, mais surtout les premiers jours du printemps, qui est aussi la saison où I on remarque le plus cette espèce d hydrocéphale; les répercussions des achores ou humeur laiteuse auxquels sont sujets les enfans;la suppression de quelque exutoire ou de quelque hémorragie nasale , etc. ; celle de la transpiration de la tête, suite de T usage intempestif et empirique des calottes de toile cirée , si prônées par ceux qui n ont aucune connaissance en médecine; les accès de colère, les violens mouvemens de l ame, la constitution qui facilite le règne des fièv res ataxiques , des fièvres scarlatines : alors i hydrocéphale prend le caractère épidémique , ainsi que l a remarqué Vieusseux de Genève.
La cause prochaine nous est peu connue : pour l’expliquer, nous ne rappellerons pas les diverses théories émises tour à tour par ffhytt , Fothergill , Darwin , Cullen , sur cette matière; tout porte à croire, surtout d’après les travaux du célèbre professeur Lallemant, qu une vive irri-
tation de Farachnoïde amène une exhalation extraordinaire de sérosités, de la même manière qu’une violente contusion du genou , ou l’excitation produite sur la membrane capsulaire par le principe rhumatismal, remplit en peu de temps la cavité articulaire du produit de ses exhalans.
Quant au rôle passif que Ton suppose joué par les vaisseaux absorbans , il est difficile d’avoir une opinion fondée, tant que des faits ne seront pas venus F éclairer. Nous savons , dune façon positive, que toute membrane séreuse vivement irritée ou phiagosée éprouve une augmentation d’exhalation ; mais il nous est impossible de dire si, dans cet état de choses , Faction des absorbans est seulement disproportionnée à celle des exhalans , ou complètement suspendue» Tout porte à croire qu’il y a toujours un défaut d’équilibre, plus ou moins prononcé, dans Faction combinée de ces deux ordres de vaisseaux, et que delà résulte l épanchement. M.le docteur Polinière, mon collègue à l’Hôtel-Dieu, pense que d’après la marche des symptômes et les résultats cadavériques, 1 hydrocéphale aiguë des ventricules est liée à une phlegmasie plus ou moins intense , plus ou moins étendue, soit du cerveau, soit surtout des méninges , et semble n en être qu’un produit ; mais que plus souvent encore
tout ce desordre morbide lui paraît dépendre d une irritation spéciale inconnue des vaisseaux blancs, et notamment des exhalans , sans que les signes ou les traces d'une phelgmasie delà pulpe cérébrale ou de ses membranes soit appréciable par les sens ( i ). Indépendamment de plusieurs observations consignées dans les auteurs qui traitent des maladies du cerveau, qui viennent à l’appui de cette opinion , nous tenons de MM. Ozanam, Sénac, Gubian, Pointe, David, plusieurs faits recueillis dans leur nombreuse pratique , qui déposent encore en sa faveur.