VINGT-NEUVIÈME OBSERVATION
André Dupont, âgé de huit ans, d’un tempérament nerveux, valétudinaire, se plaint de douleurs de tête depuis quelques jours; le 20 juin il demande à se coucher, éprouve un frisson suivi d une chaleur brûlante à la peau ; la douleur de tête e<U aiguë , la face colorée, le pouls accéléré et serré; 1 agitation est extrême toute la nuit ; on remarque un peu de moiteur vers le matin; la soif est huile, le ventre resserré, les urines rares et rouges.
Le 21 juin , l'enfant reprend son état de santé habituel; il joue, mange et n éprouve qu’un peu de malaise; dans la soirée, retour du frisson, de la chaleur brûlante, carus, pupilles resserrées et immobiles, visage coloré, décubitus sur le dos, tête renversée en arrière, mouvemens convulsifs du globe de l’œil, trismus, cris aigus, dents serrées. (Trois sangsues derrière chaque oreille, cataplasmes de riz saupoudrés de moutarde sur les pieds, lavement avec l;eau de mauve, et 2 onces dliuile de ricin, coton et taffetas ciré sur les extrémités abdominales, boissons tempérantes, potion idem?) Déjections alvines abondantes, sueur générale et chaude, nuit calme, sans carus.
Au malin 22 juin, retour de la raison, apy-
rexie complète. ( 4 grains de sulfate de quinine dans 6 onces de sirop, à prendre par cuiller à bouche, d’heure en heure, boissons et coton continues. L’accès du soir n’a pas lieu; il est remplacé par un peu de chaleur, la soif, dont le malade ne s’était pas encore plaint ; le ventre se ballonne un peu: fomentations émollientes, lavement d’eau de mauve, boissons et potion tempérantes.) Quatre heures de sommeil pendant la nuit ; peau haliteuse, urines moins rouges et plus abondantes; les symptômes hydrocéphaliques ont disparu.
Le 23 juin, l’enfant témoigne l’envie de manger; on permet les soupes farineuses, claires* ( On continue quelques cuillerées du mélange de. Sulfate de quinine et de sirop, et l’orangeade.)
Les 23, 24 et 20, l’état s’améliore de plus en plus; convalescence, guérison prompte.
TRENTIÈME OBSERVATION (i).
Félicité, âgée de 8 ans, d’un tempérament lymphatique, et d’une constitution très-délicate, entra à l’infirmerie pour un rhume assez fort, accompagné d une faiblesse générale dans les membres. Le 27 février, on vit chez elle se manifester les symptômes suivans : Quelques douleurs de tète passagères, douleurs abdominales vagues, mouvemens difficiles, décubitus sur le dos, yeux incertains, pouls vif et mi-plein; Félicité ne répondait pas aux questions qu’on lui adressait ; la langue était blanchâtre sur sa surface supérieure, rouge à sa pointe, et conservait sur ses bords sa couleur naturelle. ( Prescr . Limonade cuite, aromatisée avec l’eau de fleurs d’oranger, julep tempérant, infusion de violettes édulcorées, embrocation de baume tranquille sur le ventre.) Le 28 , disparition des douleurs abdominales, pouls plus serré, stupeur plus marquée dans la face , surtout dans les yeux ? déjections alvines dures. (Memes médicamens. ) 1 .er et 2 mars , le pouls était dans le même état ;
(1) Recueillie par M. Çliet , ancien chirurgien en chef delà Charité de Lyon,
la petite malade portait fréquemment la main à sa tète ; elle ne poussait aucun cri et ne se plaignait nullement. La langue, qui jusque-là n’avait rien présenté d’extraordinaire, devint excessivement rouge sur les bords, et sèche partout ailleurs. (Meme prescription, vésicatoires aux jambes.) 3 et 4 mars, mêmes symptômes, pupille élargie. (Médicamens internes continués, malgré la difficulté de la déglutition ; quatre sangsues derrière chaque oreille. ) Les vésicatoires de la veille avaient bien pris , mais sans produire aucun amendement sensible. Le 5, les sangsues avaient diminué la stupeur où était plongée Félicité; aussi sentait-elle davantage les douleurs cérébrales; des larmes s’échappaient de ses yeux; le pouls était aussi fréquent, mais moins comprimé. Les prescriptions précédentes furent remplacées par la tisane de guimauve, et 6 grains de calomélas , en deux doses , qui la purgèrent cinq à six fois. Les 6 et 7 , le mieux se soutint; les mouvemens des membres semblaient plus faciles ; l’œil paraissait s’occuper des objets qui entouraient le malade ; le pouls était moins fréquent. (Même prescription.) Depuis le 7 jusqu’au 1 2 , les symptômes disparurent graduellement; la malade recouvra la gaîte et la parole. Pu 1 2 au 1 8 , Félicité parlait, répondait aux questions qui lui étaient adressées, et prenait del’ap-
petit. Le pouls était naturel, à quelques pulsations près ; les vésicatoires étaient entretenus avec soin. Le 21 , éruption de boutons sur les bras, les jambes, la poitrine et le cou; ils devinrent le complément de la guérison de Félicité. Cette petite fdle a cependant conservé, pendant quelque temps, une assez grande faiblesse des extrémités inférieures, et a perdu la vivacité qui lui étaiL naturelle.