‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 6 sur 44 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Une céphalalgie violente, continuelle, qui s'exaspère par le moindre bruit et la lumière , qui occasionne des gémissemens à 1 enfant et le fait se plaindre sans cesse de la tête , annonce le début de l'hydrocéphale aiguë ; si l'enfant n'a pas encore 1 usage de la parole et qu'il ne puisse indiquer le lieu de ses douleurs, il porte les mains à la tête , se frotte les yeux , et s introduit les doigts dans la bouche, comme s il voulait en

(i) Voyez Etud . cliniq. sur les Emissions sanguines ? par le docteur Polimère , tome 2 , page 710.

extraire quelque chose qui le gène. Une fièvre légère, peu prononcée , accompagne ordinairement ce premier état. Sans caractère déterminé, elle est sujette à des intermissions et des redoublemens momentanés d’inquiétudes , d’agitations perpétuelles , des mouvemens convulsifs

des muscles de la face * quelquefois la douleur

de la tète alterne avec des douleurs dans différentes régions du corps; il y a des vomissemens et des maux de cœur qui se renouvellent à chaque instant; la peau est tantôt chaude, tantôt froide ; la figure s’anime et se décompose d’un moment à l’autre. On observe la même variation dans le pouls , qui est tantôt fréquent , tantôt régulier , tantôt naturel, tantôt plus lent que dans l’état de santé , surtout vers la fin de la maladie , époque à laquelle il est en outre plus lent d’un côté que de l’autre ( i ). Presque toujours la langue est nette et légèrement jaune , sans signe d irritation gastrique , malgré une sensibilité particulière à

(i) M. Martin le jeune , qui est à Lyon le médecin qui a vu le plus d’enfans atteints d’hydrocéphale aiguë , a remarqué que dans cette maladie le pouls était petit, serré , et présentait un caractère qui ne s’observe que dans l’hydrocéphale; c’est aussi ce célèbre praticien qui a remarqué une espèce de rapprochement et d’éloignement des lèvres avec bruit, dont les auteurs ont peu parlé.

l'épigastre, qui augmente dans les momens oii la douleur de tête semble se calmer.

L assoupissement léthargique survient ; il y a dilatation de la pupille , strabisme , oscillations et mouvemens convulsifs del oeil , qui se renverse fortement en haut. D’abord les yeux fuyent la lumière, et ne peuvent la supporter, tandis que plus tard, quoiqu’à moitié fermés, ils deviennent insensibles à son éclat. En un mot , les yeux prennent un caractère qu’on ne peut rendre, mais qui n’appartient qu’à Y hydrocéphale ; et leur fixité, dans les momens qui suivent les mouvemens convulsifs de la tête, semble te nir de 1 extase , ou annoncer un senti ment profond de calme ou de contentement intérieur. La face offre souvent une chaleur et une rongeur inégales. Ainsi une pommette est colorée, tandis que l autreest pâle; en général, il ya prostration des forces dans 1 intervalle des crises douloureuses qui font pousser des cris aigus à l’enfant; ces cris, qu’on ne peut entendre sans éprouver la plus vive émotion, semblent involontaires; car les enfans de sept ans , interrogés sur leurs causes , ne peuvent donner une réponse satisfaisante: ils crient , disent-ils, sans le vouloir, et souvent au milieu du sommeil ; constamment la maladie s exaspère tous les soirs, il y a constipation , et si la diarrhée survient, elle soulage le malade, quoi-

que les matières qu’elle fait rendre soient vertes. Si elle est de courte duree , il ne faut point s'en effrayer : les urines coulent goutte à goutte , sont brûlantes et troubles , comme dans toutes les hydropisies; le sédiment qu elles présentent est une matière blanchâtre , mucilagineuse , qui tantôt se précipite au fond du vase comme un mucus glaireux, et d’autrefois reste suspendu dans le liquide sous la forme de petits grains blanchâtres. Odier et Vieusseux de Genève ont observé que ce sédiment est parsemé de petits points brillans, comme autant de petits cristaux. Nous avons soumis à des expériences chimiques les urines de plusieurs enfans atteints d hydrocéphale aiguë , elles nous ont constamment offert cette particularité notée par ces deux praticiens. Lorsque la maladie arrive, comme le disent les auteurs, à sa troisième période, la scène change et devient plus effrayante ; aux symptômes déjà indiqués, il faut ajouter la perte complète du sens de fouie , les grincemens de dents, hémiplégie, l’état vuitueux de la face, des sueurs froides de la tête, les convulsions par intervalle , la saillie des yeux hors de leur orbite, la cécité , l’injection de la conjonctive , enfin 1 apoplexie qui termine ordinairement la vie du malade.

Ces phénomènes , qui marquent le trouble et

la profonde alteration des fonctions du cerveau et en general de tout le système nerveux de la vie organique, sont autant FefFet de la compression qu exerce sur la masse encéphalique 1 injection pathologique des vaisseaux capillaires de l'arachnoïde, que l’épanchement séreux qui succède à son inflammation; il suffit quelquefois de faction d’une seule de ces deux causes pour produire les symptômes ci-dessus mentionnés, puisqu’ à l’ouverture du corps des sujets morts d’hydrocéphale aiguë , on ne rencontre souvent qu une simple injection des vaisseaux des méninges, sans épanchement , tandis que d’autres fois on ne trouve que l’épanchement sans trace d inflammation. Lorsque la maladie n’a pas été arretée dans sa marche par un traitement rationnel, arrivée vers le i4*e jour, linfluence sympathique qui se réfléchit de l’appareil cérébrale sur l’appareil digestif, se manifeste par les nausées, et les vomissemens de matière porracée ; la rougeur et la sécheresse de la langue , la soif, la sensibilité à l’épigastre, la tympanite et les déjections alvines verdâtres.

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