‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 7 sur 44 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Si le médecin ne doit pas aborder le traitement d’une maladie sans en avoir établi le diagnostic 9 il ne lui est pas moins utile d’en prédire lissue et de prévoir les accidens qui peuvent survenir : c’est-là ce qui constitue le pronostic, science à laquelle Hippocrate attachait une haute importance , que les médecins modernes n ont point négligée , et d’où dépend si souvent la réputation du médecin. ( Compte-rendu des irav. de V Académie de Lyon , par M. le docteur de Laprade . 1820. Page a5.)

D’après l’opinion d’un très-grand nombre de médecins parmi lesquels on cite Fothergill , M aison , Whytt , ifillan , Percival , Odier ,

. Viens seux , et M. Bricheteau , qui a publié un ouvrage très-estimé sur Fhydropisie aiguë des ventricules , le pronostic de l’hydrocéphale est plus ou moins favorable. Les uns font considérée comme essentiellement mortelle, tandis que d’autres affirment l’avoir guérie plusieurs fois. M. Bricheteau dit, que sur dix-huit malades soumis à son observation, trois ont été guéris par ses soins ; M. Itard assure avoir obtenu le meme succès. Nous sommes encore plus heureux dans notre pratique ; car nous ne perdons

qu’un douzième de nos hydrocéphales aiguës: encore obtiendrions-nous plus de succès si nous étions appelés assez tôt pour arrêter le développement des accidens graves, contre lesquels , nous en convenons, tous les moyens viennent souvent échouer. Nul doute que l’impulsion donnée à l'étude des maladies ne soit propre à éclairer leur diagnostic, et diriger le traitement qui devient d’autant plus rationnel qu’il est basé sur les connaissances physiologiques spéciales. Concluons, toutefois , que si des médecins du premier mérite, tels que Nisbet , W Hier mer , le grand Boerrhaave , ont placé cette maladie audessus des ressources de la médecine, et que si l’illustre Camper a été jusqu’à proscrire tout remède, dans la crainte d’aggraver le mal, cela ne tient qu’à l’état d’enfance dans lequel était alors l’anatomie pathologique qui contribue si puissamment de nos jours aux progrès des sciences médicales. En effet, est-il rien de plus heureux pour l’humanité que ce concours universel de recherches , de méditations ; que cet échange de savoir, de découvertes, entre les médecins de tous les pays? Quelle émulation ! quel amour pour 1 étude î quel ardent désir d étendre le domaine d’une art qui ne s’agrandit que par l ohservation dégagée de toute hypothèse !

Honneur vous soit rendu, immortels Ha lier ,

Morgagni , Grimaud , Barthez , Bordeuv Dumas , Bichat! vos travaux, bases sur îa connaissance approfondie de Y homme, vivront dans tous les siècles; ils offriront au jeune médecin un champ fertile où il trouvera toujours quelque chose à glaner. Gloire aussi à vous , célèbre Broussais! non content de puiser dans les écrits de ceux qui vous ont précédé dans la carrière que vous parcourez avec tant d’éclat; vous ajoutez sans cesse de nouveaux matériaux à 1 édifice médical, et vos succès ont signalé la nom* velle doctrine qui servira incessamment de guide à tous les enfans d Hippocrate !...

Une* foule de circonstances peuvent faire varier à l'infini le pronostic de l'hydrocéphale aiguë: I âge du malade, la difficulté de le soumettre au traitement, l état avancé de îa maladie au moment où le médecin est appelé, les complications qui peuvent venir entraver sa marche vers une solution heureuse, sont autant dincidens qu il faut prévoir et faire entrer dans le prononcé du diagnostic. Ici, comme dans toutes les maladies graves , le médecin doit se rappeler le judicium difficile d’Hippocrate, être bien réservé dans les craintes et les espérances qu il transmet aux parensdu malade: en a vu des enfans chez lesquels tous les signes d’une mort prochaine caractérisaient I hydrocéphale , revenir

par des degrés insensibles vers le mieux et la guérison; tandis que d’autres, dans un état qui semble être l’indice d’un retour prochain à la santé, sont enlevés par une mort inopinée : Mor borum acutorum non omninb tutœ sunt prœdictiones , neque mortis , necjue sonitatis . Hipp . Haph . 19. sect. (1) [2?].

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