‹ Aper©us de philologie fran©aiseChapitre 10 sur 48 · PREMIERE LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

PREMIERE LANGUE FRANÇAISE

ANCIEN FRANÇAIS LANGUE d'oïl

Corruption, dit-on, eh. quoi î Ce pouvoir qui évolue, qui adapte, qui crée, cette âme spéciale qui s'épanouit et qui fleurit !

Corruption ! Quelques siècles encore, et nous trouvons ce gallo-roman sous le nom honoré de « langue d'oïl », — langue constituée ^ avec une floraison littéraire à peine croyahle, des productions de grand vol pour l'époque, goûtées, admirées, traduites, imitées dans toute l'Europe, et donnant à la France une première période de domination linguistique à peine dépassée par la suite.

Cette expansion littéraire débute déjà au X^ siècle. Les « Serments de Strasbourg » forment une sorte de démarcation, purement mnémonique (842).

En 1066 les jS'ormands traversent le détroit et gagnent l'île verte aux accents, dit-on, d'une des rédactions premières de la a Chanson de Roland ». Le récit de la Conquête porte :

4G PHILOLOGIE FEAXÇAISE

Taillefer, qui moult hicn cantoit, Sur un cheval qui tost aloit, Devant as (eux) s^en aloit cantant De Carlemanne et de Rolant, Et d'Olivier, et des vassaus Qui moairurent a Rainscevauœ.

Roncevaiix, les Theimopyles de la chevalerie poétique.

Le XIII^ siècle vit l'apogée de cette langue d'oïl qu'on pourrait à bon droit dénommer un phénomène linguistique tenant de la merveille.

Son nom lui vient du mot oïl, oui, qu'on a longtemps fait sortir d'une contraction du latin hoc illud (ceci c'est cela), mais qu'aujourd'hui on explique comme il. est dit en noti^ chapitre : a Gramm.aire, syntaxe ». Elle porte ce nom par opposition au provençal, « langue d'oc », latin hoc (cela), et ^ l'italien, langue de 5/.

Elle a inventé l'article défini inconnu du générateur latin; elle l'a tiré du démonstratif latin illc,

nia.

Elle a supprimé le genre neutn», non pas dans «a conception logique qui est ineffaçah^'v i>ini< dniis sa forme distincte grammaticale.

Du substantif latin homo elle a créé le pronom indéfini on, non-existant en latin.

Les verbes ont retenu dans leur conjugaison quelques-unes des désinences cai'actéristi(jues latines, le t de la troisième personne du singulier par exemple, mais l'accompagnement fréquent du pro-

Page 1