PREMIÈRE ÉVOLUTION
devants à la faveur de l'immeiisie désarroi historique. C'est bien lui, souple, flexible, plastique, qui recelait les vivais gemies du développement, de la, croissance organique, de la fructification.
Avec le Y^ siècle vinrent les invasions franques,. et le latin cultivé 2?«/'/é disparut au grand avantage du Sermo tant méprisé. Gallia se fit Fra^cia. Sa destinée politique changea, mais son avenir linguistique n'en fut point altéré. Cette fois les vainqueurs acceptèrent la langue des vaincus. Comme l'exprime un dicton latin : « la Gaule prise prit le vainqueur sauvage ». Le monument élevé par César tomba en morceaux, et pourtant la domina^ tion de Rome devait persister sur la Gaule. Car, le français, c'est encore et toujours du latin. Quelques-uns se plaisent à le qualifier de latin corrompu. Aux yeux de la science il n'est point oela,. vu son évolution et sa croissance organique manifestes. Si l'on tient absolument à une appellation qualificative, métaniorpliose, transformation, seraient de mise plus vraie peut-être.
Résmnons. Par gallo-roman on entend le latin parlé par les populations de la Gaule,surtout depuis l'époque de la chute de l'Empire, c'est-à-dire^ du Y® au IX® siècle. A cette dernière époque parait le premier document qu'on possède en langue romane, les « Serments de Strasbourg » prononcé» par les soldats de Charles-le-Chauve et par Louis le Germanique (842). Pendant toute la dite période.
point d'Q textes. On parle, on n'écrit pas. L'Eglise seule conserve quelques vagues traditions des lettres latines, et la force révolutionnaire ,agit sans eontrôle ni bridement.