LANGUE D OÏL
nom personnel amène une grande simplification fiexionnelle. — ■ Le passé de l'indicatif est enrichi de formes neuves an moyen de hahere (avoir) cL-oisi comme auxiliaire. — Le futur latin est abandonné, et un futur nouveau inventé au moj^en du même .luxiliaiie: amaho, amahis, amahit, disaient les Romains, ho, bis, bit, étant la flexion; f aimerai, c'està-dire j'ai à aimer, tu aimer-u.^, il aimer-a, dit la vieille langue et la moderne. — Le conditionnel, inconnu du latin, est inventé. — La voix passive synthétique latine devient analytique par le moyen du ]î»tin, esse, (être), forme sordide essere, choisi comme auxiliaire : amo, j'aime, amor, je suis aimé, amahar, j'étais aimé. — Les verbes pronominaux ou réfléchis, s'ils sont en germe dans le latin, prennent une extension toute nouvelle, et remplacent fréquiemnnent le pur passif latin. Ils sont bien plus nombreux qu'à présent. Création très heureuse qui permet de lendre des nuances de pensée et de sentiment auxquelles le latin était malhabile.
Un adverbe extrêmement ingénieux est agencé au moyen du substantif féminin latin mieiis, accusatif mente m, qui veut dire a esprit », « entendement », mais aussi « mode », « manière », « façon ». Vrai, vraiement, vera mente, (avec un esprit vrai, d'une manière vraie), Ve médian ayant disparu contiie toute étymologie.
La négation devient deux mots : ne et pa^, au lieu du simple non latin. Nous en reparlerons pour montrer combien elle a été renforcée, différenciée, embellie de la sorte.
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Tout ce domaine nouveau, parcouru ici à grandes enjambées, ne ressemble guère à de la corruption.
Il nous reste à indiquer une caractéristique majeure de la langue d'oïl.
Nous avons déjà dit que le neutre latin avait été supprimé par la vieille langue. D'autre part, elle déclinait les articles, les adjectifs, et les substantifs. Pour l'amour de la simplicité dans ce passage difficile, ne parlons que de ces derniers. La langue d'oïl avait trois déclinaisons ; le nominatif, cas sujet, et l'accusatif, cas objet, éta?it distincts par une flexion. Le plus souvent le nominatif avait o^ au singulier, et l'accusatif avait s au pluriel. Il serait par trop abstrus de chercher à expliquer ici comment ce mécanisme à trois déclinaisons et à deux cas a été adapté du mécanisme à cinq déclinaisons et à six cas dans la langue latine. Il suffit qu'on se rende compte que cette différenciation flexionnelle du sujet et de l'objet frappait la langue d'une estampille syntaxique particulière. On pouvait dire aussi bien le cheval mène li hovis que H homs mené le cheval. On voyait par Vs où était le sujet. D'autre part, la langue offrait un nombi-e de facilités et de raccourcis syntaxiques, tels que la suppression de l'article devant le substantif, du pronom devant le verbe, de la conjonction quCy du pronom relatif qui, etc, — toutes réminiscences du latin et différant absoliuncnt de la sévérité actuelle.
Bi^f, le latin est synthétique, le liain^ai? uhkU uk' est analytique, — la langue d'oïl était demi-syn-