‹ Aper©us de philologie fran©aiseChapitre 33 sur 48 · ORTHOGRAPHE ACCENT · texte numérisé non relu

ORTHOGRAPHE ACCENT

L'aspiration n'est pas sympathique au fiançais, et les étudiants teutoniques ne s'en laissent pas facilement persuader. L'/i initiale aspirée n-e se présente gvièi-^ que dans une quarantaine de mots usuels; dès la fin de la République romaine l'aspiration tendait à disparaître chez le peuple, et l'italien ne la connaît pas. Elle n'est pas soufflée à la teutonne, elle est seulement sentie, mais il faut qu'elle soit sentie. Une pratique hideuse autour de nous est de la laisser tomber tout à fait. Ce qui en est resté au français doit peut-être être attribué à l'influence franque et burgonde.

Les diphtongues si nombreuses dans la langue ne sont pas non plus faciles à attraper. Nous n'en avons pas de l'espèce violente et criarde. Elles sont tonifiées, adoucies, gracieusement et délicatement sonores. Le mot adieu, par exemple, perd tout son charme dans une bouche teutonique, et sa beauté cause sa ruine. C'est à peine si Ton ose parler de différenciations aussi fragiles que je chantai et je chantais, un enfant aimé et une femme aimée.

Se rendre maître de Ve muet n'est pas aussi facile que cela pourrait sembler. Cet e muet, surtout final, si spécial au français, y joue un rôle vocal énorme. Qu'est-ce que c'est en réalité? Une demi- voyelle ? un prolongement de la consonne qui le précède r Une nasale ? En tout cas, à la fin des polysyllabes, un léger écho, une note atténuée. Il semble battre la mesure au discours et le rappeler à la modération. Impossible de définir jusqu'à quel point il doit être sonné, mais donnez-lui un peu tix>p et vous

tombez dans raffectation détestabk. Les étrangers <^n font bon marcbé ou bien le gâtent en appuyant trop dessus. J^eur erreur ici ressemble à celle que commettent les Français à propos du continuel ivcurrent the anglais. Trop de scrupule perd.

Enfin, pour tout couronner, il y a la a liaison ». Elle écliappe à toutes les définitions, à toutes les règles. Qu'on se mette à la place de ceux qui ont à apprendre une chose qui ne s-e peut apprendre. Aussi ne nous en mêlerons nous pas, de peur de tomber dans l'afîectation et le pédantisme qui souvent la caTactérisent.

Il a été dit plus haut que les syllabes françaises étaient prononcées à peu près sur le même ton. Cet à peu près a besoin d'être expliqué, et c'est bien simple.

Il y a un accent tonique, mais c'est un accent de temps et non d'élévation. Il ne peut occuper que deux places dans les vocables. Il est sur la dernière syllabe quand elle est pleine, ce qui est le cas pour tous les mots à terminaison masculine: c/ta/tTER, rn/TEUR, recevoiR, afteiiTAT; il est sur l'avant-dernière lorsque la dernière se tennine par un c muet, terminaison dite féminine : avaiiTAge^ caudidaTVre, ('pouvariTAhle. En d'autres tenues, l'accent passe sur la dernière syllabe forte du mot : cm/î /nel, rouxjstcj reteiiTiB,, conscnteuENT, cuERchent, cher-

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