ORTHOGRAPHE ACCENT IT
(|ii'à deux places : sur l' avant-dernière syllabe du mot si cette syllabe était longue, et sur la précédente si r avant-dernière était brève. Négligeons ici les accents secondaires. RoMxnus^ Dominus. On voit que c'est un mécanisme phonique très différent. On a fort débattu comment cette accentuation était réellement marquée. En tout cas,en latin et en grec, l'accent principal était un accent de « hauteur ». Il était l'âme du mot, et l'on peut en prendre quelque idée en observant la prononciation de l'italien, de l'allemand et de l'anglais. Déplacez-y l'accent d'élévation, dites une longue au lieu d'une brève et réciproquement,et vous n'êtes plus compris,ou bien, comme cela arrive souvent en anglais, vous dites des choses disparates, parfois périlleuses.
Cette force de l'accent latin a eu pour résultat d'assurer aux syllabes ainsi marquées une très grande consistance et résistance, et presque tout le s-ecret de la phonétique française s'y trouve renfermé. Voyez le chapitre X. Dans le transit en roman les syllabes atones voisines étaient sacrifiées, tombaient, ou elles étaient assourdies en c muets de la fin.
La résistance de la syllabe accentuée dans la transformation séculaire des idiomes est un fait dominant en linguistique, mais nulle part elle ne se laiss.e tracer au même degré et avec tant de beauté que dans la colossale odyssée du latin. On demeure étonné devant le nombre faible d'exceptions à cette loi dans le corps entier du a vieux » langage français. Quant aux innombrables vocables introduits
PHILOLOGIE FE.\NÇAISE
artificielleiiient par les savants durant les périodes subséquentes, ils ne concordaient pas avec l'accent latin, mais la force d'analogie, agent tout-puissant dans tout langage,les a mis en accord avec la double position de Faccent tonique qui a été expliquée.
Par opposition à la tonique les autres syllabes sont dites atones. La. première pourtant reçoit un petit accent secondaire. Dans ornement l'accent tonique est sur ment, le secondaire sur or. Dans le cas de mots commençant par un préfixe il y a deu5: légers accents secondaires, l'un sm' le préfixe, l'autre sur la syllabe qui suit : condamnation, la toni- (jue étant à tion.
Sans doute cette fixité comparative de la tonique en français conduit un peu à la monotonie, et elle explique le haut degré de polissage auquel la langue a été amenée, et rend compte aussi de la nervosité de l'écrivain, et surtout de l'orateur, devant rarrangement des mots dans la proposition, et la coupure des périodes.
L'accent est si faible en français que certains ont été jusqu'à le nier tout à fait. Si, le français en a un,mais c'est un accent de temps,une légère prolongation de la dernière ou de l'avant-dernière syllab<\ itanx effort voeal e,7'tra,et non une élévation à aucun degré. Il n'a surtout rien de commun avec la sorte de psalmodie plus ou moins marquée qui caractérise l'émission de quelques autres langues autour de nous.
Quoi qu'il soit, dépoui-vu de toute énergie si l'on v<'ut, il est simple, régulier, net, aisé, équilibré,