‹ Aper©us de philologie fran©aiseChapitre 4 sur 48 · FRANÇAIS · texte numérisé non relu

FRANÇAIS

as -mi

sum

je suis

as-i

es

tu es

as-ti

est

il est

s-mas

suinus

nous sommes

s-tha

estis

vous êtes

s-anti

sunt

ils sont

Yoyez ici l'indicatif présent du verbe être à trois époques différentes, éloignées, du langage aryen t en sanscrit, le plus ancien idiome connu de la fa-

mille ; en latin, un idiome caractéristique médian ; en français, à tant d'égards (on le veiTa par la suite) le plus neuf des idiomes de cette famille. Autrement posé : en sanscrit, sœur aînée du latin; en français, rejeton du latin, — le sanscrit étant au français quelque chose comme une très très vieille tante.

En sanscrit le verbe être est as, et les désinences mi, i, ti, mas, tha, anti, sont les pronoms vivants affixés au radical verbal, quelque chose comme êtreje, être-toi, être-lui. Eegardez le latin. La vie indépendante des pronoms n'est plus ; ils sont fossilisés, ils ont l'air de flexions de convention pure, et les Eomains n'y voyaient pas davantage. Et le français, que fait-il? Il se m^ut avec deux pronoms : l'un fossilisé comme chez son parent latin, et l'autre, placé devant, vivant, indépendant.

Résumons : unité de radicaux, unité de grammaire, voilà ce qui relie ensemble tous les idiomes de la famille indo-européenne, aryenne, — idiomes parlés pendant plus de trente siècles de temps, à de grands inteivalles dans l'espace, et dans les conditions ambiantes les plus diverses.

Une extension un peu longue vient d'être donnée ù la famille ar^^-enne parce que c'est la nôtre, et aussi celle du sujet de ce petit Yiwc, le français. Et il faut encore ajouter que l'étude de la famille aryenne ne constitue qu'un fragment dans la Scien-

ce du Langage qui est et qui sera. En dehors de nous Aryens il y a le reste du monde. Qu'on n'aille pas croire que les moyens employés par notre famille de langues ait affaire quelconque avec les moyens employés par d'autres paj-lers humains. La plasticité des facultés humaines, telles que lesrévèle l'évolution générale du langage, a vraiment de quoi étonner. La variété infinie, partout et toujours, se trouve être l'essience de l'univers.

Ainsi, se rapprochant le plus de -nous, il y a la. famille sémitique : hébreu, araméen du temps àvL Christ, assyrien, babylonien, arabe, égyptien, etc. Ses radicaux sont de trois lettres, mais consonnes seulement, et les flexions portent sur des voyelles intercalées à Vintérieur. Ainsi qtl, tuer; qatdla^ il tua; qulita, il fut tué; qatJ, meurtrier; qitly ennemi; mnh, compter; manah, portion. Ces langues ne savent rien de notre formation de mots au moyen de préfixes et de suffixes. La conjugaison accuse un moule entièrement différent, et on ne peut imaginer un même esprit donnant naissance aux deux conceptions. En dépit du rapprochement par structure sur radicaux et flexion comme il a été dit, la dissimilitude est telle que toute tentative de ramener le sémitique et l'aryen à une origine commune a absolument échoué. Il n'est pas jusqu'à l'essence de la pensée qui ne soit tout autre. Ainsi, dans l'hébreu, il semble que la pensée ne puisse se dégager, se dévêtir, de l'image matérielle. L'abstrait tout nu n'arrive pas à en sortir. C'est pour cela que la langue de la Bible, si imagée, si

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pittoi^sque, est sujette à tant crinterpiétatioiis et de controverses. Les langues arj^ennes,, au contraire, se haussent à l'idée pure sans grand effoi-t, — d'où vient que la philosophie est éminemment œuvi^e aryenne.

Et si la différence est déjà si grande entre ces deux familles, pourtant groupées ensemble sous la dénomination de flexionnelles, que dira-t-on de l'infinité des autres parlers?

On a fait, du parler humain total, trois blocs, trois types, provisoires sans doute, en tout cas commodes pour le moment :

1. Langues isolantes ou monosyllabiques, dont le chinois est le principal représ-entant. Ce chinois, un véritable paradoxe. Ni mots, ni gi*ammaire, tout lacines, lesquelles deviennent telle partie du discours et acquièrent telle signification par suite de leur position à l'égard des racines qui les accompagnent; l'intonation, le chant, vient aussi à la rescousse.

2. Langues agglutinantes et langues Touraniennes, comme celles des Peaux-Rouges, des Finnois, des ïiu'cs, etc., où les mots se tronquent, s'agglutinent en phrases entières.

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