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PREMIÈRE ÉVOLUTION

Laissons de côté toutes les suppositions plus ou moins fondées de la préhistoire, et voyons les Gaulois tels qu'ils étaient au moment où Rome prit eontact a\^c eux.

Celtes et Belgies, ils parlaient le gaulois, un des idiomes de la famille indo-européenne. Nous ne sommes pas riches en informations svir ce gaulois : quelques mots celtiques cités par les auteurs anciens, quelques termes géographiques décomposés {Lugdunum, Lyon, lougos dunum, mont des marais), et les inductions tirées des langues néoceltiques : bas-brreton, gaélique, etc.

C'est à regretter, mais, en somme, il importe peu quant à la genèse du français, puisque c'est le latin qui l'a mis au monde.

On n'a qu'à ouvrir un livre d'histoire pour être renseigné comment la colonie grecque de Marseilleoffrit aux Romains une première occasion pour

ç'immisO'er dans les affaires de la Gaule. Ce premier pas franchi, d'auti^s oecaaions ne manquèrent pas aux conquérants, et dans la seconde moitié du 11^ siècle avant notre ère tout le pays entre les Alfves, le haut Rhône, les Cévennes, la Garonne et la mer, était devenu province romaine (Provincia). Enfin, César, appelé par des dissensions intestines,, acheva, entre les années 58 et 51, la conquête de toute la région entre le Rhin et l'Armorique (Bretagne actuelle) et la Belgique.

Voilà notre point de départ de l'évolution linguistique.

La conquête de César en fut Tébranlement binital, mais rimplantation en Gaule du tout-puissant idiome résulte bien davantage du mode d'occupation des territoines conquis par les Romains, passés maîtres en génie administratif. La proximité de la Gaule permit à ce génie de s'exercer d'une façon pai-ticulièrement élaborée et intense. Les Gaulois avaient résisté avec honjieur pendant huit années aux annes de Rome, mais, ceci fait, on demeure tout étonné de la promptitude avec laquelle ils acceptèrent le joug, les manières et la langue des vainqueurs. Le parler natal est pourtant chose tenaee et difficile à extirper. Jamais la versatilité <'eltique ne produisit démonsti*ation plus flagrante. « Pi'uple brave et léger » écrivait Dion.

Mais le latin ainsi implanté en Gaule n'était pas un. On peut avancer hardiment qu'il y en eut

fJrit.r.

Kn pn'iiiitr lieu le latin des légionnaires et des

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