XII. — Observation du professeur Sghutzemberger
X.. ., âgée de trente-deux ans, fut reçue le 2â novembre 18â9. Teint terreux, mouvements incertains; parole lente et difticile ; paralysie inconqilète des muscles du côté gauche de la face, do la paupière supérieure et des muscles internes de l’œil ; la pupille gauche est dilatée, immobile, et la rétine insensible à la lumière. L’extrémité supérieure gauche est plus faible que celle du côté opposé. Les membres inférieurs sont d’une faiblesse égale, mais exécutent avec lenteur tous les mouvements commandés. La malade cherche les mots qui échappent à sa mémoire. 11 y a deux ans, vertiges considérables ; un matin, au réveil, paralysie complète du côté gauche. Cette paralysie se dissipe progressivement au bout de deux mois, seulement la mémoire des mots lui fait défaut. Depuis dix-huit mois, la santé paraissait rétablie, lorsqu’il y a trois mois survint une céphalalgie d’une violence inouïe, localisée aux régions frontale et pariétale droites, s’irradiant de là dans toute la tête; en même temps, un affaiblissement progressif de la vue du côté gauche, impossibilité de tourner l’œil en dedans et chute de la paupière supérieure.
Six mois avant l’invasion des premiers symptômes cérébraux, végétations aux organes génitaux; éruptions cutanées avec croûtes épaisses et tumeur au sternum terminée par suppuration et expulsion de quelques fragments osseux.
On constate vers la partie supérieure du sternum une tumeur peu élevée, d’une dureté assez grande; au-dessous, une cicatrice irrégulière; à la réunion du tiers supérieur et du tiers moyen du tibia, un gonflement notable, complètement indolent. Douleurs à la pression dans les régions frontales, temporales et pariétales droites, lodure de potassium.
(I) Lagneau fils, Maladies sypliilitiquesda sijslè’iie aerveat, 183 ), p. ï ÛG, obs. 152
RECHERCHES SUR l’aPHASIE SYPHlUTiQUE.
Déjà les maux de tête étaient calmés, quand tout à coup éclata un délire furieux, qui se prolongea pendant plusieurs jours et ne céda ni aux sangsues, ni aux vésicatoires, ni à l’opium.
Frictions mercurielles de 5 grammes à faire de deux jours l’un ; une solution d’iode hydrargyratée et d’iodure de potassium (80 gr, sur 500 gr. d’eau; une cuillerée matin et soir).
Le délire et la céphalée cessent dès la quatrième friction; la paralysie de la paupière et des muscles de l’œil, l’amaurose cèdent dans l’espace de deux mois. Mais la mémoire des mots ne revient pas, elle paraît môme s’être alfaiblie davantage, car la malade a une peine infinie à rendre ses idées, quoiqu’elle comprenne parfaitement les questions. Après les frictions mercurielles (portées jusqu’à 18), le soluté d’iode hydrargyraté est continué pendant plusieurs semaines. Au printemps, la malade quitte le service dans un état très-satisfaisant, ne conservant plus qu’une certaine difficulté dans la parole. Vers la fin de mai, irritation chronique grave de l’estomac; mais les symptômes cérébraux, à l’exception de la faiblesse de l’œil gauche, n’avaient point reparu. Aujourd’hui, convalescente de sa gastrite, elle est soumise à un traitement indique en frictions.