XXI. — Observation de Lagneau fils (l
Le 26 mai 1857, madame âgée d’environ soixante ans, a une ulcération de plus d’un eentimètre d’étendue dans le sillon gingivolabial du côté gauche. Le 13 juin, la voûte palatine présente plusieurs petits foyers purulents ouverts. Le k juillet, cette femme sent une surface osseuse dénudée quand la pointe de sa langue pénètre au fond de la plaie anfractueuse, purulente.
lodure de potassium 10 grammes
Eau 150 —
(1) Maladies syphilitiques dusystème nerveux, p. 513, obs. CCXXIX,
lîECHEKCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE. 101
Tisane de salsepareille, deux cuillerées par jour. Le 10 août, cicatrisation.
Au commencement de 1858, cette femme souffre de douleurs de tête, plutôt sourdes, gravatives que violentes; marche incertaine; je conseille à diverses reprises des purgatifs et des tisanes rafraîchissantes.
Le 22 juillet, lu malade parle avec une extrême difficulté, elle commence une phrase, un mot même sans pouvoir l\ichever; ni la langue, ni la face ne sont déviées. Cet embarras de la parole semble dû plutôt à une abolition de la mémoire qu’à une paralysie ; pourtant certains sons, certaines voyelles sont difficilement prononcés. Elle s’irrite de ce que l’on ne peut pas la comprendre et se plaint de douleurs dans la région supérieure du pariétal gauche; les lèvres et le nez sont redevenus rouges, violacés et tuméfiés. Reprendre l’iodure de potassium. Après avoir obtenu une légère amélioration, la malade ne tarda pas à cesser l’usage du médicament.
Le t9 octobre, elle parle plus facilement, mais avec une grande volubilité. Elle avoue que ses idées se croisent, elle prétend que ses enfants veulent la tuer.
Des excroissances se font remarquer à la partie profonde de la région dorsale de la langue, du côté gauche. Recommence à prendre l’iodure de potassium.
Le 7 février elle ne peut plus se lever, elle parle assez facilement, souffre dans la partie gauche de la région frontale. L’état général de la malade va en empirant. Le 22 février elle dort beaucoup, parle assez distinctement, mais lentement.
Le 22 août, elle ne veut plus manger depuis plusieurs semaines ; elle ne reconnaît plus, ne parle plus, prononce seulement quelques sons inintelligibles. Le 25 août, mort.
XXil. -- - Observation de M. Grisolle (l).
Le nommé B..., âgé de trente-deux ans, entre à l’Hôtel-Dieu dans le service du professeur Grisolle, le 21 juin 1802. D’une force moyenne, d’une bonne constitution, il n’a jamais eu de maladies sérieuses et prétend n’avoir jamais eu d’affection vénérienne et aucune lésion aux parties génitales. Deux ans auparavant il eut un mal dégorgé sur la nature duquel il lui est assez difficile de se prononcer. A l’examen on lui constate : une éruption sous forme de boutons onde tubercules groupés en cercle, d’une coloration cuivrée, occupant les
(1) Lancereaux, Traité historique elpralique de la syphilis, p. 472,
parties postérieures des cuisses, les parties antérieures des aines et les régions des reins. Cette éruption se retrouve sous les bras, dans le creux poplité et sur le gland. Au dire du malade, il serait affecté de cette éruption depuis trois mois. A la face postérieure des deux avantbras, on constate la présence de deux tumeurs arrondies^ assez fermes, mobiles, du volume d’une petite noisette. Légère exostose de la clavicule gauche.
Depuis environ six semaines, vertiges, étourdissements, céphalée intense, insomnies opiniâtres ; puis, tout à coup, accès vertigineux plus violents, suivis de perte de connaissance sans convulsions. Ces mêmes accidents se reproduisirent, une saignée fut pratiquée, puis survint une hémiplégie du côté gauche. Le malade se décide alors à entrer <à rhôpilal. La paralysie, fort incomplète, n’empêche pas la marche ; mais le malade fait remarquer qu’en marchant il se dirige toujours malgré lui vers la gauche. Bien que la bouche paraisse légèrement déviée, l’hémiplégie de la face est pourtant fort douteuse. La parole, depuis la dernière attaque, est embarrassée, la mémoire peu //rfé/e; intelligence obtuse, physionomie hébétée. Absence de fièvre. Les battements du cœur sont sourds et irréguliers; matité précordiale étendue. Le foie parait sain. Teinte jaunâtre de la peau.
lodure de potassium, pilules de Dupuytren.
Le 11 juillet le malade, guéri, demande sa sortie.