XXVII. — Observation de Tungel
Une fille âgée de quarante ans, au teint pâle et à la figure boursouflée, entre, le 15 mars 1860, à l’hôpital. Elle accuse depuis cinq mois des maux de tête, des vertiges et la perte graduelle de ses forces. Quatre jours après son entrée, attaque épileptique.
\k avril, deux nouvelles attaques, la dernière plus faible, dans laquelle, malgré la perte de parole, la connaissance est restée intacte. A partir de ce moment, fatigue, céphalalgies fréquenles, bouffissure du visage. Les 18, 19, ‘29 juillet et k août les accès reparaissent.
Sortie le 15 août, la malade rentre le 28. L’œdème reparut pende temps après sa sortie.
Les 3 et 10 septembre, perte de connaissance sans convulsions. Diurétiques, disparition de l’œdème.
En octobre, le caractère de la malade devient mélancolique ; accès d’oppression, bourdonnements d’oreilles, pesanteur de tète, pleurs.
En février 1861, œdème plus considérable; poids spécifique de l’urine augmenté ; ce liquide contient des cylindres fibrineux minces, de nombreux corpuscules du sang et beaucoup d’albumine. L’emploi de la coloquinte et de la gomme gutte reste sans effets. L’hydropisie augmente, il survient même de l’ascite.
3 avril, accès convulsifs, à la suite desquels pesanteur de la tête, sopor, déjections involontaires, fréquence et petitesse du pouls, érysipèle de la jambe gauche.
Le 5, attaques épileptiformes.
Le 6 avril, mort.
On apprit, pendant les derniers jours de sa vie, que cette malade avait appartenu à la classe des prostituées, et qu’elle avait élé autrefois à l’hôpital pour un ulcère primitif, et, plus tard, en 1857, pour des accidents secondaires.
Autopsie. — La dure-mère est solidement unie la boîte crânienne du côté gauche. Après l’avoir décollée, on constate l’existence d’une couche exsudative ferme et d’une coloration d’un blanc jaunâtre, située en Ire l’os et cette membrane, à laquelle elle reste adhérente. La surface interne du crâne est spongieuse et dépolie ; l’os frontal est
(1) Traité historiq. el pra/iç., par E. Lancereaux, p. 417.
HECHEiîCIlES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.
épaissi et anfi'actueux à gauche. Sur la face externe du pariétal droit, dépression de la largeur d’une pièce de cinq francs, mal limitée avec osléophytes sur ses bords. La dure-mère, à ce niveau, adhère à la picmère, tantôt par un tissu cellulaire à petites aréoles, tantôt par une exsudation celluleuse, et en trois endroits différents par des masses solides, élastiques, sèches et jaunes s’enfonçant entre les circonvolutions dont elles sont en partie inséparables. La substance médullaire qui correspond à ces masses est injectée et incomplètement ramollie. Pas d’altération, d’ailleurs, au sein de la substance nerveuse; sérosité peu abondante dans les ventricules; tuméfaction ferme, transparente à la face externe de l’épiglotte. A la partie moyenne de cet opercule, saillie rouge sale, et, à la coupe, dépôt d’une ligne d’épaisseur, solide et jaunâtre.
Le ligament ary-épiglottique est un peu œdématié. Grande quantité de liquide dans les plèvres; lobes inférieurs des poumons légèrement comprimés, ces organes sont mous, infiltrés. Le cœur est petit, pointillé de rouge ; stries sanguines sur la face postérieure du ventricule gauche; sérosité rougeâtre dans la cavité du péritoine, adhérences du foie au diaphragme.
A la surface de cet organe, nombreuses dépressions dues à un tissu calleux qui s’étend de la séreuse dans la profondeur de la substance hépatique. Granulations comme cirrhotiques, absence de dépôt gommeux. Les reins sont peu hypertrophiés, substance corticale tuméfiée et d’un rouge jaunâtre; à la coupe cette substance est injectée et molle. Adhérences des organes génitaux entre eux, trompes distendues par un liquide aqueux, orifice utérin du diamètre d’une tête d’épingle. Rien aux parties génitales externes. Tibias non tuméfiés.
XXVllI. — • Observation de Fischer (1).
Fischer rapporte une observation, empruntée à la clinique du professeur Traube, sur un embarras pénodique de la parole chez un malade affecté de syphilis, avec hémiplégie gauche de la face et de l’extrémité supérieure du même côté.
(I) Schmidl’s Jahrb., 18C3, vol. 119, p. 30.