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Observation de MM. Bouchard et Lépine

Marie X..., âgée de quarante ans, est entrée, le 20 juin 1866, à Thopital de Lourcine, salle Saint-Clément, service de M. Jaccoud, suppléé par M. Jules Siipon.Elle est atteinte d’aphasie et d’hémiplégie à droite remontant à trois semaines. D’après les renseignements fournis par le mari, elle souffre d’une céphalalgie intense depuis six mois. Il y a quelques mois elle présentait une tumeur de la tête de la clavicule du côté droit.

La malade ne peut prononcer que oui et «oh, et encore ces mots ne sont-ils pas toujours employés à propos. Amélioration notable de l’aphasie au bout de quelques semaines; la malade prononce presque tous les mots ; parfois, elle se trompe sur le sens des substantifs; si on lui présente une cuiller, elle la désigne parfois sous le nom de fourchette. L’hémiplégie ne fait aucun progrès. Mortle septembre.

Autopsie. — La partie antérieure et externe du lobe frontal gauche (deuxième et troisième circonvolutions frontales) est réduite en bouillie jaunâtre. Une gomme du volume d’une noix existe sur les méninges au niveau des circonvolutions pariétales. Mêmes altérations de la glande pinéale. Le foie diminué de volume est déformé, quoiqu'il ne présente pas de nodosités ni de dépressions profondes. Au niveau du bord postérieur existe une portion altérée du volume d’une orange. Dans cette portion on rencontre les lésions de l’hépatite diffuse et quelques gommes, du volume d’une noisette, en dégénérescence caséeuse. Les deux trompes de F’allope sont très-augnientées de volume; elles ont chacune la grosseur d’un doigt, leur canal est complètement effacé; on ne peut distinguer de pavillon. A la coupe, on trouve dans chacune trois gommes du volume d’une noisette, molles et rougeâtres. L’extrémité interne de la clavicule droite offre les lésions d’une ostéite raréfiante.

(1) Gazelle médicale de Paris, 1866, p. 726.

RECHEllCHES SUR L’aPHASIE SYPHILITIQUE.

A l’examen microscopique du cerveau^ les artères des tissus ramollis n’ont pas été examinées. On note cependant que les vaisseaux de la base du cerveau étaient sains. Les parties ramollies du cerveau n’ont également pas été soumises au microscope.

La tumeur des méninges (gommes) est constituée par un nombre trèsconsidérable de petits noyaux sphériques ou légèrement ovoïdes^ se colorant par le carmin, se rétractant sons l’influence de l’acide acétique. Quelques-uns de ces éléments possèdent des membranes. Une matière amorphe, grisâtre, transparente^ contenant quelques granulations graisseuses, est entremêlée aux noyaux. Le tissu de la tumeur contient quelques capillaires. On ne dit rien de l’état du cœur.

En l’absence de commémoratifs suftisants sous le rapport de la syphilis, MM. Bouchard et Lépine ne s’appuient dans leur diagnostic que sur la coexistence de ces tumeurs à tissu conjonctif observées dans le cerveau, dans les trompes de Fallopeet leur coïncidence avec une ostéite de la clavicule.

On donne en général peu de détails sur l’état de la malade pendant la vie. Quant à l’aphasie, les données recueillies ne permettent pas de décider, si elle provenait de la lésion des conducteurs des incitation motrices, ou biende la lésion des centrescoordinateurs, etc. Néanmoins il est possible d’admettre, avec quelque probabilité, que la perte de la parole tenait à la première de ces causes. La description de l’autopsie que nous avons textuellement citée peut servir en même temps de spécimen de la majorité des autopsies d’aphasiques rapportées par les observateurs, surtout après la célèbre brochure de M. Broca. Perte de la parole pendant la vie; à l’autopsie, quelques altérations des circonvolutions du lobe frontal gauche et voilà tout. Donc M. Broca a raison, la facnlté de la parole peut être localisée. On n’y indique avec précision ni les limites de la partie ramollie, ni sa profondeur; les parties adjacentes au foyer ramolli, ainsi que les vaisseaux se rendant aux parties lésées, ne sont pas examinées au microscope, etc., etc.

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