CORINNA
Dieux !
BACCIIIS hurlant.
En croix ! Oui ! Sur ri>eure ! elle Ta mérité! Les clous et le marteau !
COIUNISA
Maîtresse !
BACCHIS, ivre de rage.
En croix! en croix !
Les mulâtresses se hâtent. Les unes s'empressent d'apporter des clous, un marteau. Les autres aident Bacchis à traîner Corinna évanouie vers la gauche. — Mouvement.
TIMON essayant d'arrêter Bacchis.
C'est horrible, Bacchis...
BACCHIS
Laisse! Elle m'appartient!
CALLIDÈS
Elle n'est plus à toi : je l'avais rachetée...
BACCHIS
Tu n'en es pas encor le maître !
C'est mon esclave et j'en ferai ce que je veux !
Va -t'en !
Callidès, terri ffc, se couvre le visage d'un pan de son manteau et s'enfuit. — Bacchis et les mulâtresses qui traînent Corinna ont disparu à gauche dans une sa^e voisine. — ' Les convives les ont suivies; quelques-uns, demeurés dan<i la salle du festin, regardent de loin ce qui se passe. •~- On entend les cris de douleur de Corinna et les hurlemcnts de rage de
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46 APllUODITE
BACCmS
qui vocilere
Tiens ! tiens ! Voilà comment je traite les voleuses !
Lorsque Corinna exhale son dernier soupir, il se fait parmi les assistants un grand mouvement el
TIMON murmure
Pauvre fille !
Pendant ce temps, Chrysis, sans rien voir, saas riea entendre, a poursuivi son monologue.
CnilYSIS
. . .Démélrios a tenu sa promesse !
S'il a commis un crime, il les a commis tous! Il n'a fait que me voir, m'entendre et m'obéir !
Jamais d'une pareille ivresse,
Jamais mon sein n'a palpité !
Jamais pareille ardeur ne m'a brfilé le sang!
P triomphe ! 0 joie ineffable !
Ce fier Démélrios, l'amant de Bérénice, Le maître de l'Egypte,
L'impassible et le dédaigneux.
C'est mon captif, c'est mon esclave!
Il m'appartient, et je vais me donner à lui ! Voici le jour qui naît. J'accours, ô bien-aimé! C'est l'aube de l'amour et de la volupté !
Elle s'enveloppe de son manteau et sort précipitamment