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DE VASE

Fresque du palais de Cnosse. \Musée de <~andie 1

aiicilogues à celui de Cnosse ont été découverts sur un autre point de l'ile de Crète, à Phaestos, __ et explorés par un savant italien, M. Halbherr ; il

■àg^ .^Hh y ^ trouve, à côté de peintures murales, un vase

^HB a^^P en stéatite noire orne de reliefs pleins de mou-

HtK^4^^t vements et de verve, qui représentent une pro-

cession de moissonneurs (fig. 39).

Les archéologues distinguent aujourd'hui trois périodes dans le lointain passé de la Grèce avant Homère : T la période égéenne, celle des petites idoles de marbre (de 3000 a 2000 environ avant J.-C.) ; 2 ' la période minoenne (de Minos) ou crétoise, où 1 ile de Crète parait avoir été le centre principcJ, caractérisée par un essor rapide, d'abord vers le réalisme, puis vers 1 élégance, des arts du dessin et des industries du métal, sous l'influence, mais non pas à l'imitation de l'ancienne Egj^pte (2000- 1 500 avant J.-C.) ; 3" la période mycénienne, seule connue de Schliemann, qui semble, à certains égards, celle de la décadence minoenne, mais qui se distingue par une céramique peinte très originale, décorée de plantes et d'animaux ( 1 500- 1 1 00 avant

J.-C). Ces civilisations, formant une

chaîne continue, se reflètent dans les poèmes dits d'Homère, qui ont été réunis et rédigés vers l'an 800 avant J.-C. Dans l'intervalle entre la civilisation mycénienne et Homère, une catastrophe s'était produite, analogue à la ruine de l'Empire romain par les Barbares. Des tribus guerrières venues de la Grèce du Nord, entre autres les Doriens. avaient, aux environs de l'an 1 1 00, un siècle après la guerre de Troie, détruit la civilisation mycénienne et replongé la Grèce dans la barbarie. Mais la civilisation n'avait pas péri tout entière. Beaucoup de tribus, fuyant devant l'in-

FiG. 38. — Jeune fille crétoise.

Fresque du palais de Cnosse (Crète).

(Musée de Candie.)

ART EGEEN, MINOEN ET MYCENIEN

vasion, s'étaient réfugiées dans les îles, notamment à Chios et à Chypre, sur les côtes d'Asie Mmeure et de Syrie ; ces pays héritèrent en partie de la civilisation mycénienne et en conservèrent le souvenir. C'est sans doute là que prirent naissance et se développèrent les poèmes homériques, qui célébraient la gloire disparue des vieilles maisons royales delà Grèce. Le jour arriva où les descendants et les héritiers des Mycéniens exilés se firent les éducateurs de la Grèce redevenue barbare et lui rendirent une étincelle du génie que leurs ancêtres avaient reçu d'elle. 11 y eut la un phénomène analogue a celui qui se produisit au XIX' siècle, à la fin du moyen âge chrétien, lorsque les savants de Constantinople, héritiers lointains de la civilisation grécoromaine, vinrent en renouer la tradition sur le sol de l'Italie et préparèrent, à Florence et a Rome, l'éclosion de la Renaissance.

On appelle moyen âge hellénique, par opposition au moyen âge chrétien, la période de quatre siècles environ qui s'écoule entre la ruine des Mycéniens et les nouveaux débuts de l'art en Grèce. Avant les fouilles de Schliemann, ces débuts seuls nous étaient quelque peu connus ; nous lui sommes donc redevables d'un immense accroissement de notre savoir. Cet énergique explorateur a ajouté plus de dix siècles à la glorieuse histoire de l'art grec.

Mycènes, Tirynthe et d'autres villes anciennes, tant en Grèce qu'en Asie Mineure et en Italie, sont entourées de murs composés de blocs de pierre énormes, longs parfois de 6 ou 7 mètres, de forme irrégulière ou polygonale. Ces murs sont appelés cyclopéens, parce que les Grecs en attribuaient la construction à des géants de la Fable, les Cyclopes. A Mycènes, le mur est coupé par une grande porte surmontée de deux lionnes dressées de part et d'autre d'une colonne; l'ensemble de cette sculpture forme un triangle d'un seul bloc, probablement postérieur au mur (fig. 40). En effet, les murs dits cyclopéena

FiG. 39. — Développement du relief scl-lpté

SUR LE VASE DIT DES MOISSONNEURS, DÉCOU\'ERT A PhAESTOS (CrÈTE).

[Musée de Candie.)

FiG. ^o. — Porte dite des Lions a Mycènes.

sont plus anciens que la civilisation mycénienne et marquent une première prise de possession du pays par une aristocratie militaire ou sacerdotale. Ils ne sont pas sans affinité avec les dolmens de l'Europe occidentale et témoignent d'un état social analogue, où des milliers d'hommes devaient obéir aux ordres d'un petit nombre de cbefs et travailler dans leur intérêt et pour leur gloire. Le fait que des murs semblables se retrouvent depuis l'Italie jusqu'en Asie prouve que l'invasion des tribus au sein desquelles se forma la civilisation mycénienne, vers l'an 2000 avant notre ère, ne se produisit pas seulement dans la péninsule des Balkans, mais à l'est et à l'ouest de cette région.

Nous ne connaissons pas de temples minoens ou mycéniens, mais seulement des palais ; il est probable que le palais était en même temps le temple, et que la demeure du dieu était comprise dans celle du roi. Ces palais étaient de construction très légère, et le bois y était bien plus employé que la pierre ; il y avait des colonnes en bois qui, comme les supports de nos tables et de nos chaises, allaient s'amincissant du haut en bas. Lorsqu'on imita en pierre ces colonnes, par exemple dans la Porte des Lions de Mycènes, on continua à leur donner cette forme particulière, qui se trouve seulement dans l'art minoen et mycénien. Les chapiteaux, surmontant les colonnes, marquent les premiers essais vers la constitution des deux ordres, le dorique et l'ionique, qui jouèrent un rôle si brillant dans l'architecture grecque et sont encore employés aujourd'hui.

Les Minoens et les Mycéniens ne nous ont pas laissé de grandes statues en ronde bosse, mais beaucoup de bas-reliefs en albâtre, en gypse, en métal, de figurines en terre cuite, en faïence, en ivoire et en bronze, d'ouvrages métalliques repoussés et ciselés. Tant à Cnosse qu à Mycènes, on constate une singulière différence de qualité entre des oeuvres découvertes au même niveau et appartenant sans doute à la même époque ; c'est qu'un art populaire encore grossier coexistait avec l'art officiel, qui se transmettait peut-être dans certaines corporations et s'exerçait à titre exclusif au profit des grands.

ART EGEEN, MINOEN ET MYCENIEN

Dire que l'art de la Grèce avant l'an 1 000 a réalisé l'idéal de la beauté serait une exagération manifeste. Même dans des œuvres aussi remarquables que les gobelets de Vaphio, probablement fabriqués à Cnosse, les figures humâmes, avec leurs tailles de guêpe et leurs longues jambes grêles, sont bien loin encore des chefs-d'œuvre de l'art classique. Mais, si l'art assyrien répond à l'idée de la force, on peut éiffirmer que l'art minoen exprime merveilleusement celle de la vie. Il n y a là rien qui ressemble à la froide élégance de l'art égj'ptien du Nouvel Empire, qui florissait à la même époque. Des objets de fabrication ég^'ptienne ont été découverts dans des villes minoennes et mycéniennes ; des vases mycéniens ont été exhumes en Eg>pte ; Egyptiens, Minoens et Mycéniens se connaissaient, entretenaient des relations commerciales ; mais l'art du monde mycénien n'était nullement tributaire de l'Egjpte, bien qu'il ait reçu d'elle des procédés techniques et certains éléments de décoration .

L'amour de l'art minoen pour la vie et le mouvement se manifeste surtout dans les admirables figures d'ammaux qu'il nous a laissées ; a cet égard, il ressemble un peu à celui des chasseurs de rennes. On voudrait pouvoir établir entre ces deux arts une connexion, un lien historique, malgré l'intervalle d'au moins soixante siècles qui les sépare. Mais qui sait si l'on ne découvrira pas un jour que l'art des chasseurs de rennes, disparu de France plusieurs milliers d'années avant l'éclat de Cnosse et de Mécènes, s'est continué dans quelque partie encore mal explorée de l'Europe et a fini par s'introduire en Grèce avec une des nombreuses invasions des peuples du Nord, qui n'ont cessé de descendre de l'Europe centraJe vers la Méditerranée ?

L avenir nous apprendra sans doute ce que nous ignorons encore, l'origme de cette extraordinaire floraison du génie plastique qu'il était réservé a notre temps de découvrir.

1 . La civilisation minoenne connaissait l'écriture ; des milliers de tablettes, portant des inscriptions, ont été découvertes en Crète ; mais ces inscriptions, non encore déchiffrées, n ont rien de ounmun avec les hiéroglyphes ég>-ptiens.

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