DE -MÉDICIS
(l-'Inrence, Musée des Offices.) ICliclié Aliiijri. à Florence.)
l'imiter jusqu'à nos jours.
Quatre sculpteurs, Scopas, Bryaxis, Léocharès et Timothée, avaient travaille, vers 340, à la décoration du Mausolée d Halicarnasse, élevé par Artémise, reine de Cane, à la mémoire de son époux Mausole.
Grâce a des fouilles pratiquées en 1857 par Newton, le Musée Britannique possède une série de statues et de bas-reliefs qui décoraient autrefois ce Mausolée. Deux belles statues, représentant Mausole et Artémise, couronnaient le monument (fig. 88). L'image de Mausole est l'un des plus anciens portraits que nous possédions de l'art grec, d'autant plus
Fig. 86.— Copie de La Mné.mosy.ne(?)
DE LySIPPE, dite
La Grande Her-
cl'lasaise. (Musée de Dresde./
remarquable que la physionomie du modèle n'est pas
celle d'un Hellène, mais d'un Canen, c'est-a-dire d'un demi-barbare.
Fig. 87. — Profil de la statue
dite la Grande Herctlanaise.
(Muaée de Dresde.)
Fig. 88. — Artémise et Mausole.
(Statues du Mausolée d'Halicarnasse.)
'Musée liritannique.) (Cliché Lévy et fils)
PRAXITELE, SCOPAS, LYSIPPE
FiG. Hg. — Grec et Amazones combattant.
f lias-relief de la frise du Mausolée d'Halicarnassc.)
tMiisée Britannique.)
Les draperies, modelées avec une entente souveraine des jeux de la lumière et de l'ombre, marquent comme un acheminement vers le chefd'œuvre de la draperie antique, qui est la Victoire de Samothrace.
Les bas-reliefs du Mausolée ont pour sujet une bataille de Grecs et d'Amazones ; il est très instructif de les comparer à la frise du Parthénon. On y
trouve tous les caractères de l'art nouveau, le goût des mouvements \ ifs et imprévus, la recherche de l'effet et du pittoresque, une élégance qui n'exclut pas la force, mais qui touche parfois au raffinement (fig. 89).
Les anciens se demandaient déjà s'il fallait attribuer a Scopas ou à Praxitèle le célèbre groupe de Niobé et de ses enfants, victimes des flèches d'Apollon et d'Artémis.
On conserve à Florence, à Rome, au Louvre et ailleurs, des copies antiques, inégalement habiles, de plusieurs figures de cet ensemble. A en juger par ces copies, les originaux devaient appartenir à l'école de Scopas. Au centre était Niobé avec sa plus jeune fille, groupe dont il existe une copie a Florence (fig. 90). Le motif, pathétique entre tous, celui d'une mère qui voit tuer sa fille à côté d'elle, est traite avec une simplicité pleine de noblesse ; il n'y a rien encore de l'angoisse physique,
Fig. 90. — Niobé
et sa plus jeune fille.
(M usée de Florence.)