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ET LA REINE ARSINOÉ

(Camée à trois couches du Musée de Vienne.)

pire romain. Le plus grand camée connu, représentant l'apothéose de Tibère, est au Cabinet des Médailles. Les deux plus beaux, ou sont reunis les portraits de Ptolémée Philadelphe et de sa femme, appartiennent aux Musées de Vienne et de Saint-Pétersbourg (fig. 1 18).

Ces merveilleux camées datent certainement du m siècle avant J.-C. ; ils comptent péUTni les chefs-d'œuvre les plus accomplis de l'art et n'ont jamais été égalés par les modernes.

Si l'art de graver les cachets est très ancien, celui de frapper les monnaies est relativement récent ; ni l'Assyrie ni l'Egypte ne l'ont connu. Les plus vieilles monnaies grecques sont du \ il siècle et ont été fabriquées sur la côte

d'Asie. C'est seulement au V- siècle qu'elles

deviennent de véritables œuvres d'art, sous l'influence de l'école de Phidias. Mais, cette fois, ce n'est pas Athènes qui peut revendiquer le premier rang. Les plus belles monnaies ont été émises en Sicile, oii des graveurs de génie, comme Evénète et Cimon, ont parfois signé leurs pièces. Les incomparables monnaies siciliennes, frappées dans la seconde moitié du v siècle, témoignent de la supériorité de l'art grec au même titre que YHermès de Praxitèle et la Vénus de Milo ; le profil de la nymphe Aréthuse est peutêtre même la tête grecque la plus exquise que nous connaissions (flg. 119). Assurément, il y a de belles monnaies modernes, comme les livres anglaises a l'effigie de saint Georges et la charmante Semeuse de Roty ; mais la supériorité des Grecs à cet égard est incontestable et tient en partie à une cause

Fig. 1 19. — Monnaie d'argent DE Syracuse (face ET réveils).

LES ARTS MINEURS ES GRECE

toute matérielle. Les monnaies modernes, frappées au balancier et destinées a être empilées, sont plates ; celles des anciens étaient toujours plus ou moins globuleuses, ce qui permettait de mieux accuser l'image et de lui donner plus de relief.

Je n'ai pas eu l'intention de passer en revue les produits infiniment varies de l'industrie grecque, mais seulement d'en signaler le vif intérêt pour le sujet qui nous occupe, qui est l'histoire générale de 1 art. Ceux qui seront persuades de cette venté trouveront dans les musées des enseignements et des satisfactions qui échappent souvent aux autres ; ils se rendront compte que la matière et la dimension des œuvres importent peu, que le style est l'essentiel, et que le génie grec a laisse sa marque partout où s'est exercée la mam d un ouvrier grec.

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DIXIEME LEÇON L'ART ÉTRUSQUE ET L'ART ROMAIN

VERS Tan 1000 avant J.-C, des émigrants venus par mer de la Lydie, contrée de l'Asie Mineure, s'établirent dans l'Italie centrale et, se mêlant aux populations indigènes, jetèrent les bases de la confédération étrusque.

L'Etrurie fut conquise par les Romains en 283 avant J.-C. Jusqu'à

cette époque, pendant quatre siècles, elle jouit d'une civilisation florissante dont il nous reste de nombreux monuments : murs de villes, ruines de temples, grands tombeaux ornés de peintures et de reliefs, statues, sarcophages, terres cuites, objets divers de bronze, bijoux d'or.

Quant aux vases peints dits étrusques, il est bon de répeter que ce sont, en majeure partie, des vases attiques importés en Etrurie.

Ce que cette civilisation avait d'original était son fonds de rudesse itcJienne, mêle sans doute aussi d'éléments celtiques.

Pour le reste, elle n'est guère qu'un reflet de celle de la Grèce, de la Grèce asiatique d'abord, puis d'Athènes, qui exporta en Etrurie des milliers de vases peints et d'objets d'art de tout genre, parce que les Etrusques avaient le moyen de les payer et le goût d'en acquérir.

Toutefois, il y eut en Etrurie des écoles locales qui ont produit, a l'imitation de la Grèce, mais sans abdiquer leur tempérament, des œuvres importantes, par exemple les curieuses peintures

fig. 120. aciiii-le immolant des prisonniers

Presque etrl'sque d'une tombe de Vllci.

(Wœrmann, Histoire de la Peinture,

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