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LES ORIG/.XES DE L'ART

FiG. I. — Os GRAVÉ (DÉVELOPPEMENT).

Caverne de la Madeleine (Dordogne).

(Musée Britannique J

L'aspect du monde était alors

tout différent de ce qu'il est

aujourd'hui. Pour ne citer

que quelques faits, la France

n'était pas encore séparée de

l'Angleterre par le pas de

Calciis, ni la Sicile de l'Italie

par le détroit de Messine ;

la Suède, le Danemark,

1 Ecosse étaient ensevelis sous

le manteau des glaces du

pôle ; les glaciers des Alpes

étaient énormes et l'un d'eux

descendait jusqu'aux environs

de Lyon.

A l'époque quaternéiire, il y avait deja en France des chevaux, des

bœufs, des chèvres, mais ils vivaient a l'état d'animaux sauvages ; l'homme

ne les avait pas domestiqués, et, ignorant l'cigriculture, il se nourrisseiit

seulement des fruits des arbres, des produits de la chasse et de la pèche.

A côté de ces animaux semblables a ceux qui vivent aujourd'hui, il y

en avait d'autres qui ont disparu depuis, comme le mammouth et le

rhinocéros aux narines cloisonnées ; il y en avait aussi qui n'habitent

plus que des pays plus chauds que le nôtre, comme l'hippopotame,

l'hyène et le lion, ou des pays très froids, comme le renne. L'homme,

armé de bâtons, de haches en silex et de poignards en corne, parvenait a se nourrir de la chair des bœufs, des chevaux, des rennes, qu'il prenait au piège ou qu'il forçait à la course. Armé du harpon en corne ou en os, il tuait les poissons et les faisait servir également à sa nourriture.

L'époque quaternaire a duré pendant des milliers d'années pour prendre fin vers l'an 12000 FiG. I a. — Renne au galop „,, i nnnn » 1'

, , ,, . ou UUUU avant 1 ère

grave sur une pierre plate (Indrej. , « i^ii. .ww

(Musée de Saint-Germain.) chrétienne, SUlVant leS

évaluations les plus modérées des géologues. Elle a pris fin lorsque le climat, la faune et la flore sont devenus a peu près ce qu'ils sont aujourd'hui, lorsque le dernier renne des Pyrénées et des Alpes a disparu, après le dernier mammouth.

Nous commençons a connaître avec quelque exactitude deux phases de cette longue époque : une plus ancienne, avec climat chaud et très humide ; une plus récente, avec climat froid et sec.

Pendant la première phase, l'homme, pécheur ou chasseur, vivait sur les bords des rivières, alors beaucoup plus larges qu'aujourd'hui. Il fabriquait des haches en silex qu'on a retrouvées par milliers,

a une grande profondeur, sous les sables accumulés par les crues des rivières, notamment a Saint-Acheul sur la Somme et a Chelles sur la Marne. Beaucoup de ces haches, de forme triangulaire ou ovale, sont taillées a petits éclats avec une grande habileté et présentent des contours réguliers qui témoignent du goût de l'homme primitif pour la symétrie. Il est probable que les hommes de ce temps vivaient en plein air ou sous des huttes de branchages ; on n'a retrouvé aucune trace de leurs habitations.

Nous sommes beaucoup mieux informes de la seconde époque, où le renne, qui n existait pas dans la première, devint aussi abondant que le bœuf et le cheval et fournit aux hommes non seulement une chair succulente, mais des cornes, des os, des tendons, qui se prêtèrent aux premiers essais de l'industrie et de l'art. On connaît des poignards, des harpons, des perçoirs, des lissoirs en bois de renne ; on connaît aussi des bois et des os de renne façonnés en sculptures, couverts de reliefs et de dessins (fig. 1).

L homme, qui se nourrissait de rennes, avait remarqué les qualités colorantes de certaines terres, en particulier de l'ocre. Il aimait les couleurs vives, et il est probable qu'il se peignait le corps comme les sauvages d'aujourd'hui. Mais il fit bien davantage. Sur les parois ou sur la toiture des cavernes ou il cherchait un abri contre le froid, qui

Fig. 2. — Ma.m.mouth gravé sir paroi. Caverne de Combarelles (Uordognej.

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