Du
le type gothi-
""' passa en
1248), en Bohême, les croisés français l'introduisirent dans 1 ile de Chypre et en Syrie. En Angleterre, il prit un aspect tout particulier, caractérisé par une lourdeur relative et, plus tard, par une profusion déplaisante de lignes verticales, en particulier dans les fenêtrages (fig. 169, 170). Dès 1 1 74, un architecte de Sens fut chargé de reconstruire la cathédrale incendiée de Canterbury ; la cathédrale de Sahsbury fut bâtie de 1220 à 1258; de 1245 a 1269, s'éleva le chœur de l'abbaye de Westminster à Londres. Partout ailleurs, le type français l'emporta : Chartres et Bourges firent école en Espagne ; Noyon et Laon furent copiés à Lausanne, à Bamberg (les tours) ; Cologne est une combinaison d'Amiens et de Beauvais. Le pays où le style gothique s'acclimata le
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FiG. 171.
— HÔTEL DE Ville d .\rpas.
Sainte-Chapelle de
sacrée en 1 248 (fig.
nord de la France,
que — propagé surtout par les moines de Citeaux -
Alsace (Strasbourg, 1277), en Allemagne (Cologne,
Italie (Milan), en Espagne, en Portugal, en Suède, en
en Hongrie
moins est l'Italie (cathédrale de Milan). D'ailleurs les églises romeines ne disparurent pas ; il y a une certaine continuité entre elles et les édifices de la Renaissance, tandis que l'art gothique intervient comme un brillant épisode, dont l'apogée est déjà voisme du déchn.
On a distingue trois périodes dans le style gothique, d'après la forme et la décoration des fenêtres : le gothique à lancettes, rayonnant et flamboyant. Mais ces désignations sont peu précises. Il suffit de savoir que le principe de l'architecture gothique la poussait à augmenter sans cesse la hauteur des voûtes, à agrandir les jours et les fenétrages, à
multiplier les clochetons et les pinacles. Les églises gothiques du XV< siècle sont à la fois maniérées et d'une gracilité inquiétante. L'art gothique n a pas été étouffé par celui de la Renaissance : il a été victime du principe de fragilité qu'il portait en lui.
Cet art n'a pas produit seulement des églises, bien que la cathédrale en soit la plus parfaite expression. Parmi les monuments de sa dernière période, on compte les admirables hôtels de ville des Flandres, qui, avec leur beffroi contenant les cloches de la commune, s'élevaient en face des églises, comme l'annonce d'un pouvoir nouveau qui grandissait, celui de la bourgeoisie laïque (fig. 1 7 1 ). Il y a aussi de magnifiques abbayes, celle notamment du Mont-Saint-Michel, et des maisons particulières d'un charmant aspect, comme l'Hôtel de Cluny, à Pans (fig. 1 72), la maison de Jacques Cœur, à Bourges (fig. 1 73), etc. Les châteaux forts ou donjons (du latin dominium) s'étaient multipliés, à partir du X' siècle, dans le style roman ; les nécessités de la défense interdisaient d'y donner une place trop grande aux procédés d'une architecture qui faisait dominer les vides sur les pleins ; mais l'art gothique inspira la disposition intérieure, la décoration des portes, des fenêtres, des toitures ; il suffit de citer les châteaux de La Ferté-Milon
Fig. 17
— L'HÔTEL (aujourd'hui .musée) DE Cluny, a Paris.
(Cliché des Monuments historiques )
ARCHITECTURE ROMANE ET GOTHIQUE
et de Pierrefonds, appartenant à la fin du XIV' siècle, dont Courajod louait avec raison les masses imposantes, les nobles silhouettes, les aplombs d'une fierté et d'une franchise toutes donennes '.
Si l'architecture, considérée comme un art, doit viser a s'affranchir le plus possible de la sujétion des matériaux, on peut dire que l'architecture des églises gothiques a réalisé cet idéal mieux que toute autre. Mais il y a plus. Ce système de construction, léger, aérien, à l'ossature m nce et dégagée, a été comme le premier essai du style qui a commencé à se former au XIX' siècle, celui de l'architecture métallique. Avec l'emploi du métal et du ciment armé, les hardiesses des architectes gothiques pourraient facilement être égalées par les modernes, sans compromettre, comme ' fit l'art gothique, la solidité des édifices. Dans la lutte qui se poursuit entre les deux éléments de la construction, le plein et le vide, tout porte à croire que le vide doit l'emporter, que les palais et les maisons de l'avenir, du moins dans nos climats, seront inondés d'ciir et de lumière, qu'ainsi la formule popularisée par l'architecture gothique est appelée à une nouvelle fortune, et qu'après la renaissance du stjle gréco-romain, qui a prévcJu depuis le X\I siècle " jusqu'à nos jours, nous verrons se produire, avec d'autres matériaux, une renciissance plus durable encore du style gothique.
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Sur les prétendues " teneurs de l'an I 000 ", voir l'article décisif de Dom Plaine, Revue </e Questions historiques, 1873, p. 145.