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ET FLORENTINE

RENAISSANCE SIENOISE

fcdco, de Pise, le conteur le plus naïvement exquis de la Renaissance ; ses visions du nnonde sont les rêves dorés d'un enfant (fig. 230, 231).

Mais le monde n'est pas peuplé d'enfants, et ce n'est pas de rêves dorés qu'il se nourrit. Le giottisme eût fait choir l'art florentin dans la mièvrerie des images édifiantes si le naturalisme, SI brillamment revendique par Donatello, n'aveut trouvé, dans la peinture, un grand interprète, Masaccio ( 1 40 1 - 1428). La chapelle des Brancacci, à l'église du Carminé de Florence, décorée des fresques de Masaccio, a été une source d'inspirations viriles pour tout l'art florentin du XV' siècle (flg. 232).

- ^'ERROCCHIO ET LORENZO

DI Credi.

La Madone et deux Saints.

Dô.ME de Pistoie.

(Cliché Alinari, à Florence.)

Fig. 236. — Filippo Lippi.

Fragment du Couronnement

de la Vierge. Florence

(Cliché Anderson, d Rome.)

Fig. 237. — ^'ERRocHIO. Vierge ET Enfant avec deux Anges.

(Galerie Xationale de Londres.) (Cliché Hanfstaengl, à Munich.)

Ses contemporains

influencés comme lui par Donatello — Paolo

Uccello, le premier peintre de batailles et de perspectives, Andréa del Ccistagno, d'une vigueur presque brutale, achevèrent de dégoûter

les Florentins de la fadeur (fig. 233, 234). ^F" m-^(- ^ ^^^ Filippo Lippi, un autre moine, mais

^ '-'^«^^ -i ^^ moine qui n'avait pas renoncé a la vie

(1406-1469), offre presque la synthèse de Fra Angelico et de Masaccio ; dans ses chefs-d'œuvre, dont l'un est au Louvre, la force, souvent un peu rugueuse, s'éclaire de tendresse (fig. 236). VerrocsJÎ I^HÉlfll^^^'^'iS chio, que l'on connaît surtout comme sculpt^.>!^^^^BK*.^\^7 teur (1435-1488), triomphe, dans ses rares peintures, par la maîtrise de la ligne (fig. 235. 237) ; il fut. en outre, l'un des premiers Florentins a comprendre le paysage, le rôle qu'y jouent non seulement les formes, mais l'air et la lumière. Rappelons, toutefois, que, dix ans avant sa naissance, les Van Eyck avaient peint en Flandre des paysages admirables : l'art italien, comme l'a dit Courajod, a été le fils privilégié, mais non le fils aine de la Renaissance. Un peu plus

jeune que Verrocchio, Botticelli ( 1 444-1 5 1 0) fut élève de Fra Filippo, mais soumis, comme d'ailleurs Verrocchio, à l'influence d'un maître du réalisme, Antonio Pollaïuolo, élevé luimême de Donatello etd'Ucello(fig.238).

Botticelli est un des génies les plus originaux de la peinture, un génie créateur, mais inquiet et tourmenté, que sa passion pour la ligne expressive entraîna souvent jusqu'à la bizarrerie. Le plaisir très mêlé que nous causent ses œuvres est une sorte de vibration nerveuse,

Fig. 238. — A. Pollaiuolo.

TOBIE ET l'ange.

(Musée de Turin.) (Cliché Anderson, à Rome )

Fig. 239. — Botticelli. Allégorie du Printemps.

(Académie de Florence.)

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