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I. Expression de H. Wœlfflin

Michel-Ange. Groupe niT " DES Grimpei'rs ", d'après une GRAVURE DE Marc-Antoine Rai-

.MONDI reproduisant UN FRAG.MENT DU CARTON DE LA GuERRE DE PiSE.

MICHEL-ANGE ET CORREGE

FiG. 353. — Daniel de Volterre.

Descente de la croix.

Eglise de la Trinité-des-Mosts.

A Rome.

H'Iiché AiiJersnii. Rome.)

Jugement dernier sur le mur du fond

de la Sixtine (fig. 350). Cette fresque

colossale, a laquelle il travailla sept ans,

est, dans son ensemble, une erreur ; mais

c'est l'expression la plus complète de son

génie. Il y épuisa toutes les possibilités

du mouvement et de la ligne, créant un

monde sinistre de géants irrités, les uns

victorieux, les autres vaincus, tout nus

et musclés comme des athlètes, d où le

sentiment chrétien est absent et qui semblent comme le cauchemar d'un Titan

fiévreux. Qu'y a-t-il de chrétien dans ce

Christ vengeur aux formes herculéennes,

dans cette Vierge épouvantée qui se

presse, en tordant ses flancs, auprès de

son fils ? Le sublime du Jugement dernier confine a la démence ; ni Eschyle,

ni Dante, ni Victor Hugo n'ont poussé

si loin l'audace de substituer leur rêve personnel au sujet choisi.

Il existe très peu de tableaux de Michel- Ange (fig. 351), et le plus célèbre de ses cartons, exécuté en 1 505 pour Florence, a péri. Heureusement, le graveur Marc- Antoine Raimondi, ami de Raphaël, en a gravé un épisode, qui représente des soldats florentins au bain, surpris par l'attaque des Pisans (fig. 352). L'art antique n a rien produit de supérieur à ces corps nus, d une force athlétique, d une élégance qui fait valoir la force ; quand on n'aurait, pour juger Michel-Ange, que cette gravure, on y reconnaîtrait le géant, comme le lion à sa griffe.

Le Vénitien Sebastiano de! Piombo dut a la collaboration de Michel-Ange la grandeur épique de sa Résurrection de Lazare (à la National Galleiy) (fig. 285). Un des élèves de Michel-Ange, Daniel de Volterre, atteignit un jour, en l'imitant,

SE

Fig. 354. — Bexvencto Cellini.

Persée Loggia dei Lanzi. a Florence.

au sublime, dans la grande C

FiG. 355. — Jean Boulogne.

Mercure au vol.

Florence. Bargello.

1534), un peintre de Parme, presque aussi grande sur l'art italien du XVI siècle et sur celui du siècle suivant. Il paraît être sorti de l'école de Ferrare et avoir eu pour maître le peintre Bianchi, dont le Louvre possède un très beau tableau. C'était une nature douce et sensuelle, qu'attiraient également les fables galantes de l'antiquité et les légendes pieuses du christianisme. Il les traitait dans le même esprit, avec le même amour de la lumière frôlante et caressante, des formes moelleuses et enveloppées.

rucifixion de l'église de la Sainte-Trinité a Rome (flg. 353). Un sculpteur de la même école, orfèvre et ciseleur, Benvenuto Cellini (I 500-1 572), aventurier et charlatan d ailleurs, s'est élevé très haut dans sa statue de Persée vainqueur a Florence, inspirée à la fois de Donatello et de Michel-Ange (flg. 354). Jean Boulogne (et non de Bologne), sculpteur de Douai fixe en Italie (1 524-1608), est l'auteur d'un superbe Mercure prenant son vol, ou l'imitation de Michel-Ange s'allie à celle de l'antique (flg. 355). Mais, a part quelques exceptions, la foule des autres disciples du maître ne firent qu'imiter ses gestes, désarticuler sans motif des figures colossales, et, forcenés à froid, franchir tour à tour l'étroit intervalle qui sépare 'e sublime du ridicule.

Plus jeune de vingt ans que Michel- Ange et mort trente ans avant lui ( 1 494-

Allegri dit Corrège, exerça une influence

FiG. 856. — Corrège.

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