LA RENAISSANCE ALLEMANDE
FiG. 404. — H. DE KfLMBACH.
L'Adoration DES Mages.
(Musée de Berlin.)
iCJiclié Hanfstaengl, à Munich)
Nuremberg, siège d'une riche bourgeoisie, fut, vers l'an 1 500, la Florence de l'Allemagne, mais une Florence rude, plus soucieuse d'expression que de beauté. La sculpture sur bois y produisit des chefs-d'œuvre. Le peintre le plus réputé était Michel Wohlgemuth, né en 1434, artiste fécond, mais médiocre, dont le grand titre est d'avoir ete le maître de Durer. La première moitié du XVI" siècle vit fleurir en Allemagne deux peintres de génie et un peintre très richement doué, Albert Durer, Hans Holbein et Lucas Cranach.
Durer (1471-1528) fut un penseur autant qu'un artiste et mérite de fîgurer> à ce titre, dans l'histoire de l'art, à côté de Léonard de Vinci et de Michel-Ange (fîg. 398). Les Italiens disaient qu'il aurait ete leur plus grand peintre s'il avait pu vivre à Rome ou a Florence. Né à Nuremberg, il apprit d abord le métier d'orfèvre qu'exerçait son père et entra
en 1486 dans l'atelier de Wohlgemuth. En 1490, il se rendit à Colmar, a Bàle, à Venise, où il subit 1 influence de Mantegna et de Bellini.
En 1497, il fonda un atelier à Nuremberg et adopta son fameux monogramme, un D sous un A. Des cette époque, il peignit des portraits admirables, comme celui d'Oswald Krell a Munich (fig. 399).
En 1 505, il revint a Venise, pour ne retourner a Nuremberg qu'en 1 507. C'est alors
que commence sa grande et Fig. 4o5. — A. Altdorfer. f j r ■.■ 1
j. lyj ^ teconde activité, non seule-
La Naissance DE LA V lERGE. .....
aiuséed'AugsbourguciiciiéHa^ifstaengiàMunidi) ment artistique, mais littéraire
et intellectuelle, car Nuremberg était devenu un centre de l'humanisme, !
et Diirer était l'ami et le peintre des humanistes. En 1521, il visita les i Paj's-Bas et y fut reçu avec de grands | honneurs ; c'est après son retour de ce ! dernier voyage qu'il peignit ses chefsd œuvre, certainement inspirés des Van Eyck, le portrait de Holzschuher à Berlin (fig. 400) et les Quatre Ecangélistes a Munich (fig. 401). Cette dernière peinture, la plus grandiose de l'école allemande, création de types surhumains, suprême effort vers la simplicité et la grandeur ", semble témoigner des sympathies de l'artiste pour la Réforme, qui en appelait aux évangelistes pour ramener le christianisme dans son ancienne voie.
iG. 4 .— . oLBEiN. L'architecture des églises, en Alle-
La \ lERGE AVEC LA FAMILLE . . = '
DU BOURGMESTRE Jacob Meyer. mague, ue se prêtait pas à la pein- Chatealgrasd-ducal.aDarmstadï. ture murale; Diirer n'a jamais peint (Ciicné Hanfstaengi, à Munich) ^^^ ^^ ^^^ Qn a de lui Une quarantaine de tableaux de chevalet et de portraits ; le plus beau de ses tableaux est l' Adoration des Mages a Florence (fig. 402), œuvre énergique, fortement pensée, mais toute germanique par son dédain de l'élégance. Quand Durer imita l'antique, a l'exemple des maîtres italiens, il fit des choses presque nsibles, comme sa Lucrèce de Munich. En général, les Allemands, plus encore que les Flamands, étaient incapables de dessiner des figures nues ; tantôt ils tombaient dans un réalisme grossier ; tantôt ils dénaturaient des types d'emprunt par la raideur et la sécheresse de l'exécution. Mais là oii Durer est supérieur aux Italiens et l'égal des plus grands génies de tous les temps, c'est dans la gravure. Des compositions comme le Saint Georges (fig. 403), Saint