I. Maurice Hamel, Gazelle des Bcaux-Arls, 1903, 1, p
Fig. 407. — H ans Holbeis.
Portrait d'Érasme.
(Musée du Louvre.)
LA RE.\AISSA.\CE ALLEMASDE
Jérôme dans sa cellule, la Mélancolie, le Chevalier et la Mort, attestent une profondeur de pensée, un lyrisme contenu, en même temps
FiG. 408. — L. Cranach. La Charité.
(Collection Errera, à Brtixelles.)
FiG. 409. — Lucas Cranach.
Portrait de vieillard.
(Musée de hrUxelles.)
iCll:hé llaiiCstJeiigl, à Munich )
qu'une science de la forme dont seuls Léonard et Michel- Ange étaient capables. A une époque où le goût classique régnait sans partage, Goethe écrivait avec raison : " Quand en connaît le fond de Durer, on se
persuade que pour la vérité, Télévation et même la grâce, il n'a d'égaux que les tout premiers des Italiens.
Parmi les élèves de Durer, qui travaillèrent à Nuremberg et a Ratisbonne, deux surtout firent preuve d'un remarquable talent :
Hans de Kulmbach (fig. 404) et Albrecht Altdorfer (fig. 405).
Holbem (1497-1543). le second des grands maîtres de la Renaissance allemande, était le fils du peintre d'Augsbourg dont nous avons parlé. Comme Durer, mais plus encore que lui, il voyagea; on le trouve en 1515 à
Fig. 410. — Lucas Cranach.
Hercule et O.mphale.
(Musée de BrunsiDick.) (Cliché Bruckmann, à Munich .
FiG. 411. — Chr. Amberger.
Portrait d homme.
fMtisce de liriiiisii'ick.) (Cliché liruckmanii, à Munich. I
Bâle, puis en Angleterre, sous le règne de Henri VIII, où il peignit le roi, sa famille, ses ministres et plusieurs membres de l'aristocratie anglaise. Holbein ne ressemble en rien a Diirer. Il est le seul grand artiste allemand sur lequel l'idéalisme ait eu prise. Sa manière n'a plus rien de gothique ; il Ignore la dévotion et l'ascétisme ; son fonds d'éducation germanique se tempère d'une élégance et d'une réserve qui font de lui le plus français plutôt que le plus italien des Allemands. De ses grands tableaux, un seul est un chef-d'œuvre : c'est la Vierge de Darmstadt (fîg. 406), dont il existe une copie hollandaise a Dresde, plus suave, mais moins expressive que l'original. Dans cette peinture, chose nouvelle en Allemagne, le caractère se concilie avec la beauté. Nous ne connaissons plus que par des esquisses ou des copies partielles les importantes compositions peintes par Holbein sur des murs à Bàle ; son grand titre de gloire, aux yeux des modernes, est l'ensemble de ses portraits et de ses gravures. Le Louvre possède le plus beau peut-être de ses portraits, celui d'Erasme (fîg. 407), égal à ceux de Diirer par la sûreté de la touche, supérieur par la liberté du pinceau. II faudrait les citer tous ; contentons-nous de rappeler ici ceux d' Amerbach, de la femme et des enfants du peintre, au Musée de Bâle, du négociant George Gisze à Berlin. Ses gravures n'ont pas la profondeur de celles de Durer, mais charment par l'esprit et l'invention. L'influence de Holbein s'étendit au loin, sur la Hollande et la
FiG. 412. — Lucas Cranach.
Le Jugement de Paris.
(Musée de Carlsruhe.)
(Cliché Bruckmann.)