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LA DECADENCE ITALIENNE

jésuite. Mais l'abus des gestes pathétiques, des expressions exaltées, des draperies flottantes, des ornements inutiles, tous ces défauts

n'empêchent pas la sculpture de Bernini d'être celle d'un artiste

merveilleusement doué, connaissant

à fond toutes les ressources de son

art, tous les travers intellectuels

de son temps, et se servant des

unes pour flatter les autres.

L école romai. e traina, au

XVI p siècle, une existence sans

gloire. Son meilleur artiste, Sasso-

ferrato (1 605-1683), imita assez

heureusement la manière florentine

de Raphaël et peignit des toiles

sentimentales dans un ton argenté

qui ne manque pas de charme. Son

chef-d'œuvre, la Madone au Rosaire (fig. 428), récemment volé à

1 église Sainte-Sabine de Rome, a pu être recouvré par la police italienne

et remis en place. Même un chefd'œuvre de Sassoferrato n'avait peis immédiatement irouvé acquéreur.

A Florence, les deux Aîlori, Alexandre et Christophe, montrèrent de vraies qualités de peintre? ; !a Judith de Christophe (vers 1 6C0) est un beau morceau académique, que Musset citait comme une des peintures capitales de l'Italie (fie.

427). Mais la déjà l'on voit paraître, à la place des âpres élégances d'aurefois, un goût déplorable pour le fondu et le noyé, pour les couleurs molles et sirupeuses. Le représentant le plus populaire de cette tendance [ut Carlo Dolci (1616-1 686), dont le Louvre a la bonne fortune

de ne point posséder de tableaux, mais qu'on rencontre souvent dans

Fig. 433.

— ^'ELASgL■Ez. Les Ménines.

(M-sée de Madrid.)

FiG. 484. — Velasquez.

Apollon visitant la forge de Vulcaim.

(Wœrmaxn, ilalerei, t. III.

Seemann. cdit.)

les musées d'Angleterre et d Allemagne, peintre de demi-figures cireuses, bleutées, blaireautées, qui marquent le passage entre les aménités de Correge et nos images de piété les plus écœurantes (fig. 429).

Un peintre de Valence, Ribera (1588-1652), arriva tout jeune en Italie, s'éprit de Caravage, alla copier Correge à Parme et devint chef d'école à Naples. Philippe IV, roi d'Espagne, le prit sous sa protection. Par lui, le style de Caravage pénétra en Espagne, où il trouva un terrain très propice et n'a pas

cessé d'exercer son influence. Ribera fut un véritable artiste et un

véritable Espagnol. " Par le choix des

sujets et encore plus par leur interprétation, il est toujours d'un réalisme intense,

qui, dans l'exécution, dans l'expressio:'.

de la forme, touche parfois à une sorte

de férocité instinctive. II se complaît

dans la représentation des supplices, des

martyres. Les mendiants, les vieillards

aux rides profondes, sont ses modèles de

prédilection ". C'est à l'inspiration de

Caravage que Ribera doit son éclairage

violent ; mais ses types sont plus nobles

et son dessein meilleur. D'autres fois, il

se rapproche de Corrège, comme dans

la belle Adoration des Bergers qui

est au Louvre (fîg. 424). C'est surtout

par l'entremise de Ribera que la manière

de Caravage s'est continuée dans l'art

moderne; de nos jours, en France, il a eu

un imitateur très habile, Théodule Ribot.

Tolède fut la patrie d'adoption d'un Crétoiç fantasque et mystique,

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