L'ART H-OLLANDAIS AU XV II" SIÈCLE
flG. 447. -
Portrait de l'artiste. Gravure
Ce maitre robuste forma de nombreux élèves, entre autres deux peintres de paysanneries, chez qui une technique admirable s'associe à une imagination vive et spirituelle, souvent un peu grossière pour le goût moderne, Adrien Brouwer ( 1 606- 1638) et Adrien Van Ostade (1610-1685). Il est intéressant de les comparer, au Louvre même, aux peintres plus raffinés de la génération suivante, Ter Borch, Metsu, ou au grand maitre des intérieurs bourgeois, propres et cossus, Pieter de Hooch. Chez ces derniers, le sujet et le mouvement sont réduits au minimum ; Brouwer et Ostade ont bien plus de verve et d'invention. Le chef-d'œuvre d'Ostade est peut-être le Maître d'école de 1 662, qui a longtemps figuré au Salon Carré du Louvre à côté de XAnliope de Corrège et qui supportait ce rayonnant voisinage.
L'école de Harlem produisit aussi de prestigieux paysagistes : d'abord Everdingen (1621-1675), qui poussa jusqu'en Norvège pour étudier les montagnes et les chutes d'eau ; puis Salomon et Jacob van Ruisdael, l'oncle et le neveu, dont le second (i 1682) est le plus grand paysagiste de la Hollande (fîg. 443, 444). Comparé à ceux du XIX siècle, on ne peut dire que Ruisdael soit un réaliste, car il compose, il ne prend pas au hasard un coin de nature ou un e.ffet de lumière ; mais, sauf peut-être Corot, nul n'a fait passer dans la nature autant de son âme, nul ne l'a faite plus expressive et plus touchante, n'a senti et
FiG. 448. — Rembrandt.
Le Peintre avec sa femme Saskia.
(Musée de Dresde.)
FiG. 449. — Rembrandt.
Fragment de la '• Prière de Manoah (Musée de Dresde.)
rendu plus complètement la transparence de l'atmosphère et de l'eau. Le chef-d'œuvre de Ruisdael est le Marécage, à Samt-Pétersbourg ; mais ses grands tableaux au Louvre et a Dresde ne sont guère moms admirables. Un peu plus àgè que Ruisdael, Philippe Wouwerman (1619-1 668) est resté célèbre comme peintre de chevaux et de cavaliers ; son talent fécond serait plus apprécié aujourd'hui s'il avait su l'exercer sur une plus grande variété de sujets.
Amsterdam devint, après Harlem, le centre de l'art hollandais, lorsque Rembrandt, en 1631, y eut fixé définitivement sa résiaence (flg. 447). Né en 1606 à Leyde, il passa par l'atelier d'un artiste assez obscur, Lastman, qui a. ait été en Italie et s'y était inspiré de Ccuravage ; certains tableaux de Lastman offrent des ccntrastes i d'ombre et de lui mière qui font présager les grandes oeuvres de son élève.
Très laborieux (on connaît de lui 600 peintures et 300 gravures), Rembrandt vécut heureux et envié jusqu'en 1650; à cette époque, ses habitudes de prodigalité, ou plutôt de collectionneur prodigue, l'acculèrent à
FiG. 45o. — Rembrandt. La " Ronde de Nuit ' (Sortie de la garde civique.) (Musée d'Amsterdam.)