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L'ART DU XVW SIECLE EN FRANCE

La sculpture imitée en peinture, voilà bien le pernicieux idéal de l'académisme ! Quant a la couleur, elle a sa formule toute prête :

Et quel est ce pouvoir qu'au bout des doigts tu portes, Qui sait faire à nos yeux vivre des choses mortes. Et d un peu de mélange et de bruns et de clairs. Rendre esprit la couleur, et les pierres des chairs ?

Molière parait tenir à ces " bruns " et y revient plus loin en célébrant

Le gracieux repos que. par des soins communs.

Les bruns donnent aux clairs, comme les clairs aux brur.s.

L'antique pour le dessin, les bruns et les clairs pour la peinture, telles sont les formules du grand art. De la nature telle qu'on la Fig. 489. — F. Girardon. voit, telle qu'on la sent sans intermédiaire, pas un mot. Et le juge suprême en matière d'art, ce n'est pas le public, ce ne sont pas les etftistes : c'est Louis XIV, dont le sentiment est infaillible

Enlèvement DE Proserpine.

(Parc de Versailles.)

Mais ce qui plus que tout élève son mérite, C'est de l'auguste Roi l'éclatante visite. Ce monarque dont 1 âme. aux grandes qualités. Joint un goût délicat des savantes beautés. Qui. séparant le bon d avec son apparence. Décide sans erreur et loue avec prudence. Louis, le grand Louis, dont l'esprit souverain Ne dit rien au hasard ei voit tout d un œil sain, A versé de sa bouche, à ces grâces brillantes. De deux précieux mots les douceurs chatouillantes Et 1 on sait qu'en deux mots ce Roi judicieux Fait des plus beaux travaux l'éloge glorieux.

De pareils propos, sous la plume d'un homme de génie, sont plus affligeants que ridicules.

Dans la sculpture comme dans la peinture, c'est surtout le portrait qui soutient l'honneur de l'art nationeJ ; le Louis XIII, de Simon Guillain (fig. 486), le Louis XIV, de Girardon (fig. 487) sont, pour n'en citer que deux parmi cent, des œuvres de grande cJlure. En dehors du portrait, lorsque Coysevox (1640-1720), ses élèves les Coustou et même le froid Girardon

F lu. 4yo.— P. PL'GEI Mort de Milon

DE Crotone.

(Musée du Louvre.)

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f//o<e/ Je \'ille de Lyon.)

ne s asservissent pas trop à l'allégorie, leur science de la forme et leur goût inné de la noblesse produisent des œuvres qui commandent le respect ffig. 488. 489, 491). On regarde encore avec ce sentiment, a l'entrée des Tuileries, les Renommées de Coysevox, et, à l'entrée des Champs- Elysées, les Chevaux de Marly de Guillaume Coustou.

Ces artistes furent les favoris de la Cour et de la ville ; le vrai grand sculpteur du siècle fut un indépendant et un isole, Pierre Puget (1622-1694). Comme Poussin et Claude Lorrain, il vécut surtout en Italie et dans le midi de la France, loin de la tyrannie desséchante de Le Brun. Le génie de Puget, reflet un peu académique de celui de Michel-Ange, fortement influencé par Bernini, ne fut pas apprécie a sa valeur, bien que Colbert, qui lui voulait du bien, l'eût chargé de sculpter les proues des galères royales. On ne l'employa pas à la pompeuse décoration de Versailles, où triompha le talent vide de Girardon. Ses œuvres ont un caractère d austère grandeur et de fierté, reflet de sa vie solitaire, toute dévouée a l'art, comme aussi du noble orgueil qui lui faisait dire, à soixante ans, après son Milon de Crotone : " Je suis nourri aux grands ouvrages, je nage quand j'y travaille, et le marbre tremble devant moi, pour grosse que soit la pièce ! " (fig. 490, 492).

Louis XIV ne se contenta pas d'instituer une peinture et une sculpture officielles ; il voulut que le cachet de sa majesté fût imprime même aux arts industriels, et il créa, en I66I, i„ f.^j r^ \ ]• • Fig. 401 a. — G. Cocstou.

la manufacture des Laobelins, ou ^ ^

., ^ Grocpe prove.sant de Marly.

Ion ne fit pas seulement des Champs-ÏHysées àParisjrClichéGiraudottJ

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