L'ART FRANÇAIS AU XVIII' SIÈCLE
financiers ; surtout, c'est un grand nombre de jolies femmes. L art tra-
tlG. 499.
- H. Fragonard. L'Étlde.
'Musée du Louvre 1
FiG- 498. — H. Fragonard.
Le Chiffre d'amour.
CMusée de Hertford Houst,
collection Richard Waiiace, à Londres./ vailla pour elles, pour leur plaire, pour
CCliché ilansell, Londres. J J* 1 ., ti v »^ 1
dire leurs attraits et leur puissance. On cherchereiit en vmn, au XVIII' siècle, un peintre comme Meissonier,
dont le pinceau a presque Ignoré la femme. A aucune époque elle n'a eu un si ^rand empire sur les intelligences ; si la réaction du XIX' siècle l'en a dépossédée, tout porte à croire qu'elle va prendre sa revanche de notre temps.
L'avènement d'un style nouveau dans l'art ne fît disparaître m les Académies, ni l'académisme. Les derniers disciples de Le Brun donnent la main aux Coypel, aux Van Loo, aux Lagrenée, à tout cet art théâtral et vide qui se relie à l'académisme plus austère de Vien et de David. Il n'y a pas grand'chose à dire de ces peintres, sinon
FiG. 5oo. — L. David.
Le Serment des Horaces.
/"Musée du Louvre. J
qu'ils subirent, plus qu'ils ne le croyaient sans doute, l'influence de l'art
FiG. Soi. — S. Chardin.
Le BENEDICITE.
(Musée du Louvre.)
FiG. 5o2. — S. Chardin.
La Toilette du matin.
(Musée de Stockholm.) (Galette des lieaux-Arls.)
léger qui papillonnait autour d'eux. Tel tableau biblique de Coypel, exécuté en dimensions colossales, a l'air d'une peinture d'éventail démesurément grandie. Le meilleur représentant de l'académisme avant David n'est pas un Français, mais un Allemand italianisé, Raphaël Mengs, qui vécut surtout en Italie (1728-1779).
Si cet artiste très doué n'a produit aucun vrai chefd'œuvre, c'est qu'il se laissa séduire, comme les Carrache, par la fâcheuse tentation de l'éclectisme, qui ne connaît la beauté vivante que de seconde main.
Le grand maître de l'école ciimable est Antoine Watteau, de Valenciennes, qui vint à Paris en 1 702 et y mourut en 1 72 1 . Il avait vu, dans sa ville natale, de grandes
FiG. 5o3. — J.-B. Greuze.
L'Accordée de village.
^. LARI FRANÇAIS AU Xi^llh SIECLE
FiG. 504. — J- B. Grevze.
La Jeune Fille a l'oiseau.
(Utrttord House, collection Richard lVa//ace,
à Londres.)
FiG. 5o5. — J.-M. Nattier.
Mlle de Lambesc
et le jeune comte de Brionni
(Musée du Louvre.)
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FiG. 5o6. — M.-Q. DB La Tour.
Portrait de M.me de Pompadour.
(Pastel au Musée de Saint-Quentin.)
FiG. 507. — Mme Vigée Le Brun.
Portrait de Mme de Crussol.
(Musée de Toulouse.)
(Gasiette des Beaux-Arts.)
AFOLLO
toiles de Rubens ; a Paris, il en vit d'autres, celles de la galerie du
Luxembourg. 11 y connut aussi un spirituel décorateur, Gillot, qui peignait des scènes de comédie. Ses Fêtes champêtres et galantes doivent quelque chose à Gillot et beaucoup à Rubens ; mais leur poésie, leur sensibilité délicate n'est que de Watteau (fig. 494). Le Xl.X' siècle les a longtemps dédaignées au nom du grand art ". Mais faut-il condamner des chefs-d'œuvre comme YEmbarquement pour Cylhère (1717), parce qu'ils célèbrent la joie de vivre et la douceur de la ressentir à deux ?
N'est-ce pas, au contraire, le rôle de l'art, ou une partie de son rôle, d'épurer ce qui est sensuel par la grâce, de rendre la beauté aimable et attrayante, d'égayer la vie et d'en activer les pulsations ?
Watteau est un coloriste raffiné, dont la palette a les subtilités
exquises de celle de Van Dyck ; son défaut, c'est de voir le monde
comme une scène de l'Opéra,
éclairée aux feux de Bengale, de n'être ni passionné m
ému, de se jouer à la surface
des choses. Ses imitateurs,
Lancret et Pater, plus sensuels et moins délicats que
lui, sont pourtant encore de
vrais artistes (fig. 495, 496).
Peut-on en dire autant de
Boucher, le plus fécond des
peintresde cette lignée ( 1 704-
I 770) ? C'était un décorateur
ingénieux, un dessinateur épris
des lignes ondulées et sinueu-
FiG.5o8. — J.-B. Greuze. La Laitière.
(Musée du Louvre.)
(Galette des Beaux-Arts.)
Fig. 509. — L. David.
Portrait de M.me Récamier.
(Musée du Louvre.)
ses, qui sont comme la formule graphique du style rocaille. Mais Boucher dessinait de chic, sans étudier la nature; il peignait ses tableaux comme des écrans, avec une profusion monotone de bleus et