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L'ART FRANÇAIS AU XVIU' SIECLE

FiG. 5io. — E. Falcoset.

Statue équestre

DE Pierre le Grand.

(Saint-Pétersbourg. I

FiG. 5ii. — L.David.

Mme Sériziat.

(Musée du Louvre.)

iGa^^ette des Beaux-Arts. J

de roses ; sa couleur, d'une gaite factice, est souvent crue, blafarde ou acide (fig. 497). Ce peintre des Grâces, comme on l'appelait, fut un esprit superficiel et vulgaire, dont les mventions les plus har-

, dies ne sont même

pas sensuelles, mais quelque chose comme des berquinades à rebours . Fragonard (1732-1806) lui fut infiniment supérieur ; il l'est même à Watteau parle sentiment de la réalité et la variété ingénieuse des motifs (fig.498,499).

Ce pauvre Frago, si pimpant et si lumineux, mourut oublie et méconnu sous l'Empire, après avoir

Fig. 5i2. — E. F.\i coset. Baigneuse.

^.\/i(Sce ,Yi( Louvre.)

Fig. 5i3. — J.-B. Pigalle.

, L J -Mausolée du .maréchal de Saxe.

VU le triomphe des (ÈgUsedeSaint-Thon

■ymas.à Strasbourg.)

l'iG. 514. — A. HOUDOX. VOLTAIRK (Théâtre Françjif. à Paris.)

peintres qui le vilipendaient, le traitaient de corrupteur public et

n'avaient pourtant ni son imagination ni son métier ".

Dès le milieu du XVlll' siècle, la frivolité fatigante de Boucher et de ses nombreux imitateurs provoqua une double réaction, l'une vers l'art antique, l'autre vers l'art moral. La pre- ^^ miere doit nous occuper d'abord.

■' à^ ^^*^^' ■ On croit souvent que la réaction

/^ - classique ne commença qu'avec la Ré-

volution. C est une erreur ; elle s'est dessinée dès le règne de Louis XV.

Les premières découvertes importantes dans les ruines de Pompéi et d'Herculanum avaient eu lieu en 1 755 et excité une vive curiosité pour l'art antique. Un savant allemand. Winckelmann (1717-1768), frappé de la décadence de l'art en Allemagne et en Italie, exhortait les artistes à chercher leurs modèles dans lantiquité. Son Histoire de l'Art chez les jJnciens fut traduite en français dès 1 764 et obtint un grand succès à Paris. D'autre part, de 1 756 à 1 785, le burin énergique et élégant d'un graveur italien, Piranesi, répandait par milliers des images de monuments romains, de vases sculptés, de candélabres, de bas-reliefs. L'mfluence n'en fut pas seulement considérable sur l'art décoratif, bien qu'il ait été le premier à s'en ressentir.

Lors de l'avènement de Louis XVI, en 1 774, le goût était déjà à l'antiquité, dont on admirait d'autant plus l'art et les mœurs qu'on s'était écarté davantage de son idéal. Le nouveau roi, bon mari, dévot, d'une intelligence L un peu bornée, fit régner à la Cour une décence du moins apparente, qui contrastait avec le laisser-aller carnavalesque des dernières années de Louis XV. De tous ces éléments naquit le style

FiG. 5i5. — A. HouDON.

Diane.

(Musée du Louvre)

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