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VISCT-CINQUIEME LEÇON LART AU XIX' SIÈCLE

U commencement du XlX siècle, Louis David (1748-1825) dommait en maître mconteste sur l'art français. D'une intolérance toute jacobine, il avait érigé en doctrine l'imitation des

statues et des bas-reliefs antiques, le dédain des sujets de genre, le mépris de la pemture sensuelle ou simplement aimable.

Mais sa pratique valait mieux que sa théorie, comme en témoignent ses admirables portraits (fig.509, 511), le groupe central du tableau des Sabines (flg. 529) et cette grande composition du Sacre de Napoléon à Notre-Dame, ' procèsverbal épique ", le plus beau tableau d'histoire qu'ait encore produit aucune école (flg. 530). En 1815, David, qui avait voté la mort de Louis XVI, fut exile comme régicide ; il mourut en Belgique dix ans plus tard, après avoir peint dans ce pays quelques beaux portraits d'une facture large, qui semblent accuser l'influence tardive de Franz Hais. Les contemporains de David, bien que plus ou moins régentés par lui, conservèrent plus d'indépendance que ceux de Le Brun.

Le moins personnel, Guérin, est aussi le plus oublié. Le fade Gérard ressemble a Canova plus qu'à son maitre et, dans son Amoui

FiG. 52Q. — L. David.

Les Saeises séparant les Romains et les Sabins.

(Musée du Louvre.)

Fiô. oiu. -- L. b.

Sacre de Napoléon a Notre-Da.me (partie CENTRALE'. (MusÉe du Louvre.)

L'ART AU XIX' SIECLE

el Psyché, montre la voie aux peintres doucereux du second Empire (fig. 531). Girodet s'inspira de TOssian de Mac-Pherson, que Napo-

FlG. 53l. F. GÉRARD.

L'Amour et Psyché.

(Musé'' iu Louvre.) fCAichë \curdeiii )

Fig. 532. — G. Priduon-.

Enlèvement de Psyché.

(Musée du Louvre.) ((mclic S'eurdchi.)

léon r '' admirait à l'égal d'Homère ; sa peinture, classique par la forme, maigre et veule d exécution, est déjà romantique par l'esprit

(fig. 533). Gros, l'auteur des Pestiférés ce Jaffa et de Napoléon à Eylau, deux chefs-d'œuvre (fig. 534, 535), annonça le romantisme par son goût pour les sujets modernes et son peu de respect pour la tradition gréco-romaine. David lui en voulait et lui conseillait de feuilleter Plutarque " ; mais, en art comme en littérature, Brutus, Caton et les Gracques avaient fait leur temps.

Le plus original des peintres de l'Empire fut Prudhon. un des plus séduisants parmi les grands maîtres ( I 7 58- 1 82 3) . 1 1 avait étudié Corrège et — 293 ■ —

Fig. .S33.

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