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iG. 554. — J. Meissosier

Li;s Amateurs.

IMiisc'C de Chantilly.)

FiG. 555. — J. CoNSTABLE. Le Cha.mp de blé (Galerie Sationale de Londres. J (Cliché Hanfslaengl. Munich. J

témoins les merveilleux tableaux que l'on voit de lui à Chantilly. Fromentin, consciencieux, un peu timide, a peint un Orient et des Arabes d'une élégance factice, mais avec une palette délicatement nuancée. Son grand titre, d'ailleurs, est d'avoir écrit Les Maîtres d'autrefois, non pas le plus beau, mais le seul chefd'œuvre de critique d'art que la France du .XIX' siècle ait produit.

Les petits peintres du XVlir siècle avaient plus aimé la campagne que la nature ; J.-J. Rousseau et Bernardin de Saint- Pierre, fervents naturistes, n'exercèrent pas d'influence sur l'art de leur temps. La révélation de la nature authentique, avec ses verdures franches et ses transparences d'atmosphère ", fut apportée en France par des Anglais, Bonington et

FiG. 556. — J. Constable.

La Cathédrale de Salisbury.

/Musée de South Kensinffton, à Londres.)

L'ART AU XIX' SIECLE

Constable (fig. 555, 556), qui envoyèrent leurs œuvres aux Salons de la Restauration. Un groupe d'artistes français alla s'installer à Barbizon, dans la forêt de Fontainebleau, regarda en face les arbres, les

rochers, les mares, et pro- , ,

duisit de fidèles et ardents portraits de la terre natale ', tels que l'art français n'en .avait pas encore connu. Les classiques les accusèrent de représenter des sites arides et sans charme, dont les lignes sont pauvres et la végétation desséchée et rabougrie ", parce qu'ils cherchaient leurs modèles en France, non en Italie, et renonçaientau paysage ajuste ".

avec des temples en ruines au premier plan. Du moins, ces hérétiques-la triomphèrent : le paysage italien est bien mort.

Th. Rousseau (1812-1867), Daubigny (1817-1878), Dupre et Diaz furent les maîtres de la nouvelle école, à laquelle on peut joindre

Fig. 557. — C. Corot. Paysage matinal.

(Musce Mil Louvre. I

Fig. 558. — H. Reû.nallt.

Le général Prim.

(^Jltsée du Louvre )

Fig. 559.

•J.-F. Millet. Les Glaneuses.

(Musée du Louvre.)

I l'animalier Troyon. D'autres animaliers de talent, Rosa Bonheur, Brascassat, restèrent plus voisins des maîtres hollandais, notamment de Paul Potter, modèle sec et dangereux a imiter. Une place a part doit être faite au paysagiste Corot (1796-1875), qui, dans sa longue carrière, alla de l'académisme jusqu'aux confins de l'impressionisme. Par son éducation, c'était un cleissique. et il ne cessa jamais de peupler ___ 3o3

Al'OLLO

ses paysages de nymphes et de satyres ; mais cette fidélité tout extérieure à la tradition lui laissa son indépendance de peintre-poète,

FiG. 56o. — A. Decamps.

Une rue de SMiRNic.

(Musée du Louvre.) (Cliché Xeurdchi.)

FiG. 56i. — Th. Chassériau.

Les deux Sœurs.

(Musée dit Louvre.)

(Galette des Heaux-.\rls.)

de lyrique exquis, adorateur fervent de la nature sous ses aspects paisibles, peintre incomparable de la fraîcheur du matin et des brumes argentées du soir (fig. 557).

Si le paysage français a eu ses grands interprètes au XIX« siècle, les robustes paysans de France ont aussi trouvé le leur en Millet.

C'est, SI l'on peut dire, un réaliste idyllique, qui, par sa technique et le choix des sujets, se rattache a Chardin, alors que le sentiment

ému et fraternel ' qu'il met dans ses toiles reflète cette préoccupation des humbles et des pauvres qui a été l'honneur du XIX' siècle et son tourment (fig. 551, 559).

Corot et Millet ont eu de dignes héritiers. 11 n'est pas de Salon

Fig. 562. — G. Courbet. Les Cribleuses de blé. ! (Musée de Nantes.) (Galette des lieaux-Arls.)

— L ART AU XIX' SIECLE

annuel où le paysage ne soit représenté par de belles œuvres : Français et Harpignies, Cazin et Pointelin, pour ne citer que ces quatre artistes, ont leur place marquée d'avance au Louvre. Jules Breton, peintre de paysans et de scènes rustiques comme Millet, mais moins âpre, s'efforça de concilier la poésie et le réalisme, sans sacrifier la beauté et la grâce à la venté.

Vers 1855, la calligraphie froide des académiques et l'épuisement du romantisme produisirent une réaction dans le sens du réalisme et du naturalisme. Courbet (1819-1877) et Manet (1833-1884) en furent les apôtres intempérants. L'un et l'autre, au début, s'étaient cependant moins inspirés

FiG. 563. — P. Baudry.

La Fortune.

(Musée du Luxembourg.)

FiG. 564. — G. MOREAU.

Orphée.

(Musée du Luxembourg.)

FiG. 565. — L. BONNAT.

Portrait d'Ernest Renan.

(Collection iV. Renan. ) (Cl. Bra un. Clément et Cie.)

FiG. 566. — L. BoNNAT.

La Da.me au croissant.

{Collection M. Kann.)

APOl.LO

de la nature que des peintres espagnols, X'elasquez et Goya. Les grands paysages de Courbet manquent d'air et ses figures, solides et

FiG. 567. — Puvis DE Chavannes. Le Bois sacré. (Hémicycle de la Sorbonne, à Paris.)

vigoureuses, sont souvent peintes avec de la suie ; mais la hardiesse de son exécution, contrastant avec le faire léché d'un Delaroche, fut,

FiG. 568. — J. Dagnan-Bouveret.

Les Conscrits.

(Palais Bourbon, à Paris.)

FiG. 569. — G. Moreau.

MÉDÉE ET Jason.

(Musôe du Louvre.) (Galette des Beaux- Arts.)

au milieu du siècle dernier, d'un bon exemple (fig. 562). \J Olympia de Manet était plus révolutionnaire encore que les Baigneuses de

L'ART AU KIX' SIECLE

FiG. 570. L. BONNAT.

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