‹ Apollonius DyscoleChapitre 24 sur 90 · Srnt., 11, 21 : Τὸν ἐμυεθόδως ἀποδειχδέντα λόγον · texte numérisé non relu

Srnt., 11, 21 : Τὸν ἐμυεθόδως ἀποδειχδέντα λόγον

3, Du Pron., p. 16 : Οὐκ οἶμαι δ' ἄκαιρον γενήσεσθαι τὸ χαὶ τὸν λόγον τῆς ἀσυνταξίας παραθέσθαι, CE, Synr., ΠῚ, 9, sur l'accord de l'usage et de la raison.

ὅ, Du Pron., p.83 ; Ἰσχυρότερχ τὰ τῶν πεζολόγων μαρτύρια, CI. de la Conj., p. δ11; Synt., I, 12, 29 ; Du Pron., p. 88 : Οὐ γὰρ εἰ ἅπαξ εἴρηται, χαὶ ταῦτα ὑπὸ χωμιχῇς ἀδείας... τοῦτο χανών ἐστι.

ἐμέο du pronom de la première personne, il s’autorise de la « Théologie de Phérécyde », « del’Astronomieet des autres écrits de Démocrite , » ce qui suppose qu'il en avait sous les yeux des exemplaires assez corrects pour être authentiquement invoqués. I] pense d’ailleurs que l'autorité des grands écrivains, toutes les fois qu’elle s'accorde avec la raison, mérite de faire loi!.

De tels principes de critique sont assurément applicables à la grammaire de toutes les langues, et l’on peut s'étonner que celui qui les exprimait avec tant de précision n'en ait pas fait une application plus générale. Apollonius était digne d’essaver en philologue ce que Platon, dans le Cratyle, ceque les stoiciens, dans de nombreux écrits, avaient essayé en philosophes : il pouvait nous donner une théorie de la parole, fondée sur l'examen comparatif des principaux idiomes en usage dans le monde alors connu. Tout semblait le convier à cette entreprise. Alexandrie, où il vivait, était le foyer d’une érudition active et variée, le fondées de vingt nations diverses ; l'Égypte entière offrait le spectacle de plusieurs τᾶ gues également en usage pour tous les besoins du commerce et de la vie. Le grec et les trois formes de l'écriture nationale s’y montraient quelquefois rapprochés sur les monuments, dans les actes de la chancellerie, dans les contrats entre particuliers. Sous le règne de Claude ou de Néron, un scribe sacré, nommé Chérémon , gardien d’une partie au moins de la bi-

4. Synt., III, 2 : Οὐ γὰρ δή VE θαῤῥήσειέ τις ἀλόγους τὰς τοιαύτας συντάξεις φάναι, τῶν ἐλλογιμωτάτων ἀνδρῶν χρησαμένων χαὶ τοῦ λόγου οὐχ ἐμποδίζοντος,

bliothèque d'Alexandrie, publiait sur les Hiéroglyphes un ouvrage de pure philologie, dont il s'est conservé de précieux fragments". On sait même, par le témoignage d’un papyrus du Musée Britannique, que l'étude de la langue égyptienne était pour les Grecs de ce pays un moyen de gagner leur vie, soit en donnant des lecons, soit en faisant le métier d’interprêtes”. L'esprit de la conquête et de la domination romaine poussait encore à ce rapprochement des langues par les relations politiques et commerciales. Strabon , et après lui Pline’, nous parlent de ces comptoirs de l'Asie, où l'on avait vu naguere plus de cent nations différentes, desservies par de nombreux interprètes, se donner rendez-vous pour l'échange de leurs marchandises. Partout où les idiomes nationaux avaient pu survivre aux misères de la lutte et, après la défaite, aux proscriptions du vainqueur, Rome se résignait volontiers à les respecter désormais et même à s’en servir. Dans les pays grecs surtout, les deux langues vivaient sur le pied d’une sorte d'égalité. Les actes du sénat et du peuple, les rescrits des magistrats, les décisions arbitrales, étaient gravés, en grec et en latin, sur l’airain ou le marbre. La philologie romaine elle-même, peu originale d’ailleurs, ressentait pourtant l'influence de ces relations de plus en plus nombreuses et intimes avec les divers peu-

1. Voy. le mémoire de M. Ch. Lenormant , dans la Revue 4rchéologique, huitième année, pp. 13 et suiv.

2. N.19 de la Collection publiée par Forshall, Londres, 1839. Une femme y félicite celui à qui elle s'adresse d’avoir appris τὰ αἰγύπτια γράμματα, et de pouvoir enseigner de petits enfants.

3. Strabon, Geogr., XI, chap. u, p. 408, éd. Tauchnitz ; Pline, Hist, nat,, VI, 5,

48 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. I, S 1.

ples du monde. Varron en est un exemple, dans ses livres sur la Laugue Latine, où tant de fois l’étude des langues étrangères, du grec en particulier, et de quelques dialectes italiotes, éclaire et assure une critique encore bien novice. Un peu plus tard, au temps d'Auguste, les ouvrages du grammairien Verrius Flaccus offrent le même caractère d’érudition impartiale et variée. Au temps même où vivait Apollonius, l’instructive et capricieuse compilation d’Aulu-Gelle, atteste ce goût des rapprochements historiques dans les études de grammaire. Mais ce n'est pas seulement de Rome que venaient à la Grèce ces honorables exemples et comme ces avances d’une curiosité flatteuse. La passion des recherches philologiques avait gagné jusqu'aux pays barbares. Un roi de Mauritanie, Juba 11, devenu savant helléniste à la cour d’un empereur romain, avait laissé quinze livres d'archéologie où il comparait souvent le vocabulaire latin avec le grec’. Les philologues grecs, il est vrai, onttoujours pris peu de partà ce mouvement d’études comparatives. Un disciple d’Aristophane de Bvzance, nommé Diodore, publie des Gloses ttaliques, qui n’éaient peut-être qu'un recueil des mots particuliers aux colonies helléniques de l'Italie’; Tyrannion le Jeune*, Apion’, le second Didyme, Hérennius Phi-

1. Par exemple, les mots τραπεζοχόμος et structor. V. Plagge, de Juba 11 Mauritania rege (Münster, 1849), p. 58.

Page 1