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Synt., 1, 3, passage traduit plus haut, p

2. De l'Ade,, p. 615, où il cite pour exemple ψευδής, qui n’est pas même un ὄνομα ἐπίχοινον dans la nomenclature des autres grammairiens.

8. Chœroboseus, ap. Bekk. #necd. gr., p. 1184 : Οἱ Αἰολεῖς οὐχ ἔχουσι δυῖκά" ὅθεν οὐδὲ οἱ ἹΡωμαῖοι, ἄποιχοι ὄντες τῶν Αἰολέων, χέχρηνται τῷ δυϊχῷ ἀριθμῷ, Cf. pp. 1180, 1197 et 1200, quelques observations du méme genre.

δά APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. IV. S 1.

maire chez les Grecs. Le livre d’Apollonius περὶ Συνθέσεως devait traiter de la même matière, mais 1] s'étendait sans doute à la formation des mots dans toutes les parties du discours. On peut s'en faire une idée par les premiers chapitres du IV* livre de la Syntaxe; mais nous reviendrons sur ce sujet dans un dernier chapitre, en caractérisant l’érudition et la critique purement grammaticales de notre auteur. Notons seulement ici, en passant, que la considération des espèces et des figures aurait bien pu ne former qu’un seul chapitre dans la théorie du nom, puisqu'elle regarde surtout la forme et la constitution matérielle du mot.

Les cas sont pour Apollonius en même nombre que pour ses prédécesseurs, et il analyse la valeur de quelques-unes de ces désinences avec une délicatesse que nous aurons à signaler plus bas, dans les chapitres sur l’Adverbe et sur la Syntaxe. Nous verrons, à propos du pronom et de l’article, quelle idée 1] se faisait de la déclinaison proprement dite, et comment la série des cas constitue, à ses yeux, un ensemble de formes régulièrement dérivées d’un seul thème. Mais nous regretterons de ne trouver nulle part à quel principe général Apollonius rattachait la propriété qu'ont plusieurs parties du discours de recevoir la désinence casuelle; Varron est aujourd'hui pour nous le seul des anciens qui essaye de l'expliquer *.

Dans cette énumération des propriétés du nom,

1. De Lingua latina, VII, 3 : « Declinatio inducta in sermones uon solum latinos, sed onminium hominum, utili et necessaria de causa : nisi enim ita esset factum, neque discere tantum numerum verborum possemus. » Cf. IX, 34.

on cherche où placer les différences caractéristiques du nom commun, du nom propre, de l'adjectif, ete. Après avoir défini les espèces, les genres, les figures, les nombres et les cas, Denys le Thrace ajoute, par un tour de phrase assez singulier : « Dans les noms se rangent encore les formes suivantes, qu'on appelle aussi des espèces : le propre , l'appellatif, l'adjectif, etc. ; » et Priscien : « Les espèces, communes aux noms propres et aux appellatifs, sont les primiüufs et les dérivés ; » puis il énumère plusieurs classes de noms propres et d’appellatifs, et il s'autorise méme d'Apollonius et d'Hérodien pour rapporter à l'une de ces dernières les mots comme quis, qualis , quantus et autres pareils ‘. Un scholiaste de Denys le Thrace, arrivé à ce passage de son auteur, s'étonne un peu de « ces espèces dans une espèce ; » maïs il ne résout pas la difficulté qu'il soulève *. Il est vraisemblable qu'en cela, comme sur bien d’autres points, Denys et Apollonius ont suivi une tradition déjà con-

1. Denys le Thrace, c. 14, p. 636 des #necdota de Bekker : Ὑποπέπτωχε δὲ τῷ ὀνόματι ταῦτα, ἃ χαὶ αὐτὰ εἴδη, προσαγορεύεται, χύριον, προσηγοριχόν, etc. Priscien, II, 5, p. 70 : « Species sunt communes, tam propriorum quam appellativorum nominum , duæ, primitiva et derivativa » et plus bas, p. 76 : « Ex quo ostenditur melius ea doctissimos Artium scriptores græcos inter nomina posuisse, quamvis vetustiores apud ipsos quoque pronomina vel articulos ea putaverunt, quos grammatici Latinorum similiter sunt secuti. Sed incongruum videtur, quum illi antiquorum nec recusaverunt Græcorum etiam errores lnilari, nos Apollonii et Herodiani, qui omnes antiquorum errores grammaticorum purgaverunt, vestigia linquere, et non inter nomina hæc potins ponere, »

2. Bekker, Anecd. gr., Ὁ. 848 : Ἐνταῦθα ζήτνυμα ἀναφύεται εἰ δυνατὸν εἴδη εἰδῶν εἶναι, χαὶ διὰ τί τῶν μὲν πρωτοτύπων τὰ εἴδη ἀπεσιώπησε, τῶν δὲ παραγώγων ἐχτίθεται.

sacrée dans l’École. Nous verrons plus loin Apollonius reconnaître assez nettement la nature du pronom relatif ou conjonctif, et cependant lui conserver la dénomination d'article, qui lui convient très-mal. Cette fidélité aux vieux usages n’est pas sans quelque excuse; les grammairiens de tous les temps ont 5] souvent abusé du néologisme et inventé des mots nouveaux pour des idées ou fausses ou sans valeur, que l’on peut savoir gré à ceux qui se tiennent en garde contre la manie d’innover. Mais, dans certains

s, Apollonius avait bien le droit de changer, avec discrétion et justesse, de mauvaises dénominations protégées à tort par la routine.

Quoi qu'il en soit de cette question secondaire , 1] nous importe de restituer et d'examiner, autant qu'il se peut, d'après les textes mêmes de notre grammairien, une partie de sa doctrine qui se rattache si ἐμ μιρανοίν à la théorie générale du nom. .

On a déjà vu la différence du nom propre et du nom commun. Le premier est, selon Apollonius, celui qui se rapproche le plus de la nature du pronom; le second, au contraire, a des caractères si particuliers que les stoïciens et Denys le Thrace ἡ en faisaient une partie du discours tout à fait distincte. Apollonius n’alla point jusqu’à cette extrémité, et il maintint l'adjectif même, ὄνομα ἐπίθετον ou ἐπιθετιχόν,

4. Voy. Diogène Laërce, VII, 58 et 192 ; Schol. ad Dion. Thr., p. 842, pour ce qui concerne les stoïciens. ἐς κεν ἃ Denys, le scholiaste, p. 672 : Θέλουσιν οὖν τινὲς μὴ. εἶναι γνήσιον τοὺ Θραχὸς τὸ παρὸν σύγγραμμα, ἐπιχειροῦντες οὕτως, ὅτι οἵ τεχνιχοὶ (on pense qu’il désigne ici Apollonius et Hérodien), μέμνηνται Διονυσίου τοῦ Θραχὸς καὶ λέγουσιν ὅτι διεχώριζε τὴν προσηγορίαν ἀπὸ τοῦ ὀνόματος χαὶ συνῆπτε τὸ ἄρθρον χαὶ τὴν ἀντωνυμίαν.

dans la classe des noms, tout en remarquant avec raison que le nom propre ou appellatif désignait le | sujet, τὸ ὑποχείμενον, tandis que l'adjectif n'en désiguait que la qualité accidentelle *. Il est, en effet, bien diflicile, quoique l'usage ait consacré aujourd'hui cette distinction dans nos livres de grammaire, de considérer séparément l'un de l’autre le substantifet l'adjectif. L'un exprime l'idée des êtres par les qualités qui, pour nous, constituent leur nature ; l’autre exprime séparément l'idée de chacune de ces qualités. Le nom qu'on appelle nom commun prend tour à tour, dans le langage, le rôle d'adjectif et celui de substantif, et il forme ainsi comme une transition de la premiére catégorie à la seconde. Apollonius signale ce double emploi des mots comme γραμματικός, φιλόσοφος. Il remarque aussi que les participes, quoique désignant d’abord une action, un état du sujet conçu, peuvent aussi devenir substantifs et par conséquent sujets dans une phrase; par exemple, les mots ἐρωμένη, aimée par où amante de, ἡ εἱμαρμένη d'abord adjectif à côté du féminin μοῖρα, puis substantif quand on l'entend d'une manière absolue *. La même remarque se peut faire, en sens inverse, à propos des adverbes : ceux-ci ne sont souvent que des noms adjectifs ou des substantifs détournés de leur usage primitif; par exemple : πυχνά, χάλλιστα, ἥδιστα, ἰδία, δυμοσία, τόνῳ,, χύχλῳ, Comme

1: Synt., 1, 92, 57, et surtout 40, p. 81. Remarquez qu'il s'agit ici du σι εν logique, non du sujet grammatical ; Apollonius n’a pas de mot propre pour désigner cette dernière idée. Voy. plus bas, chap. vu.

2. Synt., 1, 37, p. 75; I, 8, p. 109 : Καὶ ὅτε μετοχαὶ εἰς ὀνομάτων σύνταξιν παραλαμβάνονται, ὡς τὸ ἐρωμένη, tiuapuévm.

en français : droit, vite, mal, ete.; « car un mot enlevé à ses alliances propres, pour remplir le rôle particulier d’un autre mot, prend, par une conséquence naturelle, le nom de ce dernier ἡ. »

On voit avec quelle justesse s'applique ici un des principes généraux de la méthode d’Apollonius. Nos grammairiens modernes, les français surtout, ne se préoccupent pas assez de ce principe, si bien démontré par l'observation que, dans l’infirmité de la parole humaine, les mots sont fort souvent des instruments à double emploi, et que, par un étrange retour, la mobilité même de l’usage peut contribuer, sous une main habile, au charme de l'expression oratoire et poétique.

À la propriété attributive du nom s'en rattache étroitement une autre, celle de marquer les degrés de lattribut, ce que nous appelons aujourd’hui les degrés de comparaison. Apollonius la signale en plusieurs passages de ses divers traités. Priscien commence son troisième livre par des considérations sur ce même sujet, que je suis tenté d'attribuer aussi à Apollonius ; mais je sens combien il faut être sobre de pareilles conjectures. Du moins est-il évident que les idées principales sur la nature du comparatif sont communes à nos deux grammairiens : l'attribut seul, dans un adjectif ou un adverbe, est susceptible de plus ou de moins; toute comparaison fait concevoir à la fois les deux personnes que l’on compare; les formes comparatives peuvent toujours se résoudre en un positif précédé d'un adverbe

Synt. Ibid. Cf. de l'Adv., p. 554, sur le mot ἀχέων, et passim.

d'intensité". Tels sont les seuls restes authentiques de la théorie d'Apollonius sur les degrés de comparaison. On ne peut guère douter que Priscien ne la suive encore de trés-près dans ce qu'il dit sur les superlatifs et les diminutifs. Quelques observations particulières, qu'on trouve chez les deux auteurs, coincident d’une maniere frappante. De méme qu'Apollonius signale dans le traité du Pronom les formes comiques αὐτότερος, Δαναώτατος; de même Priscien relève dans Plaute Punior pour magis Punus ou Pœnus, et ipsissimus superlatif de ipsus ou ipse ἦ, On en peut dire autant de la définition du nom compréhensif, περιεκτικὸν Où ἐμπεριεχτιχὸν ὄνομα, comme ἵππων-ἵππωνος, écurie”; du nom collectif, ἀθροιστιχόν, que Denys le Thrace appelle περιληπτιχόν *, comme δῆμος, peuple, et autres semblables; du nom possessi{, auquel se rattache le nom patronymique, et qui se résout en deux éléments : le nom du possesseur, au génitif, et l'idée de propriété, en général, ou celle de filiation comme dans Ἑχτορίδης, qui est pour Ἕχτορος υἱός ἢ; des noms éndéfinis, ἀόριστα, parmi lesquels Apollonius range expressément ἄλλος, τοσοῦτος, τοιοῦτος, τηλικοῦτος, elc., et surtout τίς, qu'il déclare

1. Synt., Π, 2 : ᾿Ἐπιτεταμένη ποιότης. Cf. ΠῚ, 23; III, 27 : Δύο πρόσωπα mapsupalve.... χαὶ τὰ συγχριτιχὰ χαὶ τὰ πρός τι ἅπαντα. — 1,28; Il, 12; II, 13 : décomposition du comparatif en un positif et μᾶλλον.

2. Apollonius, du Pron., pp. 80, 81. Priscien, ΠῚ, 1, p. 103.

3, Apollonius, Synt., ΠῚ, 13. Priscien, IV, 2, p.147 : « Esculetum, myrtetum..., quæ sunt continentia vel comprehensiva, id est, περιεχτιχά. »

4. Synt., II, 13; I, 21. Cf. Schol. Dionys, Thr., p. 852 ; Priscien, II, 7 et 8.

ὅν, Synt., 1, 43. Priscien, II, 6, p. 76.

le nom indéfini par excellence, ὄνομα ἀοριστότατον ‘; enfin, des noms énterrogatifs, πευστικά, dont nous avons vu plus haut les caractères si finement analysés par notre grammairien *. Il est impossible qu’'Apollonius ne connaisse pas les nombreuses divisions de la classe des substantifs que nous voyons tenir tant de place dans Priscien et dans les commentateurs de Denys le Thrace. Mais ces divisions ont pour la plupart bien peu d'importance dans la philosophie du langage. Il en est une seule sur laquelle nous regrettons de ne pas savoir l'opinion d’Apollonius, c’est celle des synonymes et de leurs contraires les homonymes. La synonymie des termes est un très-ancien sujet de controverses. Les sophistes en ont disputé, Platon et Aristote après eux. Les pythagoriciens, de leur côté, soutenaient que les mots ayant avec les choses une convenance naturelle et nécessaire, il ne pouvait exister plusieurs mots pour exprimer la même idée : c'était nier l'existence même des synonymes, ou tout au moins leur légitimité dans une langue bien faite, paradoxe qui a, depuis ce temps, trouvé plus d'un défenseur. Les stoïciens, selon leur habitude, mécontents des mots consacrés, proposaient les mots polyonymes au lieu du mot synonymes ὃ. Enfin, l’érudition grecque avait recueilli des matériaux pour

4. Synt., II, 8. Cf. I, 37 à la fin. Du Pron., pp. 32 et suiv. Priscien, cité plus haut, p. 85, n. 1, et de xixvers. Æn., ©. vir, p- 329... « Nec non etiam supradictas dictiones (quot , quotus , etc.) inter articulos ponunt stoïci, quas Apollonius, Herodianus et Dionysius inter nomina rationabiliter posuerunt. »

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