P. 77, 18 et les passages cités dans la note
3. Platon, Protagoras; Aristote, Catég., c. τοῖν; Rhét., III, 2 et 11. Simplicius, sur les Catég. d’Aristote, p. 43, éd. Brandis.
les discussions philosophiques, en composant, sous divers titres, des lexiques de synonymes ‘. Il est difficile de croire qu'Apollonius ait passé négligemment sur une question aussi digne d'intérêt ; mais faute de notion précise sur la manière dont il l'avait traitée, j'ai hâte de quitter sa théorie du nom pour passer à celle du pronom, où nous allons le voir enfin exposer pleinement et directement ses propres
idées.
Le traité sur le Pronom est pour nous un monument unique en son genre. Il nous est parvenu presque intact et il nous offre un exemple complet de la méthode de recherche et d'exposition appliquée par Apollonius à chacune des huit parties du discours. Nous ne pouvons donc mieux faire que d'en donner ici, avec de longs extraits, une analyse aussi exacte qu'il nous sera possible.
1. Séleucus d'Alexandrie : Περὶ τῆς ἐν συνωνύμοις Διαφορᾶς (Suidas); Ammonius : Περὶ ὁμοίων χαὶ διαφόρων Λέξεων, dont une rédaction, probablement incomplète, s’est conservée ; Hérennius Philon : περὶ Διαφορᾶς (1. Διαφόρου 3) σημασίας χατ᾽ ἀλφάδητον (Codex regius, n. 1270). Pas un seul peut-être de ces trois lexiques n’était antérieur à Apollonius. Mais Athénée, VI, p. 267 B, cite, à propos de la différence de δοῦλος et οἰκέτης un traité de Chrysippe περὶ Ὁμονοίας. N'y aurait-il pas quelque erreur dans ce titre? Peut-être faut-il lire περὶ Ομωνυμίας : ce sujet serait plus voisin de celui qu’indique la citation d’Athénée. Speusippe avait écrit un ouvrage analogue intitulé Ὁ μοιότητες. Photius, au mot πηνίον. Cf. Harpocration, à l’article ὑπὸ γῆς οἰχοῦντες. Enlin, M. Boissonade a publié dans les Notices et Extraits des manuseries, vol. XII, 115 partie, p. 133, un recueil de synonymes, qui semble puisé à des sources fort anciennes.
L'auteur commence par une revue de définitions diverses qu'on a données du pronom; il ne les veut pas, dit-il, énumérer toutes, mais seulement les principales; et en effet on ne voit pas qu’il comprenne dans cet examen ni la définition d’Habron, ni celle de Tryphon, dont il cite ailleurs les ouvrages spéciaux sur ce sujet’.
Aristarque a appelé les pronoms λέξεις κατὰ πρόσωπα συζύγους, « des mots conjugués selon les personnes, » ce qui se dirait mieux des verbes que des pronoms. Dionysodore de Trézène propose de les appeler paronomastes où noms dérivés ; mais cela ne pourrait guère se dire que des pronoms possessifs, comme voirepos, dérivé de νῶϊ, car les autres pronoms sont des mots primitifs. Puisque les mots désignent des choses déterminées, il serait plus juste de les nommer σημειώσεις, désignations, comme ἃ fait Tyrannion ; mais ce ne serail pas encore montrer toutes leurs propriétés. On ne nommera pas non plus le pronom ἀντώνυμον, C'est-à-dire « un mot qui se prend pour le nom; » en effet, ἀντώνυμον ne convient qu’à une espèce ; ἀντωνυμία convient mieux au genre. Il est vrai que, à ce compte, ἀντωνυμία ne pourrait plus se prendre pour un pronom en particulier, comme ἐγώ; mais c'est une figure très-familière de langage que celle qui au mot particulier substitue le mot général.
Par un scrupule d'étymologiste, Comanus, grammairien peu connu d’ailleurs et dont le nom semble indiquer une origine étrangère à la Grèce*?,
1. Habron, Synt. 1, 29; Tryphon, du Pron., p. 19, 64, 89, etc. Cf. Syat. II, 23; ΠΙ, 8.