Par exemple , p
4. 1, 43; doctrine renouvelée dans l'Encyclopédie, au mot Relatif, par Beauzée, qui certes n'avait pas lu Apollonius, et qui défend, il est vrai, son opinion par des raisons fort différentes.
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Aprés avoir exposé la syntaxe de l'article proprement dit, l'auteur ajoute : « I faut maintenant parler des articles hvpotactiques , qui différent des protactiques non-seulement par leur forme et par le rang qu'ils ont dans l'ordre des parties du discours, mais encore et complétement par leur syntaxe. Les deux premières différences sont évidentes ; la troisième est plus difficile à saisir, et nous allons l'exposer ici. Les articles protactiques s'unissent avec les noms en un même rapport avec le verbe et le participe. Par exemple : Ἄνθρωπος περιπατεῖ, ἀνθρώπου ἄδοντος ἤχουσα, se peuvent dire sans article, mais peuvent aussi prendre l’article. Cela est impossible pour l'article hypotactique, je veux dire qu’il ne s’accommode pas d'une proposition unique, et qu'il a toujours besoin d'un second verbe, comme dans : Ἦλθε γραμματικός, ὃς διελέξατο, ὃς ἀνέγνω ; et cela même s'il y avait, de la première proposition à la seconde, transition d'une personne à une autre : ᾿Ανθρώπῳ ὡμίλησα, © παρέσχον ξενίαν. Au contraire, si, dans ces tournures, on met le protactique au lieu de lhypotactique, la phrase ne se tiendra plus : Ὁ γραμματιχὸς ἦλθε διελέξατο, τῷ ἀνθρώπῳ ὡμίλησα παρέσχον ξενίαν, à moins qu'on n'emploie une conjonction copulative capable de montrer quil s'agit de la même personne; par exemple , xx ou quelque autre de ses équivalents, comme nous l'avons montré dans la syntaxe des conjonctions ἡ. Ainsi l'on aura : Ὁ γραμματιχὺς ἦλθε mai διελέξατο, où : Τῷ ἀνθρώπῳ ὡμίλησα χαί παρέσχον ξενίαν. Et c'est de quoi l'on peut se rendre compte d'une
1. C'est-à-dire dans un chapitre du IV* livre , qui est aujourd’hui perdu. Voir plus haut, chap. 1, p. 19 et suiv.
112 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. 1V, S 2.
manière naturelle. Comme nous l’avons dit, l’article hypotactique se rapporte à un verbe distinct, en se rattachant par la relation (ἀναφορά) au nom qui précède. Il ne constitue donc pas une simple proposition [mais bien deux], par ce double rapport avec deux verbes, l’un, celui qui se rattache au nom, l’autre, celui qui se rattache à l’article. Or c'est là aussi le rôle de la conjonction, qui, avec un seul nom substantif, forme deux propositions à l’aide de deux verbes. Ainsi : Παρεγένετο ὁ γραμματικὸς ὃς διελέ-ξατο équivaut, pour le sens, ἃ : Ὁ γραμμιατιχὸς παρεγέvero καὶ διελέξατο. Les noms mêmes de ces particules sont voisins par le sens, [comme elles le sont par l'usage]; car les mots rattacher (d’où vient en grec le nom de l’article), et joindre (d’où vient le nom de la conjonction), sont presque des synonymes *.
«Il y ἃ encore une autre construction équivalente à l'usage de l’hypotactique, c’est par l'emploi des pronoms relatifs : ᾿Ανθρώπῳ ὡμίλησα nat αὐτῷ παρέσχον ξενίαν, Ou: Ὁ γραμματικὸς παρεγένετο καὶ οὗτος διελέξατο. Car la relation qui est l'essence de l’article se retrouve aussi dans ces sortes de pronoms, ce qui en fait deux parties du discours très-voisines l’une de l’autre. On sera peut-être tenté de conclure de là qu'elles n’en forment qu'une seule ; mais la conclusion serait inexacte. Bien qu'ils aient la propriété des articles, ces mots ne sont pas pour cela des articles ; car ils diffèrent de l’article par d’autres propriétés.
1. ᾿ἘἘγγιζούσης καὶ τῆς ὀνουασίας τῶν μορίων" τὸ γὰρ συνηρτῆσθαι (de ἀρτάω -ὥ, d’où ἄρθρον) καὶ συνδεδέσθα!: (de συνδέω, d’où σύνδεσμος) οὐ μαχρὰν τῆς συνωνυμίας πέπτωχεν. Observation analogue sur l’étymologie de ἄρθρον, dans la Syntaxe, 1, 19, au commencement du chapitre.
De méme le verbe, qui implique le sens des pronoms personnels au nominatif, n'est pas pour cela identique au pronom; car il s'en distingue par beaucoup d'autres qualités. Tout à l'heure même nous avons dit que la conjonction copulative se met à la place de l'article hypotactique, d'où il ne résulte pas que l'un et l’autre forment une seule et même partie du discours. Mais, d'ailleurs, les pronoms relatifs [tels que celui-ci, celui-là], ne se construisent pas tout à fait comme les articles hypotactiques, puisqu'ils exigent une conjonction. Dans : Γραμματιχὴς παρεγένετο χαὶ οὗτος διελέξατο, chacun voit qu'il n'y ἃ plus de sens si on enleve la conjonction. Ajoutez que οὗτος détermine d'une facon plus significative le personnage en quesl ion ; dans : Γραμματιχὸς παρεγένετο χαὶ οὗτος διελέξατο, ce mot οὗτος met en relief le personnage du grammairien. De son côté, le relatif αὐτός s'entend bien d'un personnage conçu par excellence ; dans : Γραμματιχὸς παρεγένετο χαὶ αὐτὸς διελέξατο, αὐτός, c'est comme si l'on disait : « Le maitre, ou le seigneur, » Si, au contraire, devant l'article hypotactique on insére uue conjonclion , 1l est évident que cet article perd sa propriété connective et ne désigne plus, au lieu de la personne précédemment conçue, qu'une autre personne conçue généralement : ᾿Αυθρώπῳ ὡμίλησα καὶ ᾧ ξενίαν παρέσχον. Avec de telles différences, comment cet article et ce pronom pourraient-ils se ramener à une seule et même partie du discours ? »
Cette analyse, en elle-même, est assurément aussi juste que fine, mais la conclusion en est exagérée. Si l'on range parmi les pronoms des mots comme αὐτός, ἐχεῖνος, etc., parce qu'ils désignent une per-
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sonne déterminée, parce qu'ils se rapportent (ἀναφέρονται}) à cette personne antérieurement connue, l’article hypotactique a le même droit de compter parmi les pronoms, puisqu'il rappelle aussi quelque personne déterminée par une proposition précédente. Apollonius montre très-bien que ὅς implique, en outre, le sens d’une conjonction, d’où l’on peut conclure que ὅς tient le milieu entre le pronom et la conjonction, qu'il est, à la fois, une espèce de conjonction et une espèce de pronom. Mais l’esprit de notre grammairien répugne à ces moyens termes; 1l . aime les décisions tranchantes, et 1] ne s'aperçoit pas qu'après avoir trop rabaissé les caractères essentiels de ces mots ὅς, #, 6, il s'attache à un caractere tout extérieur et presque matériel, à la forme même du mot ἄρθρον, pour les ranger à côté de l’article dont ils sont si distincts. La théorie même d’Apollonius sur l’article proprement dit montrera mieux encore la fausseté ou l'insuffisance de ses conclusions sur ce qu'il s’obstine à nommer l'article hypotactique.
On peut reprocher aussi quelque obscurité, ou, tout au moins, une fausse apparence de rigueur à cette définition du pronom qui en fait consister l’essence dans ]᾿ οὐσία. Apollonius apparemment ne prétend pas que le pronom, à l'exclusion du nom, exprime la substance, ou sa personnalité ; c'est plutôt le nom propre qui a ce caractère. Au reste, les explications mêmes d'Apollonius prouvent que par οὐσία il entend à peu près ce que nous appelons aujourd'hui « le rôle personnel, » le rôle particulier, individuel des êtres dans le drame du langage. Mais il ne suffisait pas de bien comprendre les faits; 1l
fallait encore les résumer par une expression plus exacte et plus claire’,
D'autres erreurs de détail auront été facilement remarquées dans la théorie de notre grammairien sur le pronom. Mais, si nombreuses que soient ces erreurs, en comparant avec le traité περὶ Avrowμίας le chapitre correspondant de nos Grammaires générales, on trouvera, je pense, qu'Apollonius, mieux connu et mieux compris, eût laissé sur ce sujet bien peu à faire à ses successeurs,
$ 3. De l'Article.
Parmi les parties du discours que dégageait peu à peu et que définissait l'analyse philosophique, l’article, τὸ ἄρῆρον, élait assurément un des plus dignes d’observalion, et, en même temps, un des plus difliciles à saisir dans toute la vérité de son caractère comme dans la subtilité de ses divers emplois. L'article est
à peine signalé comme un mot à part dans le vingt
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et unième chapitre de la Poétique d'Aristote, et dans un court passage de la RAétorique à Alexandre ἢ.
1. Dans ses leçons à l'École normale , M. E. Burnouf disait avec une heureuse précision : « Les noms et les pronoms sont déterminatifs; mais le nom détermine les êtres par l'idée de
leur nature, tandis que le pronom les determine par l’idée pré-
cise d’une relation à l’acte de la parole, » C'est, au fond, la doctrine de Beauzée sur ce sujet, à l'article Pronom, dans l'Encyclopédie méthodique.
2, C. 26. Cf. la RActorique authentique, TE, 5. Sur l'autorité de la Rhétorique à Alexandre , je ne puis mieux faire que de renvoyer au mémoire de M. E. Havet, inséré dans le ARecwec/ des savants étrangers à l'Académie des inscriptions et belleslettres, tome LI, 1 série. »
Malgré ces deux témoignages, Denys d'Halicarnasse et, d’après lui, Quintilien font honneur aux Stoiciens d’avoir les premiers séparé l’article de la conjonction pour en faire une partie du discours’. Ce qui semble certain, c’est que les Stoïciens ont, les premiers, essayé de définir l’article d’une manière philosophique, en quoi d’ailleurs ils ont assez mal réussi. Quelques-uns disaient * : « L'article est un élément du discours qui se décline, et qui distingue le genre et le nombre des noms. » C'était constater seulement la forme du mot et son utilité tout accidentelle. De plus habiles rattachaient l’article au pronom, et comme ce dernier a pour caractère évident de définir les personnes, ils appelaient l’article ὁ, ἡ, τό un pronom indéfini, ἀοριστώδὴ ἀντωνυμίαν, ou encore, selon la traduction de Priscien, un pronom articulaire, articulare pronomen, et dans cette classe ils faisaient rentrer tous les mots interrogatifs, relatifs, et autres, tels que τίς, ποῖος, πηλίκος, etc. *. Rattachant toujours l'article au pronom, Denys le Thrace et Apollodore d'Athènes, au témoignage d’Apollonius, appelaient seulement le pronom un article démonstratif, δεικτικόν, réservant sans doute l'appellation générale d'article pour cette partie du discours dont nous cherchons la définition *. Dans le Manuel de grammaire qui nous est
4. Denys, de l’Arrangement des mots, chap. v; Quintilien, Instit. orat., 1, 4, S 18.
2. Abrégé des doctrines stoiciennes , par Dioclès, dans Diogène Laërce, VII, 58.
3. Voir les textes réunis par M. R. Schmidt : Stoicorum grammatica , p. 39 sq.