‹ Apollonius DyscoleChapitre 38 sur 90 · Du Pron., p. 10 et passim · texte numérisé non relu

Du Pron., p. 10 et passim

2, Καθὸ χαὶ ἐν ἄλλοις ἀπεφαινόμεθα, ajoute-t-il, par une allusion évidente à son traité spécial περὶ Ἄρθρων. Voy. plus haut notre chap. 1, p. 17.

3, En francais : « Un de vos esclaves ἃ fait cela. »

l’article, tout en paraissant indéterminé ', se rapporte, par anticipalion, à une certaine personne; ainsi, lorsque nous disons : « Que / meurtrier du tyran soit honoré, » l'article rappelle une certaine personne, mais en vue du temps futur. De méme [le pronom] dans cet exemple [d'Homère, Odyssee, VI, 158].

Ὅς χέ σ᾽ ἐέδνοισι Bises οἴχόνδ᾽ ἀγάγηται,

« Celui-là est sans doute le plus heureux des mortels, qui pourra, te chargeant d'une riche dot, l'emmener dans sa maison. »

Emploi tout différent de cet autre exemple [du méme auteur, Odyssée, IV, 145] :

« [Télémaque, que laissa tout jeune dans son palais] ce héros, lorsque pour moi malheureuse , etc. »

lci, en eflet, la personne se détermine dans le passé; là, c'est dans l'avenir.

« Je n'ignore pas d'ailleurs que cette phrase : « Que le meurtrier du tyran soit honoré, » peut se rapporter à l'auteur d'un acte accompli, si nous supposons, par exemple, que le meurtrier d'un tyran soit resté sans récompense, et que, dans ce cas, quelqu'un dise : « Que le meurtrier du tyran soit honoré ; » ce qui sera plus clair encore si l'on emploie l'indicatif, et surtout si l'on emploie le parfait : « Le meurtrier du tyran a été honoré. »

1. C’est précisément cette apparence d’'indétermination qui faisait que les Stoïciens définissaient l’article « un pronom indeterminé. » Voyez, du Pron., p. ὁ, et surtout, Syntare , 1, %4 et suiv., où l’auteur analyse, au point de vue des Stoiciens, des exemples analogues.

On peut désirer dans ces définitions plus de clarté encore; on n'y peut guère désirer, au fond, plus de justesse. L'article a donc pour propriété essentielle de se placer devant les mots dont le sens est bien déterminé dans l'esprit de celui qui parle, soit que la notion de ces mots se détermine pour le temps présent, pour le passé ou pour l'avenir.

Au reste, la vérité d’une théorie grammaticale ne saurait être mieux éprouvée que par de nombreux exemples, et, malgré la perte des traités d’Apollonius sur le nom et sur l’article, l'épreuve de sa théorie se fait abondamment par les exemples que renferme le premier livre de la Syntaxe.

Ainsi, au chapitre dixième, l’auteur explique tresbien comment l'article se place devant tout génitif décomposé, comme dans les locutions : Τῶν ἀνθρώπων οἱ μέν εἰσιν Ἕλληνες, οἱ δὲ βάρδαροι, et même devant les génitifs singuliers des noms collectifs, comme χρυσοῦ, ἀργύρου, qui, à titre de collectifs, équivalent à un pluriel et sont par conséquent susceptibles de division : c’est que le fout est, dans ces locutions, présent à l'esprit en même temps que les parties en lesquelles 1] se décompose‘.

Ainsi, aux chapitres xxx et xxxix, il justifie un remarquable idiotisme de la syntaxe grecque, la répétition de l’article en rapport avec un seul et même nom. Sa discussion sur ce sujet mérite d’être ici analysée, car elle montre, en même temps qu’une rare finesse d'observation, je ne sais quelle inexpérience d’analyse et surtout une sorte de maladresse à désigner par des mots simples et justes certains faits gramma-

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